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 Today, the inventor, my revenge is your challenge ♦ La Perlette Nacrée et Ray des Mers
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Message Sujet: Today, the inventor, my revenge is your challenge ♦ La Perlette Nacrée et Ray des Mers Today, the inventor, my revenge is your challenge ♦ La Perlette Nacrée et Ray des Mers EmptyMer 18 Mai 2016 - 13:32

today, the inventor, my revenge is your challenge valone&raygon;
 

Qu'est-ce qui l'avait menée à faire cela ?

Il était là, assis insoucieusement sur son rocher. Imprudemment aussi, aux yeux de la sirène trompeusement argentée. Ses dents étaient serrées, il lui fallait faire un effort de volonté pour ne pas se jeter sur sa cible dans le but de l'attraper par le bras et de le faire tomber à la renverse dans l'océan si près de lui. Trop, près de lui. Elle ne connaissait pas son nom, elle n'y avait jamais prêtée attention. Ce n'était pas dans ses préoccupations. Si une fois elle l'avait entendu, elle ne l'avait pour autant retenu. Pourtant, elle connaissait son plus grand secret mais ceci était dû à un pur accident et elle n'avait aucune conscience que c'était le mystère le mieux dissimuler de cet humain. Elle avait seulement constaté que c'était un secret bien gardé. Aujourd'hui c'était un autre point important à savoir sur cet homme qui l'intéressait. L'inventeur ne savait pas nager et craignait l'eau comme si son contact risquait de lui refiler la plus épouvantable des bactéries virales. C'était à la fois très risible et une excellente façon de le tourmenter. Malheureusement, il n'était pas aisé de l'attirer près de la mer, surtout avec elle dans les parages puisque le garçon la soupçonnait bien d'attendre son heure pour pouvoir le noyer. Un sourire ironique avait étirée la bouche de l'hybride à cette réflexion. Justement... l'occasion se profilait présentement sur un plateau doré ! Il fallait juste veiller à ne pas se faire repérer avant ou ce serait son idée qui se retrouverait bêtement noyée. Elle ne tolérerait pas de commettre une erreur aussi simplette que celle d'être prise les mains sur le cuir avant même de n'avoir pu agir. Lentement, elle avait ainsi rentrée la tête sous la surface, faisant onduler la nappe limpide le moins possible. Avec une nageoire, forcément adaptée à la vie sous l'eau, il était bien plus aisé de se mouvoir qu'avec des jambes. Et là encore, voir un bipède se démener à l'art subtil de la nage avec ses jambes raides comme des troncs avait ce quelque chose de pitoyablement comique. Spécialement lorsqu'il y peinait. Le voir y réussir en revanche avait plutôt cette tendance inverse d'être... exaspérante. Une raison parmi d'autres pour laquelle, généralement, Valone et ses confrères veillaient à ce qu'aucun ne puisse plus inhaler une seule bouffée d'air. Jamais. Oh, toutefois, celui-ci elle ne comptait pas le noyer. Pour le moment ? Son but, aujourd'hui, c'était plutôt de l'éprouver. Sérieusement.

Elle s'était donc rapprochée puis avait repassée la tête au-dessus de l'eau salée dans un angle où elle était certaine qu'il ne pourrait pas immédiatement la remarquer. La nuit l'aidait dans sa furtivité. Alors, son bras ruisselant s'était tendu vers la sacoche qui cernait le buste du jeune homme. Elle savait ce qu'elle pouvait contenir et avait bien l'impression que le trésor de son ennemi s'y trouvait bel et bien au vu de sa forme. Elle semblait peser son poids. Très discrètement, elle avait ainsi pincé le coin à proximité de ses doigts pour s'assurer qu'elle n'avait pas rêvé... Fait avéré ! L'objet aussi mou à l'intérieur qu'il était rêche à l'extérieur, se trouvait effectivement là. Caché sous cette texture souple, guère irrévocablement à l’abri du froid. Sa confirmation une fois acquise, elle avait brandit silencieusement son second bras pour soudainement agripper ses phalanges déterminées à la pochette. Elles s'étaient refermées sur ses flancs de cuir comme des serres de rapace. L'espace d'une seconde le regard des deux antagonistes s'étaient croisé avant que la sirène ne tira violemment sur sa prise en se propulsant vers l'arrière pour se mettre vivement hors de portée sans relâcher d'un millimètre son emprise. Bien à l'inverse, elle l'avait renforcée pour empêcher que l'objet protégé ne se fasse emporté et... SPLASH. La mer avait accueilli son adversaire en son sein dans une splendide gerbe blanche. Fière de son succès, la sirène en riait avec un machiavélisme bien digne d'elle. Son rire résonnait dans l'obscurité tandis que ses paumes maintenaient son trophée hors de l'eau. Le livre craignait davantage la mer que son propriétaire car elle avait un pouvoir de dégradation très puissant sur sa matière. Hors, le livre en question allait lui être très utile pour son petit jeu du jour. Mieux valait qu'il conserve un état correct.

