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 What kind of men || Mataku
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Message Sujet: Re: What kind of men || Mataku What kind of men || Mataku - Page 2 EmptySam 17 Sep 2016 - 14:11

What kind of men
Mataku & Cheyenne

Did I build a ship to wreck ?





Frapper. Exorciser. Le malêtre qui l'habitait ne s'évaporerait pas en quelques secondes, pourtant un poids venait de se volatiliser de ses épaules. Le pouvoir de la douleur, Cheyenne n'y avait jamais cru mais le voilà en proie au doute. Blesser son meilleur ami, son frère de coeur, ne l'enchantait pas mais sa rage dépassait l'entendement. Bien trop puissante pour qu'il puisse résister, surtout suite aux provocations du guérisseur, Chey n'était qu'un canon duquel on avait allumé la mèche. Le boulet se devait, inévitablement d'être expulsé. C'était un simple fait, une vérité que Mataku semblait avoir assimilée puisqu'il encaissa presque sans broncher.

Heureusement, le Piccaninny ne s'acharna pas. Sa volonté n'était ni de faire du mal à son ami ni de se servir de lui comme cible. Sa colère apaisée, le pêcheur secoua la tête et s'assit à côté de son frère. Ils formaient une bien étrange paire à cet instant. Chey fut tout de même soulagé de sentir le poing de Mataku contre son épaule, d'entendre ces quelques mots qu'il lui avait lancé. Voilà qui remettait les pendules à l'heure. Les deux Piccaninnys restèrent assis quelques instants, dévorés par la nature de cette forêt luxuriante et soulagés du poids de la culpabilité.

- Hmm ...

Maugréant, Cheyenne devait concéder à Mataku qu'ils ne trouveraient rien ni personne dans cette pénombre. Pas comme ça, pas en fonçant tête baissée et en s'arrachant la tête en cours de route. Il leur fallait plus, mieux que ça. Le pêcheur acquiesça d'un hochement de tête. Le guérisseur proposa de rebrousser chemin au cas où la demoiselle aurait retrouvé la route du camp entre-temps et de peut-être, organiser une battue plus importante le lendemain. Cheyenne prit un instant pour y réfléchir. Il se devait d'avouer qu'ils n'iraient pas bien loin et lui-même, après cette petite prise de tête, se sentait bien plus libéré et moins accablé par la perte et l'absence.

- D'accord.

Résigné, l'indien se releva et suivit Mataku sans trop broncher. Ils firent quelques pas, respectant un silence qui apaisa davantage Cheyenne. Son ami lui lança alors une question qui le prit de court. Mataku s'intéressait à la pêche, peut-être n'était-ce qu'une vaine tentative pour détendre l'atmosphère et parler de tout et de rien entre amis ? En tous cas, son entêtement à vouloir maintenir le dialogue, à vouloir réi-nstaurer sans plus attendre quelque chose entre eux, toucha Chey.

- Les poissons sont ... étranges.

Il marqua une petite pause, ne sachant trop comment expliquer à Mataku la sensation qu'il avait lorsqu'ils rejoignaient les créatures sous-marines dans leur élément. Il chercha ses mots, tentant de ne pas passer pour un paranoïaque face à son meilleur ami.

- Ils ont l'air prêts à réagir. Lorsque je m'approche de l'un d'entre eux, il redouble de vigilance et paraît plus ... sauvage.

C'était absurde de dire d'un animal sauvage qu'il avait l'air plus sauvage. Pourtant, c'était le cas. Les poissons n'avaient pas une mémoire collective, ils ne se laissaient pas facilement approcher mais n'étaient pas non plus impossibles à débusquer. Dernièrement, ils semblaient plus aux aguets, plus réactifs.

- En tous cas, je suis heureux de parvenir à pêcher encore un peu. Je crains le pire quand les végétaux n'auront plus assez de lumière.

Son regard se baissa, se voila légèrement. Cheyenne ne voulait pas s'imaginer l'instant où ils devraient se résumer à quelques poissons, quelques bouts de viande et de rarissimes plantes n'ayant pas besoin de la lumière du soleil pour pousser. Pour eux qui vénéraient les éléments de la nature, ce serait le début d'une longue période de mélancolie. Et clairement, lui, n'avait pas besoin de ça dans sa vie à l'heure actuelle.

- Espérons que les esprits entendent nos prières au plus vite.

