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 Deal à la frontière // Kâchinâ Kaï
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Message Sujet: Deal à la frontière // Kâchinâ Kaï Deal à la frontière // Kâchinâ Kaï EmptyJeu 10 Nov 2016 - 23:45

Deal à la frontière
Kâchinâ & Freya
I'd rather be a sparrow than a snail, I'd rather be a hammer than a nail. Yes, I would, If I only could, I surely would  ▬ El Condor Pasa Simon & Garfunkel


Ses doigts pianotaient sans interruption le haut de ses cuisses, rythmant ses allers et venus. Le contact froid de son poignard courbé calmait à peine ses nerfs et Freya entama son mille et unième tour du campement Unami. Ce n'était pas qu'elle avait peur, en tout cas pas pour elle-même. C'était de la pure angoisse, doublée d'un mauvais pressentiment. Elle avait beau savoir qu'ils n'avaient pas le choix, la journée s'annonçait tendue.

Un signe, un mouvement dans le tipi qui lui faisait face et la guerrière s'immobilisa, guettant la silhouette qui s'en découpait. Dire qu'elle avait du respect ou de la fierté pour sa chef était bien en deçà de la réalité. Kâchinâ était son modèle sur terre. Sa force de conviction et les choix qui l'avaient mené jusqu'ici avait forcé sans mal l'admiration de la jeune guerrière. Non issue de la tribu, femme de sur-quoi, l'adoptée Unami était montée jusqu'au plus haut rang de la tribu indienne et menait d'une main de maitre les Unami.

Ce n'était pas des Piccaninny que Freya en aurait dit autant. Elle avait toujours trouvé leur chef mou et bien trop enclin à oublier, à pardonner. Son attitude n'inspirait que du mépris et de l'arrogance de la part de la jeune guerrière. Kâchinâ avait beau l'avoir sermonné à de nombreuses reprises à ce sujet et lui avoir fait valoir l'importance de l'unité entre les indiens de Neverland, le manque de maturité sur ce point peut-être avait toujours cantonné Freya à ses farouches opinions.

Aujourd'hui cependant elle comprenait enfin l'une des leçons de tolérance de Kaâ et l'importance d'être magnanime. La nuit éternelle avait fait beaucoup de dégâts. Certains visibles rapidement, d’autres aux conséquences tardives mais désastreuses. La tribu Unami n’était pas réputée pour ses grands talents paysans. Les quelques hectares de blé et de maraichage suffisaient d’ordinaire à satisfaire les besoins des indiens chasseurs. Or cet été, la moisson avait été si maigre que l’hiver s’annonçait rude, bien trop rude pour pouvoir le passer sans provision. Les discussions avaient été houleuses et bien que Freya n’y avait assisté qu’en temps que spectatrice, elle-même avait paru bien circonspecte à l’issue des réunions et de l’avis tranché de leur chef. Pour compléter leurs victuailles, des pourparlers avaient été engagés avec des grands marchands de la ville de Blindman’s Bluff. La rencontre devait se tenir aux abords de la ville et non en territoire Unami.

Sa méconnaissance du terrain et de celle de leurs interlocuteurs n’était pas pour rassurer Freya mais elle n’émit aucun commentaire à l’arrivée de Kâchinâ. Elle se contenta de la saluer et de se placer à ses côtés, l’accompagnant jusqu’à leurs montures. En effet depuis quelques temps, la guerrière Unami tenait place et lieu de garde du corps de la chef en toute occasion et prenait son rôle à cœur. Passant une main calme sur l’encolure de son cheval, Freya en attrapa fermement les rênes et se hissa sur la selle, suivi par les six guerriers les accompagnant. D’un sifflement bref, elle signala aux hommes la formation choisie : deux éclaireurs en avant, les quatre autres sur leurs flancs.

▬ Nous sommes prêts pour le départ chef !




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Message Sujet: Re: Deal à la frontière // Kâchinâ Kaï Deal à la frontière // Kâchinâ Kaï EmptyMar 29 Nov 2016 - 16:00

-Hell is at your gates-
Kâchinâ Kaï & Freya Alcheringa

Le soleil avait réapparu. Enfin. Après toutes ces lunes constantes, le matin et l'après-midi ne faisant plus qu'un avec le soir, l'astre chaud était de retour. Cette obscurité avait de quoi baisser le moral des troupes. Le plus inquiétant avait surtout été les animaux et autres créatures sauvages peuplant les bois et forêts aux alentours des camps indiens. Ils étaient devenus un réel risque pour les peaux-rouges. Kâchinâ avait alors conseillé à son peuple; particulièrement aux enfants, de ne pas s'éloigner des feux de camps. La chef avait même fait installer des torches pour délimiter le camp Unami et effrayer certaines bêtes trop curieuse ou enragées. Heureusement toutes les mesures prisent lors de cette période plutôt inattendue et inhabituelle avaient porté leurs fruits. Peu avant le retour du soleil la guerrière avait l'esprit occupé par un autre problème : même si le soleil finissait par revenir les indiens avaient été obligés de puiser dans leurs provisions d'hiver pour pouvoir subsister pendant la nuit perpétuelle. Sans soleil les plantations se mourraient et les récoltes étaient trop maigres pour pouvoir en profiter tous les jours en sustentant tous les Unamis. Kâchinâ songeait donc déjà à une solution pour renforcer les provisions hivernales malheureusement bien amputées; solution qui ne l'enchantait guère : elle allait devoir accepter le marché des commerçants de la ville.