Pourquoi avait-elle fait ça ?

Par esprit de vengeance. Maintenant qu'il passe son épreuve et affronte sa peur s'il voulait récupérer son bien si précieux. Nage, petit homme, si tu le peux. Est-ce que ça ne promettait pas un bon moment de divertissement ça ? Oh que si. Surtout que l'eau était glacée. Alors, comment l'homme qui se raillait si aisément d'elle allait-il s'en sortir à présent ? C'est ce que nous allons découvrir avec notre princesse et celle-ci ne compte pas lui faciliter la tâche.

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Message Sujet: Re: Today, the inventor, my revenge is your challenge ♦ La Perlette Nacrée et Ray des Mers Today, the inventor, my revenge is your challenge ♦ La Perlette Nacrée et Ray des Mers EmptyJeu 19 Mai 2016 - 10:06

My
Nemesis
Valone Thelxiope
&.
Raygon Finnighan


 

 



 

 


Today, the inventor, my revenge is your challenge


La mine de graphite s’arrêta de griffonner, laissant à son propriétaire la pause nécessaire à sa réflexion. Dix secondes à peine et c’est avide qu’elle lécha de nouveau le papier, crissant plus que de coutume pour dessiner les chiffres. Etait-il en colère pour épaissir la boucle du six ? Soucieux pour ajouter si sèchement sa barre au sept ? Puis, d’un coup d’un seul, la mine se retrouva à battre l’air, la feuille en arrière de son champs d’action. Raygon soupira avec rage en regardant le trou béant qu’il venait de faire dans sa feuille de comptes. D’un geste nerveux il froissa le papier jusqu’à en faire une boule aussi tassée que quatre poules dans une cage à lapin et la fourra dans sa poche. Cela faisait deux semaines à présent qu’il était obligé d’annuler ses commandes. La nuit permanente rendait son bois humide, quand elle ne le faisait tout simplement pas geler. S’il avait depuis longtemps accepté que Neverland soit une île de tous les possibles où se mêlait surnaturel et magie, cette enflure d’obscurité sans fin commençait sérieusement à lui attaquer le moral. Il en avait marre d’être constamment devant sa lumière quand il travaillait le bois, marre d’oublier la vrai couleur des choses, marre de ne pas pouvoir laisser son regard glisser à perte de vue sur l’horizon marre de…

Il sentit soudain la lanière de sa sacoche se tendre sur son torse et le tirer en arrière. Dire qu’il avait choisit ce petit bout de rocher pour avoir un meilleur angle de vue sous la lueur de la lune. Parce que oui, il en avait aussi marre de devoir utiliser son bois d’œuvre devenu pourri pour faire des feux à longueur de journée et consommer la moitié de son stock de bougies en moins de temps qu’il n’en faut pour dire Neverland ! Bref, il n’avait plus eu assez d’espace dans sa petite maison de Bartok pour lui et ses mauvaises humeurs, il avait donc sagement choisi de les emmener en ballade le long de la Crique du Lapin, et par la même occasion, de faire le point sur ses finances.
Et v’la qu’une nouvelle aventure et tout sauf prometteuse l’attirait encore une fois par le bout du cuir. Bien sûr il n’eut pas le temps de penser tout ça. Non. Il eut juste le temps d’émettre un cri rauque proche du sanglier surpris que déjà une lame d’eau glacée lui décalqua le dos, y laissant une morsure froide qui s’insinua dans la moindre cellule de son organisme. Tout son corps se retrouva immergé l’espace d’une seconde. Une seconde terrifiante où son pire cauchemar prit vit. Le liquide étouffant se mouvait sournoisement, lui extirpant jusqu’à la dernière bulle d’oxygène contenu dans son sang. Mourir noyé. C’était sans doute la pire des morts pour le garçon. Ca et se faire occire par un pirate, oui… ça aussi ça lui aurait vraiment troué l’cul ! Un éclat d’un blanc nacre quasi violine passa devant ses yeux presque vitreux.

