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 the oddest friend you have • Tankred
★ second star to the right and straight on till morning ★

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Beware, I'm starving
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Message Sujet: the oddest friend you have • Tankred the oddest friend you have • Tankred EmptyMar 8 Mar 2016 - 1:00

the oddest friend you have
« Maître Pew... Maître Pew ! » La voix aigüe de la gamine résonna aux oreilles de l’aveugle comme le tintement d’une cloche fêlée: douloureuse et amère. Cordes vocales usées trop tôt par une vie qui n’aurait pas dû être la sienne. Oh, que l’on ne s’y méprenne, l’aveugle ne ressentait aucune pitié. Il savait très bien qui l’appelait : c’était La Princesse, l’une des rares fillettes mousses du Walrus. On l’appelait La Princesse à cause de ses traits délicats et de sa chevelure si pâle qu’on la disait faite de filaments de nuages. Et comme toujours ils s’arrêtaient tous là, à l’apparence, au vernis trompeur d’une enfant trop intelligente pour son bien. Elle avait bien compris, La Princesse, les regards que les Hommes coulaient sur sa silhouette à mesure que les années passaient. Pew, lui, la comprenait autrement. Il ne connaissait de ses traits que la finesse de leur esquisse au bout de ses doigts, de ses cheveux que leur volume et leur douceur de soie. Mais il savait aussi qu’au fond, elle n’était pas si différente des autres. Il savait qu’une fine couche de poussière agglutinée par l’air humide de la mer recouvrait son visage si fin. Elle sentait la même odeur que tous les enfants de bateaux : un mélange âcre et doux de sueur et de sel qui piquait le nez autant qu’il semblait familier. Et comme tous les autres, la cruauté d’une vie de mousse et apprenti pirate l’avait rendue fourbe et à demi-sauvage, juste assez pour survivre. Mais à la différence des autres, celle-ci montrait avec les années une intelligence redoutable, et semblait s’être naturellement tournée, pour une raison qui échappait encore à tout le monde, vers le membre le plus fou de cet équipage.

« MAITRE PEW ! Vous m'écoutez ? » L’aveugle s’arracha à ses réflexions et lança dans le vide un râle rauque d’agacement. « Pas la peine de hurler, petite fille. La légende me dit aveugle, pas sourd, que je sache ! » Elle dégagea son épaule de la longue main de l’aveugle qui y était posée depuis qu’ils étaient entrés dans le dédale surpeuplé qu’était Blindman’s Bluff. La Cité de l’Aveugle. Un ricanement incontrôlable roula dans sa gorge et lui explosa au visage. Il savait que des têtes avaient dû se retourner, des regards couler dans son dos. Un autre fou à venir ajouter à la communauté déjà bien pourvue de ce trou à raclures de l’humanité. Et en tant que pirate et habitant régulier de One-Eyed Willy, il avait une connaissance assez poussée de ce que l’humanité pouvait produire de pire. Le son susurrant d’un soupir poussé à sa droite effaça de ses traits l’amusement dément qu’il affichait souvent. Sa main se leva, et le bout de ses doigts tapa légèrement contre l’arrière d’un crâne, le contact sec amorti par une masse abondante de cheveux fins. « Aouuuch ! » Un demi-sourire narquois trouva le chemin de ses lèvres. Elle avait les cheveux propres. Les dieux seuls savaient quand elle avait trouvé le temps de faire ça, mais elle le faisait chaque fois qu’ils mettaient pied à terre. « Je t’entends bouder d’ici, gamine. » Elle renifla sèchement, et il pouvait deviner sans jamais l’avoir vu la torsion agacée de ses lèvres et son regard obstinément fixé sur un mur. Et avec cette même précision qui interpellait quiconque le connaissait, La Princesse sentit soudain sur son épaule la prise ferme de la main rugueuse de l’aveugle. Elle retint un frisson. Personne ne savait comment il faisait. Et c’était encore pire quand il avait une arme en main. Elle n’était pas certaine d’avoir envie de savoir.

