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 Raisons et Sentiments
★ second star to the right and straight on till morning ★

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Message Sujet: Raisons et Sentiments Raisons et Sentiments  EmptyJeu 5 Jan 2017 - 17:04

Raisons et Sentiments
Eyah + Rosemary


Véritable temple des plaisirs, l’Excès d'Arum est reconnu à travers tout Neverland pour la qualité des services qui y sont offerts. Situé au détour d’une ruelle tout le monde connaît la nature des activités qui se déroule entre les murs de cette fantasque bâtisse aux couleurs criardes. On dit même qu’une vive odeur de plantes ensorcelle les passants et les conduirait à commettre des actes indécents en compagnie des jeunes dames qui habitent les lieux. Vrai ou faux, il est de notoriété publique qu’il suffit qu'un jour on y vienne pour que toujours on y revienne. Entre les murs de cet établissement, les femmes d’amour sont payées pour combler le moindre de vos désirs. Ici, pas besoin de posséder des monceaux d’or ou des milliers de bijoux, vous trouverez de tout selon votre bourse et vos appétits. Pas non plus besoin de long discours ou de sentiments tendres pour passer de doux moments entre les bras des femmes d’amour de l’Excès d'Arum. Qu’ils viennent du Nord ou du Sud, les voyageurs, les marchands et les pirates tous viennent passer de bons moments entre les murs de cet établissement de bonne réputation. Certains y perdront peut-être la raison ou leurs bourses, mais tous en ressortirons combler d’amour grâce aux femmes de petites vertus de l’Excès d’Arum.

Ce ne sont là que quelques atours qui sont offerts dans ce qui fut jadis ma maison. J’y ai passé quatre ans. Quatre ans parsemés de bons comme de mauvais moment. Je n’y suis pas revenue depuis plusieurs années, mais les odeurs et les lieux sont et resteront toujours dans ma mémoire. Ici l’odeur de l’alcool se mélange à celle du foutre de façon à vous faire perdre la notion du temps. Entre ses murs, j’y ai connue des grandes joies et des abîmes encore plus profonds. Y revenir me donne la nausée, mais c’est une chose que je ne peux hélas plus reporter. Je me dois d’avoir une discussion avec elle qui fut autrefois ma matrone, Rosemary Hartbottle, dite Madame Rosy pour les clients et pour nous elle était tout simplement la mère maquerelle. Alors que je passe la porte d’entrée, je suis saluée chaleureusement par d’anciennes collègues de travail et de vieux clients. Je fais quelques salutations rapides. Je ne veux pas m’attarder dans ce lieu sordide. Je monte à l’étage et je cogne deux coups sur la porte de Rosemary. Elle est certainement à faire ses comptes de la nuit dernière alors j’espère qu’elle aura du temps pour me recevoir. Notre dernière rencontre n’ayant pas été des plus chaleureuses, je m’attends à ce qu’elle soit surprise de ma venue. Autour de moi, j’entends des cris, des gémissements et de la musique provenant du bar, mais toujours pas le son de la voix de mon ancienne patronne. Je cogne de nouveau et j’entre.

Elle est là, comme je me l’étais imaginé devant son bureau de travail à comptabiliser les gains de la maison. Depuis des jours, je me repasse en boucle ce que je veux lui dire, mais maintenant que je suis devant elle, j’ai l’impression que les mots restent bloqués dans ma gorge. J’hésite. Quel ton dois-je prendre? Bien que je la considère présentement comme une rivale, nous avions naguère une meilleure relation et j’espère qu’au nom de cette ancienne amitié nous pourrons arriver à un compromis qui nous permettra à toutes deux de marchés la tête haute.

- Bonjour Rosemary… je suis désolée si je te dérange, mais il est temps pour nous d’avoir une discussion. Mes intentions de son pas hostiles. Je sais que j’ai mal réagi lors de ta dernière visite chez le Gouverneur, mais essaie de me comprendre… Il me faut savoir… tout savoir sur ta relation avec Luis. Je ne suis plus dupe ni aveugle, je sais que mon temps achève…
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Message Sujet: Re: Raisons et Sentiments Raisons et Sentiments  EmptyMer 18 Jan 2017 - 15:01