Aponie avait cependant bien accompli sa mission et ramené le soleil avec elle. À quel prix seulement ... Kââ ne pouvait s'empêcher de se sentir coupable pour cet enfant qui avait fait un énorme sacrifice afin de sauver toute l'île. Au final sortir du camp pour aller marchander aiderait peut-être la chef à songer à autre chose pendant un moment, ce n'était pas une mauvaise chose. Elle convia ainsi Freya, sa plus fidèle guerrière, ainsi que six autres indiens pour l'accompagner hors de leurs terres. Ils ne seraient pas de trop. Freya était son bras droit en quelque sorte. Elle ne la conseillait pas sur la gestion du camp non mais elle était ce qui se rapprochait le plus d'un homme de main, d'un garde du corps. Même si Kâchinâ est elle-même une guerrière redoutable, elle laisserait sans une once de doute sa vie entre les mains de sa seconde. Toutes les deux partageaient la même férocité et étaient reconnues pour leurs incroyables aptitudes aux combat malgré qu'elles soient des femmes. Kââ ne l'a jamais dit mais elle aimerait beaucoup que Feya prenne sa suite à la tête des Unamis le moment venu. Même si elle savait que ce serait difficile; les mentalités actuelles ayant déjà beaucoup de mal à accepter Kâchinâ en tant que chef, ne la trouvant pas légitime. Alors c'est tout naturellement qu'elle convia la jeune Unamie à cette entrevue. S'étant levée tôt ce matin-là la Chef s'affaira à éteindre les torches aux premiers rayons du soleil puis alla préparer sa monture. Une fois cela fait elle retourna dans son tipi et y prépara ses affaires. Le temps passa incroyablement vite et le moment de partir arriva bientôt. Toujours équipée de sa lance à la main la Chef sortit de son entre pour retrouver les autres. Elle salua sa garde rapprochée d'un signe de tête puis lança un regard aux autres un peu plus loin. Tous le monde était prêt à partir. Kââ monta sur son cheval et Freya donna le coup d’envoi. Les indiens quittèrent donc leur camp. Ce qui déplaisait beaucoup à Kâchinâ. Sur leurs terres ils auraient eu la certitude que tout se déroulerait parfaitement. Et surtout si jamais cela n'était pas le cas ils avaient l'avantage de connaître le terrain. Les marchands semblaient y avoir bien songé avant d'accepter et d'exiger que la traction se déroule à l'extérieur des terres indiennes. Ce qui ne pouvait que laisser transparaître un manque cruel de confiance dans cette entrevue. Le doute et la méfiance étaient donc présent dans les deux partis, une tension certaine était palpable chez les indiens. Rares étaient les fois où la Chef Unamie accordait ce genre d'entrevue. Montée sur son cheval, la formation des peaux-rouge en place autour d'elle, tenant d'une main ses rênes et de l'autre sa lance Kââ n'eut qu'un mouvement de tête à faire pour indiquer le départ. Puis elle donna un coup de talon à sa monture pour se mettre enfin en route. On aurait pu croire qu'ils partaient au combat en les voyant ainsi mais il n'en était rien. Pour une bataille la Chef aurait été en tête de ligne de toutes façons ainsi qu'habillée de ses peintures de guerre. Hors aujourd'hui elle n'arborait que son habituel contour au charbon de ses yeux verts. Les huit indiens quittèrent alors leur camp bien aimé. Kâchinâ espérait que rien n'arrive en son absence. Ils n'allaient pas s’éterniser là-bas et elle ferait tout pour que cela prenne le moins de temps possible. D'un naturel très fier et orgueilleux la jeune femme avait horreur de quérir de l'aide ou de devoir compter sur autrui alors elle ferait en sorte de ne pas perdre la face et de ne pas décevoir son peuple qui avait grand besoin de ces provisions. Il lui fallait être magnanime; elle essayerait du moins et rien que d'y penser cela lui cassait déjà les pieds. Les cavaliers traversèrent bois et forêts avant d'approcher de la civilisation rendue visible grâce aux volutes de fumées s'échappant dans le ciel parmi le brouillard de la rosée du matin au bout du chemin. Il était hors de question qu'ils pénètrent le village le plus proche, cela risquerait d'être mal interprété par les habitants ... Alors ils s'étaient mis d'accord pour se retrouver dans une auberge excentrée bien avant l'entrée de la bourgade. Une petite auberge en bois délivrant gîte et couverts. Kâchinâ avait un mauvais pressentiment qui ne voulait pas la quitter, de plus en plus fort à mesure qu'ils approchaient du point de rendez-vous mais elle se garda bien de montrer son inquiétude; restant stoïque comme à son habitude. Arrivée devant l'auberge la Chef descendit de son cheval et laissa l'animal brouter aux alentours. Elle attendit que les siens fassent de même avant de faire un geste de la main à sa garde entière pour leur indiquer d'entrer. Malgré les risques possibles l'indienne s'imposa pour entrer en première dans la bâtisse : elle voulait vite en finir. L'aubergiste et sa femme ne furent pas surpris de voir un groupe de peaux-rouges débarqués sous leur toit; ils avaient été visiblement prévenus. L' aubergiste, qui affichait un visage inquiet indiqua à la Chef Unamie et ses compagnons une table où se trouvait une bande d'hommes visiblement en pleine discussion. Absorbés par celle-ci ils ne semblaient pas avoir remarqué l'entrée des visiteurs indiens. Certaines voix s'élevaient même. Ils semblaient en parfait désaccord, ce qui ne fit que renforcer la méfiance de l'indienne. Mais tous se retournèrent et se turent lorsque l' aubergiste se racla la gorge comme pour attirer leur attention. Dans un silence complet et devant les marchands prit par surprise Kâchinâ avança à leur rencontre le regard mauvais, suspicieuse comme jamais.

La guerrière vint s'asseoir en face de ces messieurs, bâton à la main pointe vers le ciel puis leur adressa un simple signe de tête en guise de salutation polie. L'auberge était pour l'instant déserte; les clients devaient encore dormir ou alors cet établissement n'était pas très réputé dans la région ... Peu importait en tout cas, les négociations pouvaient enfin commencer et vite. Taciturne et silencieuse depuis son réveil aux aurores, Kâchinâ prit étonnement la parole en première. « Maïs et blé ? » Dit-elle d'un ton monocorde de sa voix grave. Ils ne lui en voudraient pas de vouloir régler cette affaire au plus vite, c'était pour cela qu'elle avait lancé les hostilités sans plus de cérémonies. Elle fit ensuite signe à l'un de ses guerrières d'apporter la marchandise. Les indiens n'utilisant pas l'argent ils allaient devoir troqués. Ce fait était connu, les marchands ne s'attendaient donc pas à autre chose. Le guerrier Unami revint alors avec un sac de toile rempli de fourrures animales déjà traitées. La nuit perpétuelle avait du être rude pour certains villages de montagne apparemment. Ces fourrures leurs seront très utiles pour l'hiver rigoureux à venir. La marchandise déposée devant leurs yeux sur la table l'homme qui semblait être à la tête de ce groupe de commerçants s'emballa immédiatement et tendit les mains pour toucher aux parures de poils. Kââ frappa le bout de sa lance au sol et le fusilla du regard, le défendant de continuer son geste. Elle lui aurais volontiers coupé les mains pour cet acte irrespectueux. « Assurons-nous d'abord que vous avez bien respecté notre accord. » Montrant sans aucune honte la méfiance qu'elle éprouvait à leur égard, elle attendait de voir si cette troupe était digne de confiance avant de pouvoir leur livrer leur dû. Ils échangèrent quelques regards entre eux avant qu'un homme se décide à bouger et ramener les céréales qui manquaient tant chez les Unamis. Un silence pesant s'installa durant cette attente. Le chef marchand ne détachait pas ses yeux des fourrures et la chef Unamie ne le quittait pas des yeux lui.

HRP:
 


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Message Sujet: Re: Deal à la frontière // Kâchinâ Kaï Deal à la frontière // Kâchinâ Kaï EmptySam 10 Déc 2016 - 17:16

Deal à la frontière
Kâchinâ & Freya
I'd rather be a sparrow than a snail, I'd rather be a hammer than a nail. Yes, I would, If I only could, I surely would  ▬ El Condor Pasa Simon & Garfunkel


La forêt  s’éclaircissait à mesure qu’ils progressaient, la nature laissait place à l’homme, seul, dans tout son égoïsme. Les habitations des apatrides s’amoncelaient, se grimpaient l’une sur l’autre dans un dédale de rues hideuses. Les arbres, les plantes, y était parqués comme de vulgaires poulets, entre deux clôtures. Le cheval de l’indienne piaffa, laissant transparaitre mieux que sa cavalière son dégoût pour ces constructions sans charme qui faisait courber l’échine à la nature plutôt que de vivre parmi elle.
Heureusement, Kâchinâ avait refusé catégoriquement d’entrer dans leur cité. Pour des raisons politiques et d’apparente non animosité mais Freya lui en était plus que reconnaissance. Entrer dans ce monde de pierre et d’odeurs acres lui donnaient la nausée plus que n’importe quel derrière de phacochère !