Soudain elle sentit un souffle effleurer le pavillon de son oreille. « Maintenant cesse ta scène, et guide le fou que je suis à travers cet enfer. Je voudrais arriver avant que le soleil se couche, si tu le permets. » Il sentit un frisson courir le long de la colonne de la jeune fille, et ils reprirent leur marche, la plupart des passants s’écartant devant la vue improbable d’une enfant aux portes de l’adolescence, valkyrie tombée du ciel avec ses cheveux pâles et ses traits doux, supportant sans broncher la présence de l’infamie qu’il était. « Mais le soleil ne se lève plus, Maître Pew. Alors, il est déjà couché. » Un instant de silence lui répondit, puis un rire trop saccadé pour être parfaitement sain secoua la carcasse sèche de l’aveugle. « Je t’aime de plus en plus, petite fille. Je t’aime de plus en plus. »

Brutalement, il sentit sous ses doigts les muscles fins de l’enfant, endurcie par la mer et les tâches ingrates, se durcir sous sa prise. « Maître Pew… » Le ton de sa voix avait changé. Il y traînait comme un relent de peur, la naissance d’une angoisse qui s’exprimait dans cette tension soudaine. La Princesse était connue pour être trop téméraire pour son propre bien ; alors l’instinct de Pew répondit et chaque fibre de son corps s’alerta. Son pouce appuya plus fort derrière la clavicule si fine qu’on aurait pu croire qu’elle allait se briser, et il sentit un peu de la tension quitter les épaules de l’enfant. Il inspira profondément, cherchant dans le maelström de sons et d’odeurs l’indice qui lui dirait la vérité. Chaque homme avait sa voix, ses sons, ses odeurs. Le quartier des artisans de Blindman’s Bluff était un défi même pour ses sens, aussi aiguisés fussent-ils. Forgerons, menuisiers, potiers. Le marteau qui frappait contre le métal brûlant, la râpe qui grignotait le bois, le tour de potier qui tournait à n’en plus finir. Claquement, crissements, grincements. Le quartier des teinturiers qui n’était pas si loin, le poissonnier qui passait avec sa charrette vide vers le port, le maréchal qui ferrait un cheval. Odeurs d’ammoniaque, de marée, de corne brûlée. Tous les sons, toutes les odeurs. Ils les triait, les reconnaissait, les éliminait. Soudain un croassement résonna derrière lui, tranchant dans le brouhaha ambiant, et il sentit La Princesse tressaillir. C’était l’ultime confirmation dont il avait besoin.

« Voilà un don bien singulier que celui d’attirer les messagers des dieux, mon ami. » Il avait jeté cette phrase par-dessus son épaule avant de se retourner, entraînant l’enfant dans sa rotation. Elle était tétanisée. Ils l’étaient toujours quand c’était lui. La corneille – le bruissement de plumes n’était pas assez lourd pour que ce fut un corbeau – s’envola dans un battement d’ailes, laissant le trio face à face. Les lèvres de l’aveugle se tordirent en un rictus qui approchait d’un sourire sincère et il tourna la tête, ses yeux pâles dérivant au hasard. Un petit ricanement émergea de ses lèvres. « Je me demanderai toujours à quoi tu peux ressembler pour qu’ils te craignent à ce point… » Il s’arrêta quand il sentit l’épaule frêle de La Princesse tressaillir sous sa main, puis ajouta dans un sourire inquiétant : « Que  peut bien faire ici un pirate comme toi ? As-tu une nouvelle fois échappé aux dieux et au destin qu’ils te réservaient ?  » Un rire saccadé lui roula dans la gorge. Il était des fois ou lui-même ne savait plus qui du fou ou de l’homme parlait. Et oh, il savait combien ils le craignaient tous, d’une façon ou d’une autre, qu’ils le clament fou ou prophète… et dieux tous puissants, ce que cela pouvait l’amuser…
(c) AMIANTE
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Tankred Snørrisón
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ζ Localisation : Oscille entre One-Eyed Willy et Blindman's Bluff
ζ Occupations : Second sur le Poséidon - Ancien maître Charpentier du Queen
ζ Âge : Trente ans
ζ Statut : Célibataire au coeur de pierre
ζ Signes distinctifs : Nombreux tatouages sur le corps et le crâne, bouffe ses mots quand il parle
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Message Sujet: Re: the oddest friend you have • Tankred the oddest friend you have • Tankred EmptySam 26 Mar 2016 - 14:31