Raisons et Sentiments
Eyah + Rosemary

 
De mon temple, je contemple la foule déchaînée, éperdue. Comme la mer et ses vagues tendres, les corps se mêlent en un ballet aussi étonnant que gracieux. Les corps et les couleurs vivent s’entremêlent pour former une ronde de merveilles, les éclats d’or et des perles se mêlent, l’odeur des parfums, du tabac et de l’alcool dansant dans la salle commune. Voici mon œuvre, ma maison, ma destinée ; voici ce que ma mère a légué de plus beau, cette créativité retord et cette ambition qui me bouffe les entrailles. Moi, enfant de catin, partie de rien, va nu-pieds sale crevant la faim, qui aurait-pu penser que je me dresserais ainsi, si haut dans cette société bourgeoise remplie de requins ? Aujourd’hui je rayonne, jubilant d’un plaisir non feint, m’étranglant de plaisir de voir ma maison pleine jouir de ces richesses consommables. Il m’a fallut du temps. De la patience. De nombreux tours de passe-passe. Des sourires d’anges, des faux semblants, des mensonges, des promesses, écarter les cuisses plus souvent qu’on ne peut le croire. Frapper du poing sur la table. Me salir les mains. Le premier acte fut un meurtre, le second une fuite, le troisième … Je me suis détournée de la foi il y a longtemps, ma mère crevait sur sa paillasse sale. J’ai bâti ses murs avec force et courage, c’est avec ce même désir brûlant de liberté que je les maintiens en place – mordant chaque être qui tente de les démolir, d’écailler les dorures, me voler mes desseins. Ce n’est pas la concurrence qui m’effraie, au non. J’ai su m’entourer de ces gens de fortune qui me soutiennent avec discrétion, j’ai su me faire un nom et élever l’établissement au plus haut rang. Tous se frayent un chemin pour goûter l’or que je peux offrir, les préplacements et les murmures, les danses du ventre et les visions enchanteresses des langoureux ébats. Alcool, café, huile de jouvence, parfum, hommes et femmes : j’offre à mes clients la satisfaction que les désirs souhaitent assouvir à condition qu’ils payent bien – car tel est le prix du luxe et de la vertu sacrifiée en ces lieux saints.
Ici, la misère n’existe pas. Il n’y a pas de mites, pas de rats, pas d’odeurs nauséabondes dans les couloirs. Les chambres sont propres, les draps de qualités, le personnelle en bonne santé et nous nous crevons à la tâche pour recevoir une once de gratitude de ce peuple égoïste. Tel est l’Arum. Au service est uns par apparence, nous ne somme spas de vulgaires prostituées mais des faiseurs de miracles, artistes, équilibristes dans l’âme, musiciens et funambules, tendres acrobates. Le seul élément me rattachant à mon passé est ses fleurs qui prolifèrent, car ainsi était ma mère, à la recherche de l’oiseau rare, paradis d’eden perdu, amoureuse des roses – elle est devenue mon symbole et pousse dans mon jardin comme les pissenlits recouvrent les sombres tombes macabres.

Observer. Je suis si bonne à ce jeu. Terrée en silence, ombre drapée, je contemple d’un sourire presque tendre ces gens aller et venir, notant les détails sans me faire repérer. J’aime être au courant de tout ce qui se passe, contrôler mon trafic et ne pas me laisser berner par les mots enjôleurs des serpents. Tel est l’Arum. Remplit de trésors, attirant les convoitises, je défendrais mon empire sans pitié ni grâce, car je l’aime autant que je peux le haïr, car il est la maison de mes enfants, mes filles, mes fils. Mes enfants. Voilà de quoi il sera à nouveau question aujourd’hui, sans que je ne puisse le déceler sur l’instant. Tout étant en ordre, je m’apprêtais à me retirer dans mes appartements, me remettre à l’exécrable paperasse qui me bouffe inutilement du temps, mais un mouvement net me fige et me ramène à ma place tandis qu’elle est saluée par ses anciennes connaissances, son ancienne famille. Fronçant les sourcils sans pour autant être tout à fait hostile, je ne descends pas pourtant. Si elle est là, c’est parce qu’elle souhaite tout simplement me voir – je connais Eyah et son fonctionnement depuis longtemps. Alors, et seulement alors, je me retire dans mon bureau sans un bruit, me servant un whisky au passage avant d’aller m’asseoir dans mon éternel fauteuil pourpre, le cerveau en ébullition. Qu’est-ce qui nous lie encore, outre ce passé détestable et quatre années de vie ?
Je soupire doucement, amenant la liqueur ambrée à mes lèvres pourpres, avant de poser le verre lorsque j’entends ses pas s’arrêter devant la porte, et je replace mes éternelles lunettes rondes sur mon nez. La récréation est terminée, pause agréable de courte durée, le travail m’attends. Deux premiers coups résonnent dans mes oreilles, mais je n’y prends pas garde. Je réponds rarement al première fois, d’autant plus qu’il me faut composer une façade calme. Les coups reprennent et je réponds cette fois, l’air absorbée dans mes comptes. Vous, êtres extérieurs, ne pouvez pas réellement comprendre mes motivations, pas plus que mon attitude étrange que je n’expliquerais pas. J’attends quelques secondes, écoutant ses pas se rapprocher, avant de d’enfin daigner lever les yeux pour regarder l’intruse, contempler la jeune femme merveilleuse qui me fait face, si belle et si jeune. Malgré ma surprise, évidente car je ne m’étais pas trompée, je garde mon air sévère en place bien que relativement neutre. « Eyah. Quel bon vent t’amène à l’Arum ? » J’arque un sourcil sans cesser de la fixer, notant son air hésitant sans rien ajouter de plus, avant d’attraper la plume d’oie et l’encrier et signer un document sans importance. Elle sait. Bien sûr qu’elle sait. Le temps est précieux, jeune fille, tâche de ne pas me le faire perdre, d’autant plus alors que tu n’es plus chez toi ici.