Kâchinâ avait ordonné que la rencontre ait lieu dans une auberge bien en amont du village. La bâtisse d’apparence correcte fut passée au crible fin par Freya. Ses yeux en inspectèrent les moindres sorties, de la colline surplombant la forêt, idéale pour battre en retraite, à l’aspect de certaines planches pourries du mur nord au cas où il aurait fallu se frayer un chemin soi-même. C’était son rôle, son devoir auprès de leur chef que de la sortir vivante de ce guêpier si les choses venaient à tourner mal. Car la seule chose sur laquelle ils s’accordaient tous, c’est que cette rencontre ne serait ni joyeuse, ni amicale. Si les Piccaninny étaient mieux reçus, les Unamis avaient gagné leur réputation à coup de haches et de têtes tranchées. La population de l’île se méfiait de ces indiens revêches sans demi mesure.

La petite troupe s’arrêta près de l’auberge et Freya glissa de son cheval, lui filant une petite tape sur l’encolure. Les Unamis étaient également de bons dresseurs de chevaux, ils n’avaient pas besoin de les attacher pour que ces derniers comprennent qu’il fallait rester dans le coin. En cas de retraite, ils n’auraient pas à perdre du temps à les détacher, ils grimperaient directement, le cheval déjà au trot. C’était l’une des premières choses que les jeunes apprenaient au campement, et chaque année, une course était organisée en l’honneur du meilleur cavalier. La compétition, le surpassement de soi, voilà comment les Unamis vivaient depuis des siècles, c’est ce qui rendait leur race forte et puissante, à contrario de ces habitants qui s’engraissaient dans ce type d’endroit. L’odeur du graillon était partout et alors qu’ils s’engageaient, Freya laissa en poste l’un de leur compagnon. Au moindre mouvement suspect, il les avertirait.

Avec déférence, Freya suivit sa chef, fière qu’elle impose son entrée face aux visages pâles. Les regards se tournèrent dans leur direction, inquiets. La guerrière se posta à la droite de Kachinâ, debout, inspectant de son regard cerné de noir les commerçants face à eux. Lentement, elle détacha sa main de sa garde, les croisant dans son dos pour paraître moins hostile. Ils étaient neuf, neuf hommes à l’allure patibulaire. Si certains étaient nerveux, d’autres les regardaient avec une franche animosité. Leur part du marché déposé sur la table sembla ramener la cupidité qui les caractérisait et ils s’agitèrent, tels des mouches autour d’une carcasse.

La différence claire de comportement entre les deux groupes tranchait, donnant un tableau presque comique. D’un côté les Unamis, debout, immobiles, silencieux, entourant leur chef assise, et de l’autre une tripotée d’hommes remuant, parlant à voix basse. Un sifflement perçant, mais seulement audible pour ses habitués tiqua l’oreille de la guerrière. Leur guetteur à l’extérieur les prévenait que l’homme sorti revenait. Deux minutes plus tard et l’homme entra avec deux gamins, portant chacun un sac de grains qu’ils posèrent sur la table.

▬ C’est un échantillon. Le reste attend à l’extérieur. Il y a au total 10 sacs de maïs et de blé. Semblant satisfait de lui, le chef des commerçants croisa les bras sur son torse, louchant plus que jamais sur la totalité des peaux de bêtes qu’avaient ramené les indiens et qu’il lui avait été impossible de toucher jusque là. Quelque chose dans son regard fit cependant plisser les yeux de la guerrière. Il n’était pas dans les habitudes des indiens de ne montrer « qu’un échantillon » de leur production. Ils n’avaient en aucun cas la fibre pour le deal et le marchandage à la manière des habitants de Blindman’s Bluff. Freya se pencha à l’oreille de sa chef pour lui murmurer son appréhension.

▬ Je peux moi même aller vérifier le reste de la marchandise, pour être sûr.  De plus, la guerrière se disait que dix sacs semblaient faire bien peu au regard de la qualité des peaux qu’ils leur échangeaient et que, comptant les besoins de l’hiver et le semi du printemps, ils auraient besoin de plus.

Spoiler:
 



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Message Sujet: Re: Deal à la frontière // Kâchinâ Kaï Deal à la frontière // Kâchinâ Kaï EmptyVen 16 Déc 2016 - 20:39

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Kâchinâ Kaï & Freya Alcheringa

Les dés étaient donc jetés. Il n'y avait pas de hasard dans cette entrevue. Kâchinâ Kaï, chef des Unamis avait fait tout ce qui était en son pouvoir pour avoir le contrôle et la main mise sur le plus de point possible : le lieux, le jour, le moment de la journée, jusqu'à la matière même de l'échange. Tout cela ne devait sembler être qu'un pur caprice aux yeux de ces marchands grossiers qui n'avaient, dans un premier temps, qu'haussé la voix fasse à la femme indienne mais avaient fini par acquiescer à ces demandes sommes toutes raisonnables. Les différences entre les deux tribus peaux-rouges étaient connues de tous, même des paysans les plus lointains. La réputation des Unamis, leurs méthodes ainsi que leur habileté farouche au combat n'étaient plus à présenter. Il avait donc été plutôt simple de paraître convaincante et surtout menaçante. Ainsi le groupe d'indiens n'avait qu'à bouger un doigt pour se faire comprendre et craindre. Ce que fit Kââ en faisant claquer sa lance au sol pour montrer sa désapprobation suite au geste déplacé du commerçant à la tête de la troupe.

La chef était contente d'être aussi bien entourée des siens. Elle savait que Freya s'occupait de tout le reste ce qui lui permettait de se concentrer sur son rôle exceptionnel et ponctuel de négociatrice marchande dans lequel elle n’excellait pas spécialement -il fallait le souligner. Un seul faux pas suffisait pour que tout tombe à l'eau avec Kâchinâ. La patience était bien l'une des rares vertus que possédait l'indienne; la tolérance ne faisant pas partie de cette liste. L'absence de réelle monnaie dans leur culture ne faisait cependant pas des indiens des gens dénués du sens des valeurs. Bien au contraire même : évoluer main dans la main avec la nature leur permettait de relativiser posément chacun de ses précieux cadeaux. Les hommes de la ville, cupides, orgueilleux et égoïstes ne s'attachaient qu'à leur constructions froides, tristes et pillaient sans vergogne terres, forêts et même voisins en en demandant toujours plus. Cela dégouttait fortement Kââ et lui faisait avoir pitié d'eux. Pas assez cependant pour qu'ils puissent se permettre n'importe quoi non plus ! Du point de vue de la Chef cela faisait d'eux des êtres primitifs. Alors qu'aux yeux des apatrides et certains natifs c'était bien les peaux-rouges les vrais sauvages. Les points de vue divergents des deux peuples leur avait souvent valu querelles par le passé. Et cela n'était pas près de s'arrêter de si tôt. Alors que la guerrière avait cherché à poser à son tour un œil sur la marchandise qu'on lui avait promise, le sifflement de son éclaireur resté dehors parvint à ses oreilles. Au moins ils avaient quelque chose à montrer. Peut-être avait-elle été trop sévère ... Cela n'avait jamais tué personne dans tout les cas. Kââ était de toutes façons trop exigeante pour leur laisser le bénéfice du doute et ne se fiait qu'à son instinct : même si tout se passe dans les règles pour cette fois ce n'est pas dit que les Unamis refassent appel à leur service par la suite. Tout dépendait du jugement de la chef. Pour l'instant c'était plutôt mal parti ... Deux enfants entrèrent alors dans l'auberge portant un sac chacun et accompagné de l'homme qui avait été choisi pour les ramener. En voyant la taille de ces deux échantillons la guerrière retint un mouvement de recul, cela était clairement une insulte. Elle attendit cependant l'explication du marchand bedonnant avant de s'indigner pour de bon.