the oddest friend you have

La déesse de l’Amour. De ses courbes gourmandes, à sa crinière d’or en passant par ses traits angéliques. Elle ne peut être qu’une enfant bénit par Freyja pour posséder une pareille beauté. Mes mirettes ne quittent pas sa silhouette tout au long de son trajet entre l’atelier de la couturière et le forgeron. Son pas est lent, ses lèvres s’étirent parfois dans un sourire moqueur dès qu’elle rencontre quelqu’un. J’ai envie d’aller lui parler, de connaître au moins son nom et d’obtenir les faveurs d’une enfant de l’Amour. Seulement, lorsque son corps disparaît derrière la pierre d’une bâtisse, je m’empresse de remonter l’allée pour la retrouver, mais elle a disparu en quelques secondes à peine, m’offrant un sentiment puissant de frustration. Je peste, grogne et pousse violemment un badaud qui s’approche trop près de moi. « Dégage ! » Il sursaute et s’éloigne en courant, jetant un regard vers l’arrière par crainte sans doute que je le poursuive. Ce cygne me ferait presque oublier la raison de ma présence dans la cité de l’aveugle et grognon, je fais volte-face pour aller m’engouffrer dans l’atelier étroit du forgeron. « Mes armes forgeron ! » Il lève sa tête, délaissant son morceau de métal rougi par la braise et se raidit. «  Oui M’sieur ! Tout est prêt ! » En deux enjambées, je suis près de mes haches retravaillées par le talent de cet ouvrier. Il y a bien un forgeron à One-Eyed Willy, mais c’est un charlatan trop cher. J’étire un sourire en frôlant de mon pouce la finesse du métal à l’extrémité. « Bois ! » L’homme s’agite et dépose une bûchette, d’un mouvement rapide et fort, je coupe en deux le morceau. « Parfait ! » Comme toujours, il fait du bon travail, mais j’aime la crainte que je lis dans son regard. Je détache une bourse de ma ceinture et lui lance. « Comme convenu, dix pièces d’argent ! » Il incline la tête et je ressors de son atelier pour mirer la populace qui s’agglutine dans les rues de la cité. Même sans soleil, l’agitation continue de régner et ce n’est pas plus mal, la panique est synonyme de mort dans ces conditions.

Une silhouette familière m’interpelle un peu plus loin et je m’en approche avec un sourire sur les lèvres. Il n’est pas seul, accompagné de cette jeune fille et ils se sont arrêtés. À cet instant, je suis persuadé que le pirate sait qui je suis, il possède des pouvoirs mystiques et si autrefois, je le craignais, je le considère à ce jour comme un ami. Un membre de ma famille. « Voilà un don bien singulier que celui d’attirer les messagers des dieux, mon ami. » Mes lèvres s’étirent. Pew se retourne pour me faire face, bien que cela ne lui soit guère utile, car ses yeux restent toujours ternes et inexpressifs. Le tendron à ses côtés me craint, je le vois dans son regard fuyant et ce tremblement au niveau de ses genoux. « Je me demanderai toujours à quoi tu peux ressembler pour qu’ils te craignent à ce point… » Mes mirettes glissent dans le regard de la fillette qui baisse les yeux avant de revenir sur le visage de mon ami. « Demande aux dieux, ils me décriront. » Mes lèvres s’étirent, m’approchant d’un pas pour éviter d’élever le ton pour faire profiter de notre conversation à tous les badauds de la cité. Je pourrais murmurer que l’aveugle m’entendra, ça, je le sais. « Que  peut bien faire ici un pirate comme toi ? As-tu une nouvelle fois échappé aux dieux et au destin qu’ils te réservaient ?  » À quel moment est-il sérieux ? Je n’en ai aucune idée, toujours est-il que ces faux présages me font toujours une espèce de sueur froide dans le dos. Je ne veux pas mourir, pas aussi subitement et sans être au combat. Je veux rejoindre le Valhalla et manger à la table des dieux, devenir un Einherjar et combattre pour le Père de Tout. « Toi qui sais tout, tu dois deviner pourquoi je suis ici. » Je me rapproche encore jusqu’à poser ma paume sur l’épaule de l’aveugle sans qu’il ne frémisse, ni ne sursaute. La gamine à ses côtés a un mouvement de recul, mais je n’y prête aucune attention. « Je ne cherche pas à échapper à mon destin, mais plutôt à le forger à l’image de nos dieux, à l’image de l’Illustre Thor. Crois-tu que je ne mérite pas le regard de l’Inexpugnable pour mes prouesses ? Ou crois-tu que seule Hel me mire ces derniers temps, car prochainement, j’irai vivre dans son royaume ? » Mes lèvres s’étirent, tandis que ma main malaxe son épaule en signe d’affection. « Je suis ravi de te croiser Pew, je vais avoir besoin de ton pouvoir... »


i'm not a good man and i'm not a bad man
⊹ lumos maxima

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