Toutefois … La curiosité me mord à présent les entrailles, comme la méfiance ravivée. Luis me l’a rachetée et quoi qu’on en dise, quoi que je montre, j’étais heureuse pour elle. Il lui permettait une nouvelle vie, acceptait d’endosser la responsabilité de leurs crimes. Mais j’étais également peinée car Eyah était une de mes meilleures filles, et bien que l’entente n’était pas toujours au rendez-vous, j’y avais été attachée. Aujourd’hui elle n’était plus qu’une intrigante étrangère qui semait la zizanie au sein du couple que je respectais le plus au monde et, à la réflexion, elle était certainement venue me parler de ça. Lorsqu’elle parle enfin, je continue de lire les papiers étalés sur ma table, sans un mot, sans plus la fixer. Ce n’est point faire preuve d’impolitesse, c’est simplement pour lui permettre de redescendre en pression plus facilement et, de mon coté, de me concentrer sur ce qu’elle souhaite.
Et le souhait me fige quelques secondes interminables, brisant ma flegme feinte jusqu’à me faire poser ma plume. Lentement j’enlève mes lunettes en les gardant dans ma main pour relever les yeux vers elle, désormais réellement surprise. Est-ce un reproche ? Une supplique ? J’inspire doucement et me redresse pour être droite, posant finalement les lunettes sur la table. « Moi qui m’attendais à entendre des reproches, je suis surprise de t’entendre venir proférer des excuses ici. Toutefois, tu dois faire erreur. » Ma voix, neutre, contraste avec mes paroles et je fronce à nouveau les sourcils avant de poursuivre, plus froidement. « Ma relation avec le gouverneur ne regarde que moi et cette maison. » Je tranche, avant d’attraper mon verre et boire une nouvelle gorgée. Que croit-elle, qu’elle peut débarquer ainsi, sans s’annoncer, et espérer demander des comptes ? A-t’elle oublié à qui elle s’adresse ? A-t-elle oublié où elle se trouve ? Bien que j’admire son courage, il me faut apparemment le lui rappeler. « Tu te trouve être ici dans la meilleure maison close de l’île, et mieux encore dans mon bureau. Si tu ne désires pas travailler pour moi, acheter des services ou passer un marché, tu peux sortir. » Je la fixe sans lui désigner la porte, puisqu’elle connait le chemin. Sincèrement ? Si en mon âme et conscience je désire réellement l’aider, elle n’a choisi ni le bon lieu, ni le bon moment, et elle aurait dû le savoir. On ne mêle jamais travail et intimité, telle était sa première leçon – qu’elle semble avoir oublié. C’est donc sans plus un regard que je reprends ma plume et remets mes lunettes en place, reprenant ma lecture pour apposer ma signature. Si je parais dure et sans cœur, elle devrait repérer les signes que je viens de lui offrir.  Si elle désire réellement continuer cette conversation, cela ne se fera pas ici, alors que les oreilles indiscrètes courent en bas, avides.
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Message Sujet: Re: Raisons et Sentiments Raisons et Sentiments  EmptyDim 22 Jan 2017 - 19:29