Impossible que ce soit… Le haut du buste finement musclé de la sirène passa devant ses yeux et Raygon vit rouge. C’était elle il en était certain. Il battit l’eau de ses pieds tant bien que mal, se rappelant des quelques cours d’Ephyra. « Fais la grenouille » qu’elle lui disait. Il sentait ses chaussures se transformer en enclume à mesure qu’elles s’imbibaient d’eau et sa main trouva enfin le rocher duquel il venait de chuter. De toutes ses forces, il s’y hissa mais ne réussit qu’à passer ses bras autour, crochetant ses pieds là où il le pouvait. Tel un bigorneau accroché à son rocher, Raygon avala de grandes goulées d’air et secoua la tête. Une algue d’un marron douteux et couverte de pustules glissa le long de son front, et y resta. Le garçon voulut soulever un bras pour se défaire de ce poisseux compagnon mais sentit ses pieds glisser et la perspective de l’eau se rapprocher et renonça, se cramponnant de toutes ses forces à la pierre.

La fraicheur de la nuit fit frissonner ses muscles et les poils de sa nuque se hérissèrent. Devant lui, se tenait une sacoche, sa sacoche évidemment bien en évidence. Elle aurait pu sembler flotter au dessus de l’eau si deux bras ne l’y maintenaient pas. Le visage des profondeurs qui lui fit alors face et le rire fier et moqueur qui s’en échappa le mirent hors de lui.

« Espèce de morue dégénérée des mers, rend moi ça tout de suite ou je te jure que… » Sous la colère il lâcha un bras pour pouvoir pointer de son doigt accusateur la sirène et sentit ses pieds glisser et rentrer au contact de l’eau salée. Comme électrisé il puisa dans ses forces pour revenir à une distance raisonnable, sans pouvoir remonter au sommet du rocher toutefois.

« Tu vas le regretter la poiscaille ! A t’en faire des sourcils blancs ! »

© Gasmask


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Message Sujet: Re: Today, the inventor, my revenge is your challenge ♦ La Perlette Nacrée et Ray des Mers Today, the inventor, my revenge is your challenge ♦ La Perlette Nacrée et Ray des Mers EmptyDim 29 Mai 2016 - 17:43

today, the inventor, my revenge is your challenge valone&raygon;

L'humain était tombé à l'eau comme une pierre. Ça avait été d'une facilité presque déconcertante, à croire qu'il n'avait aucun sens de l'équilibre mais l'effet de surprise avait joliment joué et, déjà, Valone se retrouvait avec la sacoche en main. Saine et pratiquement sèche à quelques gouttes près qui glissaient ici et là contre la peau de bête. Celle-ci sentait le cuir et promettait de laisser son code olfactif sur ses mains en guise de représailles mais le succès imminent de son entreprise consolait l'hybride de ce contretemps odorant. Trop satisfaite d'elle-même pour s'irriter de cette petite contrainte pour l'instant. Et pendant ce temps, sa malheureuse victime s'efforçait de regagner la surface sans même qu'elle ne s'en soucie, relativement indifférente des difficultés qu'il rencontrait pour se hisser hors de la mer. Et il y réussi ! Mais qu'il ne s'estime pas encore tiré d'affaire, ce n'était que le début de sa diabolique revanche. Le rire railleur de la princesse gagna en intensité rien qu'à voir la manière dont sa cible s'agrippait à son rocher comme à un sac de survie. Il ressemblait à un crapaud géant avec ses longues jambes fléchies. A vrai dire, tous les humains y ressemblaient... Quand les hommes plongent, les bras en avant, ils ressemblent à des grenouilles qui étendent leurs membres lorsqu'elles bondissent. Ces deux espèces d'êtres vivants pourraient presque faire partie de la même famille... Tout ce qu'il manquait aux bipèdes pour ça, c'était la peau verte et la capacité de respirer sous l'eau. Coinçant la pochette sous son coude, elle fit mine d'applaudir calmement mais lança avec dédain et sarcasme :