La guerrière serra la dents en entendant que seulement dix sacs les attendaient à l'extérieur. Freya intervint alors suite à ce commentaire, se proposant d'aller vérifier elle-même la marchandise. Kââ acquiesça doucement aux paroles de sa seconde sans lâcher des yeux les hommes qui lui faisaient face. Elles seraient ainsi fixées. Soit ils se quittaient en -relativement- bon terme, soit la colère qui allait s'abattre sur eux les dissuaderait à jamais de passer de futurs marchés avec des indiens. « Si vous laissez mon peuple mourir de faim je n'aurais aucun mal à vous laisser mourir de froid. Dix sacs semblent trop peu pour ce que je vous offre ici. » Ajouta alors froidement et sans sourciller la Chef avant de laisser Freya sortir accomplir sa tâche. Elle de son côté allait essayer de leur soutirer plus de graines que ça. L'issue de cet échange allait être déterminée par ce que la guerrière allaient rapporter comme compte-rendu à la chef de sa tribu. 

Alors que les peaux-rouges étaient d'un silence inquiétant et d'une tenue exemplaire, les commerçants eux étaient grossiers, chuchotaient des messes basses entre eux et certains buvaient déjà maladroitement. Dégoûtants. pensa Kââ en toisant ces hommes. Elle n'aimait pas avoir affaire à eux. Voilà pourquoi il était d'autant plus important que les Unamis retombent vite sur leurs pieds avec les prochaines semences et quittent cette auberge. Alors que son fidèle bras droit s’afférait sûrement à vérifier la marchandise à l’extérieur, l'ambiance à l'intérieur était toujours aussi tendue. Kââ essayait de négocier des sacs de plus en menaçant de retirer une partie de leurs peaux de bête de l'équation. Personne ne criait, les échanges étaient froids mais pas violents pour autant. Du moins du côté Unami ... Kâchinâ se contenant autant qu'elle le pouvait. Jusqu'à ce qu'une remarque parvienne à ses oreilles : « Pas étonnant qu'ils crèvent de faim si ce sont les femmes qui s'occupent des plantations. Les récoltes doivent être bien maigres. » Suivi d'un rire sarcastique rauque. Ce fut la goutte d'eau pour Kâchinâ qui bouillonnait depuis un bon moment déjà. Elle ne les supportait plus. C'était fini. Sa main glissa immédiatement à sa ceinture tout en repérant de ses yeux verts le crétin fini qui avait osé insulter son peuple. Le manche du couteau bien en main et sa cible en vue la guerrière s'élança sur la table qui les séparait qu'elle traversa sur les genoux. Posée en face de la bande de vulgaires commerçants, les bras tendus la guerrière avait réussi à attraper par les cheveux la tête du marchand responsable de cet excès de colère. Et elle était prête à le faire payer pour ses paroles infâmes. Les gardes unamis dégainèrent aussitôt leurs armes, prêts à défendre leur chef. Cette dernière regarda dans les yeux l'homme qui empestait l'alcool avant de lui attraper la langue et de la lui trancher d'un geste sec et vif. Il s'évanouit sous le coup de la douleur, Kââ le laissa choir. Les comparses de la victimes étaient sous le choc et complètement indignés, il reculèrent de peur. Certains avait reçu des gouttes de sang. Cela c'était passé très vite, l'action n'avait pris qu'une minute a exécuter mais qu'est-ce que ça avait été libérateur pour l'indienne ! Prendre les Unamis pour des crétins passe encore, lorsque ce n'est pas crier à haute voix sur tout les toits, Kââ comprenait parfaitement que les affaires étaient les affaires et que ce n'était pas toujours évident de trouver un arrangement. Mais se moquer aussi ouvertement des siens et d'elle qui était la Chef, qui s'était battue pour en arriver là ; c'était quelque chose que la jeune femme ne pouvait tolérer, même avec toute la compassion du monde, cela la rendait folle. Des vies étaient en jeux, cette rencontre était importante et ils ne semblaient pas prendre cela autant au sérieux que les peaux-rouges qui leur faisait face, c'était navrant.

Les enfants présents qui avaient apporté les sacs de graines partirent en courant et en hurlant devant ce geste violent. La femme de l'aubergiste derrière le comptoir laissa tomber une pinte en verre qui se brisa dans un fracas en mille morceaux sur le sol. Les hommes se levèrent de leur chaises de bois, lâchant chopine et autres activités de côté pour s'éloigner des indiens. Seul l'homme qu'avait attaqué Kâchinâ méritait son sort, elle n'avait pas l'intention de blesser ou tuer les autres pour l'instant, il n'y avait encore aucune raison à cela. Elle nettoya alors la lame de son couteau sur sa manche et le rangea avant de descendre de la table et de récupérer sa lance dans le plus grand des calmes; tout en défiant du regard quiconque serait assez fou pour répliquer.


Dernière édition par Kâchinâ Kaï le Dim 15 Jan 2017 - 19:40, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Deal à la frontière // Kâchinâ Kaï Deal à la frontière // Kâchinâ Kaï EmptyVen 23 Déc 2016 - 13:42

Deal à la frontière
Kâchinâ & Freya
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Ils avaient préparé cette rencontre comme un plan de bataille. Si Freya n’avait pu assister à tous les conseils, n’étant pas élue à la table des hauts stratèges du clan, elle avait cependant pu assister à la dernière. Elle n’avait pas eu son mot à dire mais avait eu une oreille attentive et le moins que l’on puisse dire, c’était que Kâchinâ avait été d’une patience et d’une intelligence inouïes. Les Unamis étaient de cette race de guerrier sans négociation, ils imposaient l’idée qu’ils se faisaient du monde, travaillaient dur pour garantir leur survie et ne devaient leurs richesses qu’à eux-mêmes, tout cela faisait leur honneur et leur réputation. Freya avait longtemps été de cet avis, et l’était toujours, mais l’île avait décidé de bousculer leurs traditions et Kâa avait su réagir. Si les vieux croûtons du conseil avaient été les seuls décideurs, les unamis seraient tous morts de faim en l’espace d’un mois. Mais le meilleur, c’est que la chef Unami avait réussi à leur faire entendre raison par un plaidoyer sans réplique et qui ne souffrait aucune contradiction. Tout cela sans utiliser la moindre violence, ce que Freya aurait été bien incapable de faire.

Alors en regardant cette bande d’hommes avides, ne réfléchissant pas à deux sous avant de parler, la colère montait chez la jeune guerrière. Ils n’avaient ni honneur, ni esprit, ils se contentaient de prendre, et de rouler s’ils le pouvaient par la même occasion. Elle sentit sa chef se tendre devant le maigre échange posé sur la table. Et de ce premier signe invisible aux yeux des commerçants, les indiens frémirent. De colère bien sûr, mais d’expectative également, prêts à défendre et à rappeler leur réputation quelque peu bafouée.
D’un mouvement de tête, Freya se redressa, envoyant un œil mauvais aux commerçants alors qu’elle sortait par la porte arrière. En passant le seuil, elle aurait juré voir le regard des commerçants brûler de peur dans son dos. L’air frais du dehors lui soutira un soupir d’aise. Etre enfermée face à cette bande d’incapables dans cette joute de regards noirs lui donnait des envies de meurtre. Son visage charbonneux se tourna vers le chariot attelé un peu en retrait. Il y avait bien dix sacs, de visu bien remplis, derrière ces trois hommes en garde. D’un claquement de langue, la guerrière s’avança vers eux, secouant la tête pour leur demander de s’écarter de son chemin.