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Eyah + Rosemary


Si les murs de cette maison pouvaient nous parler, ils pourraient vous révéler des secrets enfouis depuis des années. Ils pourraient vous faire le récit de nuits d’amours digne des plus beaux romans d’amour, mais également des récits de haines, de vengeances et de trahisons. Au nom du désir et de la passion, hommes et femmes sont capables du pire. Ici, entre ses murs tout n’est que convoitise, envie et luxure. C’est entre ces murs que j’ai appris à devenir véritablement une femme. C’est dans les bras de mes clients que j’ai découvert le plaisir et la jouissance. Avec les années, je suis devenue experte dans l’art de simuler mon plaisir et mon orgasme pour faire croire aux plus maladroits des amants qu’ils étaient des Dieux. Et puis à d’autres moments, je me suis amusée avec mon corps pour plaire et satisfaire les plus insatiables de mes amants. La vie n’a pas toujours été simple et heureuse entre ses murs, mais je m’y suis bien acclimatée parce que c’était mon choix. Je me suis installée à l’Excès d’Arum de de mon plein gré et je n’ai jamais eu de raisons de m’en plaindre. Je ne serais dire si c’est ma bonne étoile qui m’a protégée ou non, mais contrairement à d’autres de mes collègues je n’ai jamais eu de clients qui se soit montrés volontairement méchant ou violent envers moi. Certains étaient d’un ennui à faire bâiller, mais d’autres étaient de charmants compagnons. Revenir entre ces lieux me permet de me remémorer de tendres souvenirs. Entre ses murs, je me suis faite de bonnes amies parmi les autres filles, mais j’y ai également connu des moments fantastiques. Je ne regrette rien sinon que d’avoir pris la décision de quittée ses murs qui me protégeaient du monde extérieur.

Alors que je me retrouve dans ce bureau, une foule de souvenirs plus ou moins agréable me revient en tête. Combien de fois, je suis venue ici pour me plaindre de la qualité des lieux, sur la nourriture qui nous était servie? Je ne m’en rappelle plus, mais je sais fort bien que j’étais très capricieuse et exigeante. Avec du recul, je sais que ce n’était pas méchant, je cherchais seulement à attirer l’attention. Je n’ai guère changé sur ce point. Étant l’une des filles les plus appréciées de la maison, je rapportais jadis beaucoup d’argent à Rosemary et pour cela je m’autorisais certainement trop souvent à lui rendre la vie exécrable. Comme elle a dû être soulagée de me voir quitter sa maison après quatre années de cohabitation.

Assise sur son cher fauteuil, elle joue avec son verre de boisson en se demandant probablement ce qui m’amène vers elle aujourd’hui. Je ne suis pas du genre à demander des faveurs. Je suis plutôt du genre à exiger des choses, mais aujourd’hui, je dois jouer plus finement parce que j’ai besoin d’elle. Je dois me montrer polie avec elle puisque je sais que son temps est précieux et surtout je dois faire attention à ne pas la fâcher sans quoi je risque qu’elle rapporte mes paroles à Luis. Ayant ouvert mon jeu, j’attends de voir sa réaction. Elle ne daigne toujours pas me regarder. J’y suis habituée. Cependant, ma demande semble la troubler. La voilà qui dépose sa plume qu’elle tenait jusqu’alors fermement dans ses mains et elle enlève ses lunettes. Elle se tourne finalement vers moi.

« Moi qui m’attendais à entendre des reproches, je suis surprise de t’entendre venir proférer des excuses ici. Toutefois, tu dois faire erreur. »

Une erreur? Non pas du tout. Pour une fois, je suis de bonne foi, mais je sais que j’aurai fort à faire pour qu’elle me croie. Il y a entre nous trop de silences, trop de reproches jamais prononcés et trop de jalousie pour qu’elle puisse me faire confiance aussi facilement. Sa voix est neutre. Elle ne veut pas me montrer que ma requête l’énerve et l’indispose. Pour ma part, je reste sur le pas de sa porte attendant qu’elle m’invite à entrer. Je la vois qui fronce les sourcils. Je me doute bien qu’elle n’a pas l’intention de tout me dire sur ses rapports avec Luis et a vraie dire je me moque des détails.

« Ma relation avec le gouverneur ne regarde que moi et cette maison. »

J’essaie de rester calme, mais je ne peux m’empêcher de lui répondre :

- Si tu le dis, mais dois-je te rappeler que je suis également en relation avec cet homme donc cela me regarde quand même un peu…

Elle se croit protéger par sa situation, mais je m’en moque. Je suis convaincue que j’ai le droit de savoir ce qu’elle fait avec mon amant et ce qu’elle manigance dans mon dos. Furieuse, elle attrape son verre et en bois une gorgée tout en reportant son attention sur les papiers posés devant elle.