- Bravo ! J'ignorais que les humains avaient la capacité d'imiter les crapauds avec autant de réalisme. Ton cri ressemblait bien à un hideux croassement, maintenant que je m'en fais la réflexion... Cacherais-tu également de repoussantes verrues sous tout ce tissu ? Immonde batracien graisseux.

Elle croisa les bras, observant le "jeune" homme s'accrocher désespérément à son roc... et tenter de se défaire d'une pauvre algue en mauvais état qui avait élu domicile sur son front. Pff, non mais quelle allure... Évidemment, elle ne pouvait pas manquer cette occasion pour...

- Je vois que tu t'es trouvé un accessoire à ton image. Couvert d'excroissances purulentes.

... vicieusement le charrier. Accompagnant sa réplique par un rictus de dégoût. Mais ce rictus se transforma bien vite en expression sournoise pleine d'hostilité alors qu'il lui répondait par des tirades irrespectueuses pleines d'aversion et pointait son doigt accusateur vers elle pour vite le retirer ou, encore une fois, il risquait éminemment une nouvelle chute en plein dans cet élément qui l'épouvantait tellement. Valone lui lança un regard haineux et suffisant sans se départir de cette teinte de satisfaction en arrière-plan car elle avait un otage de poids en cette nouvelle nuit. Il était bien téméraire de lui envoyer de telles piques alors qu'elle détenait quelque chose de précieux à ses yeux à lui. La sirène fixa un court instant de silence pesant puis, avec un calme feint, ouvrit la sacoche pour en extirper le livre. L'objet était comme une misérable petite chose sans défense entre ses griffes imperceptiblement ensanglantées par ses crimes passés. Des griffes froides, sans émotion. Elles raclèrent la couverture en manipulant leur otage lorsque les doigts diaphanes de la créature sous-marine le tendirent pernicieusement au-dessus de l'eau sans fond. Comme on tend un petit poisson au-dessus d'un bassin rempli de prédateurs à nageoires qui ne pensaient à rien d'autre qu'à satisfaire leur besoin le plus primitif : leur faim. La princesse pris l'air de rien, comme si son geste était normal et ne présentait aucune mauvaise intention. Comme si ils abordaient un sujet de conversation ordinaire, sans grand intérêt. Alors qu'il n'en était rien.

- Si je peux me permettre un conseil, crapaud crasseux au mucus infecté de pourriture... Tu ferais mieux de surveiller ta langue aujourd'hui. Sinon, il se pourrait bien que mon bras fatigue et ne lâche précipitamment ton bien dans l'océan. Et là, tu pourras être certain de ne jamais le revoir ou bien ce sera... en fort triste état.

Le sentiment destructeur qui séparait le peuple de la terre du peuple des mers était vieux de presque mille ans. En cette heure, ce n'était pas à un pirate que la créature mythique faisait face. Pourtant elle le haïssait et cherchait à provoquer sa souffrance, son supplice, en lui imposant de venir chercher ce qui lui tenait à cœur là où sa peur était la plus insoutenable. Sous peine de perdre à jamais sa douce possession. C'était sa vengeance, sa réponse la plus hardie et la plus fourbe à toutes les offenses qu'avait pu lui faire le travailleur de bois depuis qu'ils s'étaient pour la première fois grippés. Sa réponse, surtout, à leur dernière altercation en date. Celle qui l'avait particulièrement agacée, encore plus que les autres. Il méritait ce tour. Il méritait même qu'elle lâche le livre sans attendre qu'il se décide à affronter l’effroi que l'univers de son ennemi hybride lui inspirait. Mais elle désirait lui torturer un peu l'esprit avant de prendre une décision quant au sort de son acquisition littéraire. L'esprit et le corps puisqu'il allait littéralement geler dans cette eau glacée. Elle, y vivait et supportait mieux sa froideur mais lui qui vivait sur terre, certainement emmitouflé dans une douzaine de fourrure bien chaudes dans sa petite maison douillette, ne pouvait pas endurer aussi bien le très bas degrés de l'eau. D'autant que leurs métabolismes étaient différents.