▬ Nous vous les fourniront une fois l’échange effectué, en attendant …   Le sifflement de la lame hors de son fourreau donna des sueurs froides au premier garde qui se tut, incapable de prononcer un mot de plus. Freya sentit sa main hésiter entre l’envie de finir son geste et le devoir de rengainer, comme mue par une volonté propre. Fermant les yeux elle s’exhorta au calme. Elle n’allait pas tout foutre en l’air maintenant et risquer de déshonorer sa chef.

▬ Simple vérification   s’obligea t-elle à grincer entre ses dents. Elle se permit tout de même de repousser le second garde sans ménagement alors qu’il s’avançait pour lui bloquer le passage. D’un mouvement leste, elle sauta à bord de la charrette, prenant appui sur le rebord sans même faire broncher la mule au devant, et se réceptionna sans mal au milieu des sacs. La guerrière sentit une nouvelle fois le regard des hommes peser sur elle, la main sur leur garde alors qu’elle ouvrait le premier sac.

▬ Du blé… on vous avez dit que…   de nouveau il arrêta sa phrase alors qu’il suivait la lente progression du bras de Freya qui s’était enfoncé dans la toile de jute. Brassant les grains, elle en ressortit une poignée et son regard prit les teintes d’un ciel d’orage. Un à un les grains dégringolèrent sur le bois de la charrette tel un sablier. Pourris, ils étaient tous, pourris. Alors qu’un mélange de stupeur et d’angoisse traversa le regard des trois gardes, un cri, unique, provenant de l’auberge déchira la tension. L’échange tournait au vinaigre. Freya n’en était pas heureuse, car elle connaissait l’importance des enjeux, mais lorsqu’elle dégaina ses deux poignards pour de bon, un sentiment de plénitude s’empara d’elle.

La jeune femme s’accroupit, évitant de justesse la lance du troisième garde et envoya l’un des sacs se déverser sur la tête de l’homme d’un coup de pied ajusté. Le deuxième avait sans doute la lame plus vive que la langue car elle glissa sur son flanc sans que Freya ne puisse l’éviter tout à fait. Glissant au bas du chariot elle se jeta sur lui en un cri guerrier et l’amena à terre alors que le premier accourait pour aider son acolyte. Bloquant son premier assaillant dans une clé de jambes précaire, elle passa la boucle de son ceinturon dans l’une des roues de la charrette et barra de justesse l’attaque du dernier homme. La force masculine se heurta à son poignard et Freya sut qu’elle n’était pas de taille à le vaincre de front.

Faisant glisser sa lame vers le côté pour dévier son mouvement, elle en profita pour s’écarter d’une roulade arrière, se retrouvant au niveau de la mule que l’agitation ambiante commençait à gagner. D’une frappe sur le postérieur, la guerrière fit un pas de côté alors que l’animal hennissait de tout saoule et partait au galop, emportant avec elle le garde qui y était solidement crocheté.
Elle porta la main à son flanc, sentant le sang poisseux lui coller aux doigts et une grimace tordit son visage. Relevant la tête elle n’eut que le temps de se courber pour encaisser le choc du dernier homme qui lui fonçait dessus, l’agrippant à la taille au niveau de sa blessure. Il fonça droit sur la porte qui ne résista pas aux poids des deux guerriers.

Les deux combattants firent irruption dans la salle, rompant le silence sépulcral de leurs grognements. Dos au sol, là où l’avait plaqué son adversaire, Freya se débattait tant et si bien qu’elle arracha un pan entier de sa chemise, dévoilant un tatouage pirate.

▬ C’est un piège ! Ce sont des pirates !

Spoiler:
 



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Message Sujet: Re: Deal à la frontière // Kâchinâ Kaï Deal à la frontière // Kâchinâ Kaï EmptyDim 15 Jan 2017 - 19:08

-Hell is at your gates-
Kâchinâ Kaï & Freya Alcheringa

L'issu de cet échange ne pouvait se conclure correctement, sur une note joyeuse ou bien même courtoise. Plus maintenant, c'était fini. Ô Kâchinâ avait essayé, de tout son être pourtant ! Elle avait essayé de les supporter, de faire abstraction de leur attitude au combien inappropriée, de ne penser qu'au bien de son peuple mais comme le suggéraient les murmures et les légendes Kâchinâ Kaï était sujette à de sévères sautes d'humeurs; faisant couler la pluie plus que rayonner le soleil autour d'elle tel un orage grondant constamment. Les siens avaient l'habitude et étaient parés à toutes éventualités. Sa garde devait la sentir dans toute la pièce : la tension montait d'un cran à chacune de ses prises de paroles. L'amener à parler revenait à jouer avec le feu car elle détestait cela. Mais pour sûr, un marchandage sans parler aurait été impossible. Sauf si la troupe de marchands avait été de bonne foi. Voilà un autre mauvais point qui ne jouait pas en leur faveur. Ils sous estimaient la valeur des peaux que leurs avait ramené les indiens. Décidément ils n'en loupent pas une pour tout faire de travers. Alors que Freya était sortie s'assurer qu'au moins la marchandise était de bonne qualité et que le compte y était comme convenu les choses se compliquèrent à l'intérieur. La Chef n'avait aucune idée des difficultés que traversait sa seconde à l'extérieur mais les deux guerrières réglèrent leurs différents de la même manière en tout cas : par la violence, en faisant chanter leurs lames, délivrant une preuve supplémentaire de l’habileté et de susceptibilité des unamis.

De son côté Kââ avait tranché la langue trop pendue de cet homme désagréable. À partir de ce moment la Chef sût que les négociations allaient être difficiles. Mais après tout elle s'était tenue correctement jusque là et on ne pouvait pas dire que c'était le cas de tout le monde dans cette auberge. C'est ce qu'elle défendrait bec et ongle, campant sur ses positions elle en venait toujours à penser que son geste avait été pleinement justifié. Ce crétin n'aura, au moins, pas l'occasion de rouvrir son caquet de si tôt. Un duel de regard s’enchaîna ensuite entre les marchands et les peaux-rouges. Un seul geste de la part de la Chef aurait suffit pour lâcher ses guerriers sur ces hommes soit disant civilisés. Ils n'en auraient fait qu'une bouchée ... Kââ s'apprêtait pourtant à reprendre les négociations comme si rien n'était arrivé, rangeant sa lame encore chaude à sa ceinture elle était prête à continuer. « Nous avons perdu assez de temps. » Avec toutes ses bêtises s'empêcha-t-elle de rajouter. Elle pourrait partir les mains vides en les laissant cependant en vie, mettant fin à l'échange. Mais cela était inadmissible pour la Chef unamie. Il leur fallait ses graines, cela la dégoûtait de l'admettre mais ils étaient à présent dépendants de ces grossiers personnages.