« Tu te trouves être ici dans la meilleure maison close de l’île, et mieux encore dans mon bureau. Si tu ne désires pas travailler pour moi, acheter des services ou passer un marché, tu peux sortir. »

Le regard rempli de hargne, elle se tourne à nouveau vers moi. À cet instant, je lui sauterais au visage tant je la déteste de se moquer de moi de la sorte. Elle doit certainement savoir combien il m’en a coûté de venir jusqu’à elle, mais je la connais également et je comprends alors que je n’aurais jamais dû venir ici pour lui parler. Que j’aurais dû lui envoyer une note pour lui donner rendez-vous en terrain neutre. Alors que je la vois reprendre son travail sans se soucier de ma présence, je lui dis : « Je n’ai nullement l’intention d’acheter ou de vendre mes services seulement, j’ai véritablement besoin de m’entretenir avec toi alors je souhaiterais que tu me dises où et quand il nous sera possible de nous parler. Je te le demande comme une faveur Rosemary… »
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Message Sujet: Re: Raisons et Sentiments Raisons et Sentiments  EmptyLun 30 Jan 2017 - 17:28

Raisons et Sentiments
Eyah + Rosemary


Les rouages tournent sous mes fins cheveux tressés, preuve qu’elle ne me laisse pas indifférente. Il me faut m’empêcher de rire à sa demande incongrue, il me faut m’empêcher de la mettre tout bonnement à la porte. Pas que la peur du scandale ne m’éclabousse, juste cette maudite curiosité qui m’étreint le cœur, le mettant en doute. Je ne suis plus si dure qu’autrefois. Est-ce lié à l’âge ? Je n’ai pas oublié d’où je viens. Je n’ai pas oublié qui je suis. Ni ce qu’elle fut, autrefois. Une de mes filles. Ce qu’elle n’est plus. Imperturbable en apparence, je reprends mes feuillets éparpillés pour les lire. Certains sont des factures, d’autres des demandes explicites, des besoins, des services. Enfin, les derniers sont simplement les derniers potins dont je me tiens informée – quelques mots écorchés d’enfants, quelques non dits rapportés par le vent. Récemment, des enfants disparaissent, certains que j’aurais pu connaitre, et la nostalgie m’a prise alors, me ramenant à cette détestable enfance. J’en ai brisé un verre de frustration et de colère, sans rien n’en dire pour autant. Les enfants sont ce que je ne suis plus et ce que je n’ai jamais été, pour autant ils sont certainement la chose la plus précieuse du monde, passant avant l’or et les soieries brodées. Qui ose ? Je ne peux ni dire ni aider, seulement rester à l’affût et cela me mine plus que je ne veux bien l’avouer.
Reprenant le sens de la réalité, j’appose à nouveau mon cachet, avant de passer à la lettre suivante – une complainte de femme cette fois, qui pense que mon établissement est dégradant pour son statut. Dégradant, l’Arum ? Ce n’est l’une de ses maisons sordides puant la pisse et la violence. Chaque fille a ses quartiers, ses clients, ses horaires, chaque prostituée y a son luxe, son train de vie, ses toilettes. Dégradant ? Alors qu’elles mangent à leur faim de véritables repas chauds et qu’elles ont de quoi s’habiller richement ? Elle peut s’estimer heureuse que son mari vienne passer entre nos cuisses propres et parfumées plutôt que d’aller chercher luxures dans les bas quartiers. Dégradant, ma maison aux nombreuses dorures ? Nous ne faisons que vendre du rêve aux insoumis, aux artistes, aux hommes perdus tant qu’ils peuvent payer et si son mari vient alors c’est que nous détenons ce qu’elle ne peut lui offrir et cette femme n’a pas à s’en mêler en aucune façon – de quoi me rappeler une autre situation, similaire.

« Toute l’île pourrait actuellement passer entre cuisse que cela aurait autant d’importance à mes yeux. »

Je réplique d’un ton détaché tout en prenant le feuillet suivant, me moquant éperdument de la façon dont elle peut se sentir à présent. Comme à l’époque, elle cherche à obtenir l’attention, mais elle l’a suffisamment eu pour aujourd’hui, ne lui en déplaise. Elle n’est plus l’une des nôtres à présent, je n’ai donc aucun crédit à lui accorder. Aurions-nous été ailleurs que dans ce bureau, je lui aurais tenu des propos différents … Mais actuellement, elle ne fait rien de plus que me fatiguer et me faire perdre mon temps. A moins que ?
Je relève les yeux de ma paperasse uniquement quand sa voix perce à nouveau, me prouvant qu’elle utilise enfin ce qui lui sert de tête. Bien. Eyah a toujours été maligne, et j’avais peur que cela ne soit plus le cas après cette démarche aussi singulière que mal avisée.