- Aller, l'inventeur d'inutilités défectueuses, viens donc chercher ce qui t'appartient. Prouve-moi au moins que tu en es capable si tu veux que je te laisse enfin en paix.

Et la sirène blanche accentua sa bravade ironique par un sourire méchamment moqueur. Histoire de le provoquer un peu plus, elle s'amusa à ouvrir le livre pour gratter le bout d'un ongle sur une page qui s'imbiba d'une légère marque mouillée. « Oups. » Allait-il mordre à l'hameçon et se jeter à l'eau, tête la première ou... la terreur serait-elle encore trop forte pour céder à un acte déraisonné ? Il s'était déjà fait avoir après-tout, la fois où elle avait embarquée sa machine bizarre avec elle pour y jeter un coup d’œil approfondi.

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Message Sujet: Re: Today, the inventor, my revenge is your challenge ♦ La Perlette Nacrée et Ray des Mers Today, the inventor, my revenge is your challenge ♦ La Perlette Nacrée et Ray des Mers EmptyMer 8 Juin 2016 - 15:58

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Valone Thelxiope
&.
Raygon Finnighan


 

 



 

 


Today, the inventor, my revenge is your challenge


Les bras tétanisés, les jambes repliées sur le rocher, l'image était tellement frappante que Raygon se voyait clairement à travers les yeux de la sirène comme le gros crapaud pataud dont il donnait la réplique. C'était simple, il avait l'air ri-di-cule! Et s'il y avait bien une chose que Raygon honnissait par dessous tout, et c'était d'ailleurs le seul point commun qu'il se croyait partager avec la poiscaille, c'était bien l'humiliation. Se prendre ses peurs, et donc ses faiblesses de pleine face restait plus difficile à avaler pour le jeune homme que les restes carbonisés qu'il avait tenté de faire chauffer la veille.

Malheureusement pour le garçon, c'était la spécialité de la vive argent. Heureusement pour lui, elle avait trouvé un adversaire à sa mesure. Il fut secrètement heureux de voir la fierté de Valone un instant ravalée par la colère devant ses insultes, et ne la lâcha pas du regard tandis qu'il trouvait enfin une prise correcte pour son pied gauche. De ses bras il sollicita ses muscles tout en cherchant du pied droit une accroche moins lisse que d'la bave de crapaud. A bien y réfléchir, c'était plutôt eux les batraciens, tout leur monde était rempli de ces algues purulentes et visqueuses. Même leurs yeux, adaptés aux mers profondes, semblaient plus vitreux que ceux des hommes, presque globuleux à la manière des poissons. Et dire qu'ils se trouvaient beaux en plus!

D'un nouvel effort, Raygon se hissa au sommet du rocher, la paroi rugueuse enfonçant ses côtes et lui coupant la respiration. Aplatit, ménageant ses forces avant de se relever, il vit avec horreur que Valone venait d'ouvrir sa sacoche.