Les indiens ne furent pas les seuls à s'échauffer. Kâchinâ put observer plusieurs comportements belliqueux. Heureusement ils se retenaient les uns les autres. Pour l'instant. Mais un événement vint bouleverser tout ça, envoyant valser les manières et autres conventions : Freya fit irruption dans l'auberge à nouveau, pas de la façon à laquelle ses semblables l'attendaient par contre. La jeune guerrière était aux prises avec l'un des gardes marchands. Quel marchand à besoin de garde ...? L'annonce que fit ensuite Freya en découvrant le tatouage de son adversaire suffit à donner le signal de l'assaut et fit l'effet d'une bombe. Tous, indiens comme commerçants dégainèrent leurs armes et le fait que ces derniers se soient retenus si longtemps de le faire fit penser à Kââ qu'ils attendaient clairement quelque chose de cette entrevue qui n'avait rien à voir avec de simples peaux de bêtes. Sa lance bien en main Kââ fut rejointe immédiatement du reste de ses hommes qui se jetèrent à corps perdu sur leurs nouveaux ennemis. Des pirates. Comment en étaient-ils arrivés là ? Pas le temps de penser au pourquoi du comment, la guerrière fut bien sûr la cible principale à atteindre pour ces sales rats des mers. L'auberge allait se transformer en véritable bain de sang. Les propriétaires avaient d'ailleurs quitté leur comptoir et déserté leur commerce. Sans réfléchir une seconde de plus l'indienne s'avança vers sa camarade. Elle assénât un violent coup de pieds dans les côtes du pirate qui maintenait Freya au sol, l'éloignant dans un cri de colère et libérant sa seconde.

Tout s'était enchaîné très vite et pas le temps de souffler : un homme se jeta sur Kââ alors que les gardes peaux-rouges empêchèrent d'autres pirates de faire de même. Elle fut ainsi tout de suite acculée. Le plus étonnant restant qu'il ne chercha pas à la blesser mortellement. Ils devaient vouloir ramener la Chef Unamie en vie. Cette dernière dégaina sa lance d'entrée de jeu; comparée à ses adversaires la guerrière n'hésiterait pas à tuer pour sauver sa peau et celle des siens. L'indienne se fit donc renverser sur le plancher par un plaquage monumental que le pirate avait réussi grâce à l'effet de surprise. Kââ ne lâcha cependant pas son arme qu'elle agrippait fermement et s'en servit même pour donner un coup de bâton violent en plein dans le nez de son assaillant. Celui-ci recula un peu avec un cri et amena immédiatement ses mains à son visage transformé en fontaine de sang pour l'occasion. Il défit ainsi l'emprise qu'il avait sur la Chef ce qui lui permit de le repousser totalement et de se relever enfin. L'auberge était devenue un bazar sans nom. Tout le monde s'agitait, des coups et des cris fusaient de tous les côtés, c'était incompréhensible. Certes Kâchinâ voulait sortir d'ici vivante mais elle voulait surtout leurs ôter la vie; plus que tout cette pulsion sauvage dominait son être. Ils s'étaient joués d'elle il était donc impensable qu'ils en réchappent; ils devaient payer. C'était tout ce qui occupait l'esprit de la guerrière à l'instant et à en juger par les combats virulents adjacents que menait sa garde personnelle les indiens étaient sur la même longueur d'onde.

Cela faisait longtemps qu'elle n'avait pas participé à une telle bataille en tout cas. Tout ce qui s'était endormi depuis la dernière refit donc surface. Les guerriers étaient déchaînés et bien décidés à protéger leur chef de cette embuscade. Seule contre tous ces pirates Kââ n'aurait rien pu faire, aussi grande guerrière soit-elle, c'était une question de surnombre. Elle était donc contente d'avoir de valeureux combattants pour assurer ses arrières. De nouveau sur ses pieds la Chef entra à son tour de front dans la mêlée. Elle aurait aimé savoir pourquoi. Pourquoi s'étaient-ils donné autant de mal ? Que comptaient-ils faire d'eux si leur échauffourée avait marché ? Pour qui, au nom de quoi ? Malheureusement le temps n'était pas à l'interrogatoire. Si il restait des survivants elle poserait ces questions. Pour l'instant la jeune femme se retrouvait face à des chiens enragés aux côtés de ses guerriers. Elle attaqua du tranchant de sa lance le premier qui osait approcher. Son bâton lui permettait de maintenir ainsi une certaine distance de sécurité. Elle faisait confiance à Freya et aux autres pour assurer ses arrières et les autres fronts qu'elle ne saurait voir. Le pirate à la chemise déchirée, couteau en main, se leva justement et s'apprêtait à sauter sur le dos de Kâchinâ, qui était occupée à retirer sa lance d'une poitrine. Il n'en avait apparemment pas eu assez.

HRP:
 
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Message Sujet: Re: Deal à la frontière // Kâchinâ Kaï Deal à la frontière // Kâchinâ Kaï EmptySam 28 Jan 2017 - 23:09

Deal à la frontière
Kâchinâ & Freya
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Ils s’étaient fait bernés ! A trop vouloir faire confiance voilà ce qui arrivait. Les Unamis avaient baissé leur garde, pour de bonnes raisons certes, mais sur ce point ils s’étaient fait avoir et Freya détestait ce sentiment. Elle comptait le leur faire payer jusqu’à l’avant dernier et laisser au survivant le soin de raconter comment les indiens chasseurs de Neverland traquaient ceux qui jouaient au plus malin avec eux. ILS étaient les prédateurs, eux, n’étaient que des proies se croyant supérieurs. Enfin, elle le ferait, une fois qu’elle aurait réussi à expulser ce balourd de sa poitrine.

De toutes ses forces elle maintenait la lame du pirate le plus éloigné de sa gorge, mais cette énergie à sauver sa vie ne l’aidait pas à virer ce malotru pour autant. D’un coup d’un seul, le poids sur son corps s’allégea et Freya inspira une longue goulée d’air saccadé par une toux sèche. Relevant les yeux elle vit Kââ au dessus d’elle et la remercia d’un coup de tête rapide. Mais la chef Unami n’eut jamais l’occasion de le voir, deux hommes se jetèrent sur elle, malgré la garde d’indiens à ses côtés. Bien sûr… c’était elle qu’ils voulaient. Voilà pourquoi ces porcs s’étaient retenus si longtemps. Ils ne voulaient pas un bain de sang, ils reniflaient de leurs groins puants la bonne occasion pour enlever la meneuse des indiens guerriers. Peut-être au détour d’une conversation, du troc, quand la garde qui l’entourait se serait quelque peu relâchée.

Freya voyait clair dans leur jeu aussi bien que le fond des cascades de l’Imaginaire. Mais elle l’avait vu trop tard et le goût du sang dans sa bouche n’était pas aussi mauvais que le venin qui piquait son cœur. Oh oui elle s’en voulait. Mais les esprits anciens lui avaient appris une chose. Parfois, on fait des erreurs. Et alors on a deux choix : vivre avec ou les réparer. Et celle là, elle comptait la réparer de la plus sanglante des façons. Glissant sur le côté elle se releva sur ses deux pieds, s’élançant vers Kââ maintenue au sol. Mais avant qu’elle ait pu l’atteindre, un violent coup à la tempe la sonna, l’amenant à la rencontre du mur opposé où elle se retint mollement. Crachant au sol elle porta sa main à son visage, fixant d’un air sauvage le pirate qui s’était mis entre elle et sa mission. Et alors qu’il se jetait sur elle pour en finir, elle eut un sourire des plus mauvais, l’accueillant d’une poigne de fer en se décalant sur le côté pour le fracasser de son propre élan sur l’enceinte de l’auberge.