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Message Sujet: Re: What kind of men || Mataku What kind of men || Mataku - Page 2 EmptyJeu 29 Sep 2016 - 21:40




What kind of men


feat. Cheyenne



     C’est un sujet banal, un peu comme la pluie et le beau temps, n’importe quoi d’ordinaire puisqu’il veut à tout prix éviter de parler de ce qu’il a perdu. Je me souviens avoir eu de ces phases moi aussi, quand on m’a pris Ena. Des phases ou j’aurais étripé la première personne qui aurait osé prononcer son nom, d’autre où j’aurais noyé tout le monde dans un ennuie dépressif à ressasser les précieux souvenirs que je pouvais partager.  On me l’a prise… quel égoïste je fais une fois de plus. Je n’avais pas l’exclusivité de cette douleur, bien au contraire. Ma petite princesse a du souffrir bien plus que moi de la disparition de sa mère. Lui non plus, Cheyenne, n’est certainement pas le seul à en pâtir. Je doute que … ait laissé le choix à leur fille en partant et je veux croire que toutes les petites filles du monde aiment leur père comme Selyne. Mais puisque c’est de lui qu’il s’agit aujourd’hui, de cet ami en proie à une peine qu’il a du mal à gérer, je me plie à son choix.

     Les poissons sont étranges qu’il dit. Et durant le cours silence qui suit avant qu’il ne reprenne, je cherche en vain le sens de cette phrase. Étrange, ça peut vouloir dire tout et sont contraire. Qu’est ce qui est étrange ? Leur comportement de ces derniers temps ou bien les poisons eux-mêmes en règle général ? Les deux probablement, dans une certaine mesure. C’est d’ailleurs ce qu’il confirme plus ou moins quand il poursuit. J’esquisse un sourire en coin lorsqu’il décrit la réaction de ces créatures à son approche quand il pèche. Je voudrais lui dire que n’importe quel animal sensé se tiendrait aux aguets en voyant débouler un indien aux larges épaules dans leur environnement comme un cheveux sur la soupe. Mais cette fois, je retiens la réflexion qui me vient. Ce n’est pas là un sujet sensible, pas à ma connaissance du moins, mais je garde mon cynisme pour moi. Au lieu de ça je reste des plus terre à terre. «
 Il n’y a pas que les poissons. Cette obscurité tient les animaux en alerte, tous autant qu’ils sont. Les créatures au bas de l’échelle alimentaire savent qu’ils sont plus vulnérables ainsi, seuls les prédateurs, les loups entre autre, y trouvent leur compte je suppose. »

     Il évoque ensuite les prières que chacun fait pour le retour du soleil et je ne peux m’empêcher de lever les yeux vers ce ciel noir, du moins ce qu’on peut en apercevoir à travers les frondaisons. Dois je lui dire le fond de ma pensée ? Cette frayeur pessimiste qui me ronge les entrailles ? Peut être. Pour reporter son attention et ses angoisses sur un autre problème. Ainsi je me lance, prenant une grande inspiration presque aussitôt relâchée dans un soupire. «
 J’espère seulement que la chose, la force, la.. quoi que ce puisse être, qui nous prive de lumière et de chaleur, n’a pas suffisamment de puissance pour les rendre les esprits sourds à nos prières. J’ai vu un homme en ville l’autre jour, ou l’autre nuit qui sait, qui priait son dieu. J’ai oublié son nom, il n’a pas d’importance, mais il ne semblait pas être plus entendu que nous puisque la nuit est toujours là. Tout ceci est le fruit d’une puissante magie si tu veux mon avis. Bien trop puissante a mon goût. » Une magie oui, là dessus, personne ne me contredira. Je n'ai en revanche aucune idée d'où elle peut venir. De l'île elle même ? Peut être.

     Déjà, il me semble reconnaître le sentier sur lequel nous marchons, malgré la pénombre ces derniers mètres avant le camp je les connais par cœur. J'aurais aimé prolonger cette conversation, cette pirouette pour lui faire parler de n'importe quoi sauf de ce qui lui pèse vraiment. Alors quoi, dois je tenter d'insister là dessus tant qu'il nous reste du chemin ? Peut être évoquer avec lui mon idée d'aller chercher des alliés à notre porte, chez nos cousins et frères des Unamis. «
 Ils en sont tout autant inquiets tu sais ? De l'autre coté de la réserve. Eux aussi ils prient. Les proies de leurs chasseurs aussi sont sur le qui vive. Peut être devrions nous en profiter pour nous souvenir que nous ne sommes pas si différents face à tout ça. » Il sait que le sang dans mes veines est issu des deux tribus, il sait que je ne suis pas de ces obtus trop attachés à de vieilles rancœurs. Mais peut être pense il comme beaucoup qu'il est encore trop tôt, nuit ou non, et son avis m’intéresse.