« Ferme ce sac tout de suite poisson pourri ou je te jure que je... » Sa phrase mourut entre ses lèvres au moment même où elle sortait le délicat ouvrage. Gulliver avait beau avoir traversé des océans de dangers, le papier qui avait couché sa vie ne durerait pas plus d'une seconde dans l'eau. L'encre des lettres se dilueraient, se détacherait des pages, emportant par le fond les personnages du recueil. Incapable de prononcer un mot, Raygon se redressa à demi sur ses genoux, accroupi, suivant des yeux comme un prédateur les cercles vicieux que dessinait la sirène devant lui. Tout son être la maudissait pour son étroitesse d'esprit, son mépris des biens sacrés et de l'écriture. Elle ne pouvait pas comprendre ce que signifiait ce bouquin pour lui. Il était à Raygon, ce que les ours en peluche, les totoches et autres immondices inutiles étaient aux bambins baveux, un compagnon, un réconfort, une trace de son passé, avant Neverland. Mais bien sûr elle, n'avait jamais rien connu d'autre que ces îles, et ce, pendant des milliers d'années. L'ennui, la poussait au vice aussi bien que sa misérable existence la poussait à vouloir la voir se refléter sur les autres et il la détestait pour cela. N'osant cependant exprimer ses idées à voix haute, il se contenta de lui lancer un regard si noir que même la sirène ne pourrait être insensible à la lueur de détresse qu'elle pourrait lire au fond de ses prunelles.

Il eut presque un haut le cœur lorsque les doigts fins et passablement trempés de Valone crissèrent sur la feuille. « Arrête, je t'en su... arrête... » Sa main s'était dressée, comme si la magie de Neverland s'y était tout un coup déversée, et que d'un mouvement un seul le bouquin se serait vu aspiré par sa main. Mais rien ne se produisit. Ses doigts tremblaient juste, de colère, de peur, de froid. Il n'avait pas le choix que de redescendre de ce put*in de rocher et d'entrer de nouveau dans ce liquide avide de chaire humaine. Mais il ne lui ferait pas le plaisir de s'y jeter sans réfléchir comme la fois précédente. D'un geste rageur il entreprit de délasser ses chaussures et de les jeter au loin, sur le bout de la plage, elles ne seraient qu'enclume à ses pieds. Il décida de garder sa chemise, elle était assez épaisse pour lui prodiguer la mince source de chaleur qu'il pourrait garder une fois dans l'eau. Le contact froid d’une lame, retenue par un ceinturon contre ses côtes le rassura. Après tout, il entrait dans un territoire où Valone avait toutes les compétences requises pour le tuer de mille et une façon, autant s’y préparer.

« Je vais venir le chercher la sardine ! Et tu n’vas pas aimer c’que tu vas  voir ! »

Mue par son nouvel objectif, son cerveau d'inventeur travaillait à cent à l'heure et c'est sans quitter la sirène des yeux qu'il choisit, avec un léger sourire provocateur de retirer son pantalon en laissant la ceinture passée aux boucles. Il était sûr de la voir grimacer devant un demi corps d'homme nu, enfin presque nu, il gardait son caleçon tout de même. Histoire de ne pas choquer la belle et que dans un élan de dégoût, elle fasse tomber son précieux roman. D'un geste sec il noua les deux jambes de pantalon entre elle. La phase délicate de l'opération pouvait commencer et Raygon savait que la sirène n'en perdrait pas une miette, l'observant de son œil bleu moqueur. Entamant la descente le long du rocher, l’eau gelée entra en contact avec ses orteils et le jeune homme se força à ne pas les retirer tout à trac. Il imagina un bon feu, sentant presque les flammes lui lécher les pieds et se laissa glisser dans l’eau. Avant que son buste n’atteigne la surface il passa par dessus lui le pantalon noué, le tenant par la ceinture et lui fit gober l’air suffisant dans sa chute.

Le contact de l’eau glacée, une deuxième fois, sur tout son corps lui tira un grognement sourd et il se força à enfoncer l’ouverture du pantalon trempé dans l’eau. L’air emprisonné gonfla le vêtement qui s’étira en un boudin en cercle que Raygon passa promptement autour de son cou, telle une bouée de sauvetage. La moindre parcelle de sa peau se hérissa et tous ses muscles furent pris d’un violent spasme qui se mua en tremblement constant. Battant par réflexe l’eau de ses pieds, il avança le corps gelé mais l’esprit déterminé vers la sirène en murmurant contre l’eau glacée qui étreignait déjà ses poumons.

« Maintenant, rend…. le … moi. »

© Gasmask


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