Faisant un tour rapide des lieux, Freya entrevit ses camarades se battre avec une rage dont elle faisait elle-même preuve, celle que Kâchinâ Kaï leur avait enseigné et qu’elle mettait grandement en œuvre en ce moment même. Ignorant la douleur lancinante à la tête, la guerrière essuya d’un revers de manche le sang qui coulait sur son visage serra ses deux poignards entre ses poings. Esquivant au mieux les lames, elle rejoignit le cœur de l’affrontement, autour de Kââ, et conjointement aux efforts des guerriers, ils réussirent à maintenir un cercle protecteur autour de leur chef, où seuls gravitaient encore quelques pirates désorientés.

L’un deux, celui avec qui Freya avait déclenché les hostilités se redressait déjà pour attaquer de nouveau, et la guerrière eut juste le temps de s’interposer entre l’ennemi et sa chef, roulant dans les jambes de cet homme avec qui décidément, elle préférait la position horizontale. D’une prise étroite à la gorge, elle enserra sa trachée jusqu’à voir ses yeux exorbités devenir vitreux. Se redressant dos à Kâa, les deux guerrières affrontèrent les derniers pirates avant que les autres indiens ne les rejoignent formant une barrière infranchissable aux pirates. Aux deux pirates restants pour le moins mal en point… D’un œil inquiet, Freya parcourut les guerriers présents, en dénombrant un manquant sans pouvoir briser la ligne protectrice qu’elle formait. Anxieuse, elle murmura doucement à l’adresse de sa chef.

▬ Les graines étaient pourries, ils nous ont menti. Que fait-on de ceux qui restent ? »

A ce moment même, les deus aubergistes tremblant sortirent de leur cachète, les mains levées. Fronçant les sourcils Freya fouilla leur regard apeuré sans comprendre, avant de voir la pointe d’un fusil braqué dans leur dos et un pirate boitant les faire avancer du canon jusque vers la sortie, se servant d’eux comme de boucliers humains. La jeune guerrière leva les yeux vers Kâa, partagée entre l’idée de tuer ces deux traitres pour atteindre le pirate survivant, et sachant pertinemment d’un autre côté que la morale et que sa chef, ne le cautionnerait pas.


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Message Sujet: Re: Deal à la frontière // Kâchinâ Kaï Deal à la frontière // Kâchinâ Kaï EmptyDim 12 Fév 2017 - 22:11

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Jamais la Chef indienne aurait pu prévoir cela. Elle savait que tout n'allait pas se passer correctement bien sûr; les Unamis étant en constante opposition avec le reste du monde mais de là à se faire embarquer dans une embuscade pirate ... Ils étaient dans le besoin, les peux-rouges avaient un genou à terre et qui mieux que les pirates auraient pu en profiter ? Elle aurait dû s'en douter, elle aurait dû le voir venir, le pressentir. Cette entrevue sentait la fausse à purin à plein nez depuis le début, depuis leur départ du camp la Chef avait voulu que ça se termine au plus vite, ce sentiment ne voulait pas lâcher ses tripes; elle savait pourquoi à présent. La guerrière n'arriverait jamais à faire pleinement confiance aux gens de la ville.

Les hostilités étaient bien entamées dans l'auberge et la garde personnelle de Kâchinâ Kaï défendait son rôle avec autant de vaillance que de férocité. L'indienne n'avait pas composé ce groupe d'alliés les yeux fermés, elle avait bien entendu choisi sciemment chacun de ces guerriers pour leurs aptitudes au combat bien sûr mais également leur droiture ainsi que la confiance aveugle qu'elle pouvait placer en eux sans avoir à réfléchir. Le plaquage dont elle avait été victime avait laissé ses côtes endolories mais rien d'insurmontable, elle avait subi bien pire par le passé, en témoigne nombre de ses cicatrices. Alors la jeune femme retourna de plus belle dans la bataille, sa rage prenant de plus en plus d'ampleur. Très vite les indiens formèrent un cercle de protection autour de leur chef, certains d'entre eux étaient gravement blessés et tenaient fébrilement debout, malgré cela ils continuaient de tenir leur poste, coûte que coûte. Kââ n'osa pas regarder parmi les corps gisant à terre, sa lance tenue fermement et pointée vers les quelques pirates encore vivants. Il ne faisait aucuns doutes que les indiens dominaient ce combat. Mais ces sales raclures de pirates n'avaient pas dit leur dernier mot. Alors qu'un des leurs se lançait sur la chef, Freya s'interposa et l'étrangla sans outre mesure avant qu'il n'atteigne sa cible; sans une once de douceur, en complète frénésie. Ce n'était pas parce qu'elle était la cible principale qu'elle ne pouvait pas en profiter pour mettre une raclée à ces crétins, bien au contraire. Mais plus le combat avançait et plus il semblait certain que Kââ était la proie à piéger.

Les rangs se resserrèrent, abritant complètement les deux guerrières. La protégée en profita alors pour adresser quelques mots à sa protectrice, lui exposant la situation. « Les graines étaient pourries, ils nous ont menti. Que fait-on de ceux qui restent ? » Kâchinâ parcourra la pièce des yeux, affichant un regard noir et perçant, pensive. Elle voulait savoir pourquoi, elle avait des questions à poser, il leur fallait donc au moins un survivant, un pirate qui pourrait parler et tout avouer avant qu'elle ne lui ôte la vie. Mais quelque chose attira alors l'attention des deux indiennes : les aubergistes avait été pris pour cible et utilisés comme bouclier, tenus en joug par un mécréant désireux de s'enfuir sans plus subir ce massacre. Kââ avait pensé que les propriétaires avaient lâchement pris la fuite, sachant ce qui se tramait sous leur toit mais ils avaient été enrôlés contre leur gré ou non là dedans, elle n'en savait rien. Étaient-ils innocents ? Les Unamis pouvaient-ils se permettre de les tuer sans avoir à rougir ? Pouvaient-ils être sauvagement sacrifiés ? Les nerfs à vif et les tempes battantes Kââ aurait répondu « oui » sur le champ, sans réfléchir si on le lui avait demandé. Hélas la réalité était tout autre et, aussi sanguine soit-elle, ôter la vie d'innocent villageois ne faisait pas partie de son code de conduite habituel. Elle tourna son regard vert vers Freya et lui indiqua alors : « Je le veux vivant, assez pour qu'il puisse répondre aux questions. » Décida-t-elle froidement. La Chef avait parlé. Ce lâche allait être bien abîmé pour sûr, c'était son destin. Puis il mourra comme le reste de ses compagnons. S'attaquer aux unamis n'était jamais une bonne idée, vouloir atteindre leur chef l'était encore moins. Les aubergistes feraient peut-être partie des dommages collatéraux; autant que possible les indiens essayeraient de ne pas leur faire de mal, elle le savait. Le pirate semblait l'avoir bien compris et continuait de reculer doucement vers la sortie, le plus prudemment possible en faisant face au groupe d'indiens, prenant soin de laisser les patrons des lieux entre lui et la mort certaine. Il n'était pas bête celui-là en tout cas.