« Une faveur ? Et au nom de quoi l’accepterais-je, je te prie ? »

J’arque un sourcil sévère, mon ton froid frappant à nouveau, jubilant presque. Qui se croit-elle bon sang ? Pense t’elle qu’il suffit d’une simple demande pour que j’accepte ? La fureur coulant dans mes veines se tait pourtant et je retourne à mes devoirs, sans plus poser le regard sur elle. Concentrée comme je le suis, têtue comme une mule, j’attends pourtant simplement que les pas dans le couloir s’éloignent – oreilles indiscrètes – avant de finalement souffler.

« Chez moi. Dans trois heures. Frappe à la porte de derrière. Nous verrons alors. »

Je ne relève pas les yeux pour autant, trempant à nouveau ma plume dans l’encrier pour donner la mesure – il est temps pour elle de tirer sa révérence à présent. Je n’ai pas dit que j’acceptais de parler de Luis et de sa relation. Simplement que j’acceptais de la recevoir, ce qui est en soit déjà beaucoup à la vue de la montagne de travail qui m’attend encore. Je ne prends pas non plus la peine de lui indiquer l’adresse, ma maison se situant près de l’Arum, petite et discrète, presque collée à l’énorme bâtisse – toutes mes filles la connaissent. Il ne me reste plus qu’à rajouter de ma voix claquante, dénuée de sarcasme cette fois, ce simple avertissement – comme à l’époque, il y a quatre ans.

« Et sois à l’heure. »

Car je ne t’attendrais pas.
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Message Sujet: Re: Raisons et Sentiments Raisons et Sentiments  EmptySam 4 Fév 2017 - 21:32

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Eyah + Rosemary

« Et sois à l’heure. »

- J’y serai sans fautes… merci Rosemary…

Son avertissement résonne dans ma tête alors que je quitte son bureau. Elle n’a guère changé cette chère Rosemary depuis le temps ou je travaillais sous ses ordres, mais j’avoue que j’avais oublié combien elle peut se montrer rude en affaires. Trois heures. J’ai suffisamment le temps de retourner au manoir pour aller jouer un peu avec Leya et revenir sans que mon absence soit remarquée. Je dois tout de même me méfier puisque je sais que Rosemary et Luis sont proches et qu’elle pourrait l’informer de ma visite. Je retourne donc au manoir, je passe du temps avec ma fille et avant de rendre à mon rendez-vous, je me change de tenue. Inutile de me présenter en robe de soie remplie de bijoux et d’artifices. Mon but est sérieux et je connais suffisamment mon interlocuteur pour savoir que, peu importe ce que je porterai, cela ne changera rien à l’opinion qu’elle aura de moi ou de la situation. Je passe donc une robe toute simple et un foulard sur mes cheveux.

Après avoir traversé la ville, j’arrive avec plusieurs minutes d’avance chez Rosemary. Je cogne deux coups à sa porte et elle me fait savoir que je peux rentrer. Je n’ai pas remis les pieds dans cette maison depuis des années, mais tout semble comme dans mes souvenirs. Je la retrouve dans son petit salon. Je la salut et la remercie encore d’avoir accepté de me recevoir et lui dit : « Je sais que nous avons un passé plutôt conflictuel toi et moi, mais j’aimerais que nous puisions mettre nos rancœurs de côté pour les prochaines minutes puisque je suis venue te demandé ton aide »

Voyant poindre sa surprise et probablement aussi un peu d’étonnement, j’ajoute : « Tu es la seule qui puisse m’aider à ce que Constance retombe dans les bras de Luis et que ce dernier consente à me libérer moi et Leya… »

C’était dit. Allait-elle me croire ou non? J’en doutais. Elle me voyait certainement comme une petite capricieuse, envieuse et jalouse. Ce que j’étais certes la majorité du temps que nous avions partagé ensemble, mais je voulais changée et surtout je voulais reprendre ma liberté. Je voulais quitter la demeure du Gouverneur, mais jamais je ne la quitterais sans ma fille.
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