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Message Sujet: Re: What kind of men || Mataku What kind of men || Mataku - Page 2 EmptyDim 20 Nov 2016 - 16:15

What kind of men
Mataku & Cheyenne

Did I build a ship to wreck ?





Avoir exorcisé sa rage lui avait rendu un semblant de raison. Cheyenne pouvait désormais discuter avec Mataku, son vieil ami, sans avoir envie de l'étriper sur place. Les deux hommes choisirent donc un sujet des plus banals pour éviter tout débordement. Le pêcheur expliqua à son ami le comportement de la faune qui différait du passé. Le guérisseur souligna un fait, il n'y avait clairement pas que les poissons atteints ! Beaucoup d'animaux étaient sur le qui-vive. Certains, d'ordinaire plutôt du genre à passer leur chemin, se tenaient en position d'attaque. Chey avait évité à tout prix le marais kisipère ou pire Crocodile Creek car là-bas, avec l'agitation de la faune locale, ce devait être un terrain miné. L'indien acquiesça d'un faible hochement de tête. Etrange situation, bien étrange.

Cheyenne fut frappé par les propos un brin pessimiste de Mataku. Le pêcheur fronça les sourcils, qu'importe la force qui obscurcissait Neverland, jamais elle ne serait de taille face à la nature elle-même. Les esprits étaient la forme la plus pure et la plus ancestrale de magie, Chey avait toute confiance en eux. Toutefois, le Piccaninny pouvait comprendre que son compagnon de route se soucie de ce genre de problèmes. Ils étaient dans l'inconnu, dans le flou total. Impossible pour eux d'en savoir plus, ils devaient attendre. Tels de faibles petits agneaux patientant que le loup ait assez faim pour les dévorer. C'était frustrant et insupportable pour des gens, qui comme eux, avaient l'habitude de prendre leur destin en mains.

- Ne te laisse pas dépasser par les évènements, les esprits sont là pour nous protéger. Tu verras.

Dans un geste amical habituel, Cheyenne pressa de la main l'épaule de son meilleur ami. Il se rappela ensuite qu'ils s'étaient embrouillés quelques instants auparavant mais cette futile prise de tête lui parut plus absurde que jamais. Le pêcheur entendit ensuite Mataku lui parler des Unamis. Sujet complexe. Les deux tribus divergeaient au niveau de leurs points de vues. Chacun avait une culture bien à elle, des préceptes et des moeurs différents. Cependant, Chey était du même avis que son ami, ils n'étaient au final que des indiens. Vénérant tous les mêmes esprits, respectant les mêmes lieux saints, obéissant à des règles quasiment identiques dans l'absolue. Mais la réalité restait telle qu'aucune des deux tribus n'était prête à abolir ses barrières.

- Je suis d'accord avec toi bien que ça demandera du temps ... L'entraide entre nos tribus est primordiale si d'autres épreuves plus sombres encore nous attendent !

En effet, Cheyenne prônait l'amitié et la force dans le nombre. Les indiens avaient déjà pu faire preuve d'ouverture d'esprit à ce sujet notamment lors des différentes cérémonies de passation du flambeau. Ils étaient capables de s'entraider mais encore faudrait-il qu'ils en aient l'envie. Chey tourna la tête vers le guérisseur, Mataku semblait intéressé par un rapprochement mais mesurait-il réellement l'ampleur d'un tel changement ? Le pêcheur ne put se résoudre à ne pas pousser l'investigation un poil plus loin.

- Tu aimerais donc que nos tribus se rapprochent. Moi aussi. Mais ça m'étonne venant de toi. Tu n'es pas seul et tu sais comment les Unamis traitent leurs enfants et leurs femmes ... je doute que ce soit ce à quoi tu aspires pour Selyne.

Cheyenne ignorait beaucoup de choses à propos des Unamis mais il les savait assez fermés au monde extérieur. Leurs enfants ne gambadaient pas dans les prairies avec les enfants perdus, bien au contraire. Et bien que mené par une femme à la tête de leur tribu, ils ne les considéraient pas automatiquement comme leurs égales et elles devaient souvent faire preuve du double d'effort pour être reconnue parmi les leurs.

- Peut-être l'influence de notre tribu sur la leur pourrait faire évoluer leurs jugements, et vice versa.