Et quand était-il des provisions ? Des graines ? Il allait leur falloir trouver d'autres marchands avec qui négocier ? Après ce fiasco Kâchinâ serait difficile à convaincre ... Les choses se compliquaient vraiment pour la Chef et elle ne savait pas vraiment comment se sortir de là. Sa troupe avait fait tout le travail mais la suite l'inquiétait quelque peu, elle ne pouvait vraiment pas se permettre de faire l'impasse sur les prochaines plantations et il était hors de question qu'elle aille quémander chez les Piccaninnys. La priorité ici était tout d'abord de savoir pourquoi les pirates leur avaient tendu ce piège pathétique, les soucis que cela engendrait seraient à régler par la suite, une fois qu'ils seraient rentrés sain et sauf au camp. Kââ reprit alors : « Ma lance servira de diversion, je te laisserai jouer avec tes couteaux afin de l'atteindre. » Murmura-t-elle avant de quitter son acolyte des yeux. Le plan était simple : la guerrière allait envoyer sa lance en feignant vouloir atteindre le pirate qui, normalement, devrait être effrayé et ainsi dévier son chemin. À ce moment là Freya pourra lancer ses couteaux afin de l'immobiliser sur place. La théorie semblait viable, la pratique beaucoup moins mais il leur fallait essayer au moins. Le pirate allait certainement appuyer sur la gâchette mais avec un peu de chance, dans son mouvement de recul, le coup partirait en l'air.

La peau-rouge se redressa alors de toute son imposante hauteur, sa lance bien en main elle défiait du regard le pirate et les aubergistes, elle sentait son sang affluer dans tout ses membres, battant à tout rompre, les muscles déjà tendus et prête à agir efficacement. Un silence de plomb emplissait la pièce, la tension était palpable. Brisant sans hésitation ce mutisme ambiant, elle cria « À terre ! » d'une voix puissante avant d'accompagner ses paroles du geste. Cette mise en garde était autant pour le couple captif que pour les siens. Ces derniers se baissèrent tous dans un mouvement harmonieux, tenant toujours leurs armes prêtes à servir. La lance quitta alors sa main, elle l'avait envoyé de toutes ses forces vers le pirate pour venir s'écraser non loin de son épaule, en passant au dessus de celle du propriétaire qui était en train de se mettre à genoux.
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Message Sujet: Re: Deal à la frontière // Kâchinâ Kaï Deal à la frontière // Kâchinâ Kaï EmptyVen 24 Mar 2017 - 19:29

Deal à la frontière
Kâchinâ & Freya
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Calant sa respiration sur de longues goulées d’air, Freya récupéra son souffle sans pour autant perdre l’acuité de la situation. Au delà de sa fougue, elle devait bien admettre qu’ils avaient été efficaces, une fois de plus. Leur entrainement drastique et leur mode de vie les rendaient imbattables, même face aux si redoutés pirates de l’île et la jeune guerrière n’en était pas peu fière. Trop sans doute. Assez en tout cas pour la rendre méprisante envers tous les autres habitants de Neverland. Pas assez cependant pour lui faire sous estimer ses adversaires au combat.

Alors quand le pirate survivant rentra dans son champ de vision, Freya calcula de nouveau les possibilités de l’atteindre. Et tant que faire se pouvait, en épargnant les deux aubergistes. Le regard émeraude de sa chef rencontra le sien et elle acquiesça silencieusement à son commandement. Vivant… mais au minimum. Cela leur laissait un vaste champ des possibles. Kââ était la meilleure d’entre eux, mais à la lance, elle était la meilleure tout court. Son plan était bon comme d’habitude. Avec ce temps de réflexion qui manquait encore cruellement à la jeune guerrière mais qu’elle ne désespérait pas d’acquérir un jour.

Imperspectiblement elle frôla les couteaux à sa taille. Ils complétaient son corps tel un prolongement de ses bras. Mais comme ces derniers, elle n’en avait que deux. Deux chances pour atteindre son but. Ils étaient sa spécialité, et elle allait devoir prouver la finesse et la précision de son art. Un défi à la hauteur de Freya. Ses yeux maquillés de charbon soupesèrent chacun des gestes du pirate, apprenant en un quart de seconde son léger penchant pour la gauche, son pied d’appel, et donc la direction qu’il prendrait sûrement lorsque Kââ lancerait son attaque. C’était une supposition, sous la peur, l’assaillant serait tout aussi bien capable de faire l’exacte opposé, mais c’était un pari à tenter. Ce qu’elle ne pouvait anticiper, c’était les gestes des aubergistes. Se baisseraient-ils sagement ou tenteraient-ils de s’enfuir, masquant sa cible ? De ça elle ne pourrait décidé que sur le moment. D’un geste rapide Freya secoua la tête tel un cheval s’ébrouant, remettant ses idées en place, oubliant la fatigue de ses muscles et les stigmates du combat. Elle aurait à peine deux secondes.

La guerrière sentit sa chef se tendre à ses côtés, déployant sa taille, les muscles de son bras et dans un cri directif la lance siffla à travers la pièce. Freya resta immobile, le temps d’un soupir, le temps du canon qui raisonne. Elle n’aurait pu l’empêcher. L’arme chargée et tenue par la peur aurait biaisé son geste automatiquement. Mais il biaisait également ceux du pirate. Surprit, il avait tenté de se cacher derrière le tenancier, et s’était décalé, comme Freya l’avait bien soupçonné, sur la gauche. Ce fut son ouverture. Se pliant quasi à terre pour donner à son lancer, corps et vitesse, son poignard fila bas, rasant le sol avant de se fichant profondément dans le profil du genou. L’articulation touchée trahit le reste du corps et le pirate tomba en avant, les mains à plat pour retenir sa chute. Rapide, Freya rompit les rangs et s’élança vers son assaillant, profitant de sa position de faiblesse pour lui planter son deuxième poignard dans la main gauche, immobilisant d’un grand cri d’agonie le dernier trouble fait.

Ses compagnons d’arme furent bien vite à ses côtés et la jeune femme se recula, reprenant son souffle et essuyant les gouttes de sueur froide à son front. Se redressant pour laisser tout le loisir à Kââchina d’interroger le pirate, elle observa la scène dans son ensemble, et ses yeux tombèrent sur la femme à terre, l’épaule en sang. L’aubergiste avait pris la balle perdue, pas assez rapide pour se baisser, elle haletait brièvement, soulevant sa mince poitrine tel un oiseau en cage. Tombant à ses côtés, la jeune femme appuya de ses deux mains en compresse la plaie, cherchant du regard le guérisseur de leur groupe. Une main ensanglantée se posa alors sur sa joue.

▬  Elles sont là… les réserves… elles sont là… , la paume de l'aubergiste glissa le long de son visage pour tomber au sol dans un bruit creux. Le regard de Freya se posa sur le parquet avant de remonter pour croiser le visage de Kââ qui devait avoir entendu les mêmes mots qu’elle. Malgré les cris et jurons du pirate cloué, Freya entendit alors autre chose… Des sons étouffés… Lentement, elle se pencha jusqu’à poser son oreille sur le sol et les bruits se firent plus distincts, comme des paroles avalées, comme des cris bâillonnés. Repoussant soudainement les peaux de bêtes qui recouvraient le sol, la jeune femme chercha une anse, une poignée n’importe quoi. Mais elle en était persuadée, il y avait une cave juste en dessous d’eux. Ses doigts accrochèrent un anneau de métal et elle tira dessus de toutes ses forces. Sous les yeux médusés des indiens, la lumière jaillit dans un trou pas plus grand qu’un caveau, dévoilant cinq hommes et femmes amochés, bâillonnés et plus de sacs de grains que la faible clarté n’en laissait deviner.


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