Il haussa vaguement les épaules. Une réunification des deux tribus n'était de toute façon pas à l'ordre du jour ...
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Message Sujet: Re: What kind of men || Mataku What kind of men || Mataku - Page 2 EmptyDim 20 Nov 2016 - 21:43




What kind of men


feat. Cheyenne



Quelqu’un comme cet ami qui m’accompagne ne pourrait que s’étonner d’entendre des mots si pessimistes franchir mes lèvres, moi qui ai tendance à jouer le plus souvent le rôle de celui qui force les autres à voir la cruche à moitié pleine quand bien même je devrais leur mentir pour cela en masquant mes propres frayeurs. Pourtant je les ai bien prononcés, ces mots, et c’est dans un geste qu’il veut rassurant et fraternel, je le sais, malgré notre différent de tantôt, qu’il m’enjoint à garder à l’esprit que rien n’est encore joué et que les ancêtres veillent sur nous. Ainsi c’est avec un soulagement non dissimulé que je retrouve cet ami, ce frère, dans ces petits mots qu’il prononce, dans ce geste pourtant anodin, et bien que je ne m’attarde pas dessus, préférant rebondir sur cette autre idée qui me trotte dans la tête depuis quelques temps, je décide de garder ce geste et cette phrase bien ancrée dans mon esprit, comme un de ces souvenirs si précieux auxquels on se raccroche lorsque les choses tournent mal et qu’on cherche un repère, une balise, dans l’obscurité.

Et c’est avec le même soulagement que j’écoute attentivement son avis quant à mon évocation peu subtile de l’idée d’une trêve plus que durable entre les deux tribus de notre peuple. Primordiale, le choix de ses mots est plus qu’approprié. Mais primordiales aussi sont les questions qu’il soulève ensuite et que j’avais moi-même choisi d’ignorer, les trouvant jusque-là dérisoire face à tout le reste. Pourtant, pourtant il a raison, Cheyenne, quand il évoque les différences de meurs entre les Unamis et nous. Il a raison et j’esquisse un rictus à l’idée qu’un de nos cousins vienne essayer de m’apprendre à élever ma fille. Je lui souhaite bien du plaisir, d’un part parce qu’il n’est pas encore né celui qui saura me faire changer d’avis à ce sujet, et de l’autre parce qu’il faudrait bien plus que cela pour arriver à faire rentrer mon chaton sauvage dans le rang. «
Je sais tout ça mon ami, mais comme tu viens de le souligner, nul ne sait encore quelle influence chacun aura sur l’autre. Et.. tu connais Selyne presque aussi bien que moi, elle n’est encore qu’un demi bout de femme mais il n’est pas un homme qui soit capable de la faire tenir en place. Qu’il vienne d’une tribu ou de l’autre, je payerais cher pour voir les efforts de celui qui sera son époux pour la faire rentrer dans un quelconque moule prédéfini. » Voici enfin une véritable occasion de rire de bon cœur et je ne m’en fais pas prier, espérant de tout cœur qu’il se joigne à moi.

La suite me vient alors comme une évidence, le résultat de ces dernières phrases échangées, de tout ce qu’elles soulèvent. «
Mais si tu as raison, non, puisque tu as raison, et puisque les esprits veillent sur nous, cette nuit prendra fin bien avant que nous parvenions à raisonner les Unamis et… encore une fois non… que nous parvenions à nous raisonner. C’est peut-être par là qu’il faut commencer, nous et non pas-ils. Toutes ces querelles remontent à si longtemps, qui pourrait dire si la faute revient vraiment à l’un des deux camps et auquel. Qu’importe… puisque je veux croire que tu as raison et que le soleil repointera bien vite le bout de son nez, bien avant que quelques négociations aient put être entamés. Même l’île est moins têtue que le sont nos chefs. » A nouveau, je laisse éclater un rire détendu et je me surprends à croire en ces mots que je prononce. « Et personne n’est encore assez désespère pour aller leur en parler de toute façon. » Quoi que je suis moi-même allé trouver une guérisseuse Unamis pour lui soumettre une idée proche de celle-ci.. mais il n’en sait probablement rien et quand bien même, il n’était pas question d’unifier nos tribus mais simplement d’un peu d’entraide.





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Message Sujet: Re: What kind of men || Mataku What kind of men || Mataku - Page 2 EmptyDim 4 Déc 2016 - 18:40

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Mataku & Cheyenne

Did I build a ship to wreck ?





Leur querelle appartenait déjà au passé, Cheyenne n'aurait pas pu en vouloir longtemps à son meilleur ami. Mataku était l'un des rares à être restés. Après la perte tragique de son petit frère quand ils n'étaient que des enfants, après la mort naturelle de ses géniteurs, le lâche abandon de son épouse et la disparition de sa fille au passage. Après tout ça, Chey n'avait plus eu beaucoup de points de repère au sein même de sa propre tribu. Se fâcher pour de bon avec Mataku aurait sans doute était la pire chose qui ait pu lui arriver à ce stade.

Les deux hommes avaient donc repris leur marche, laissant leur conflit éphémère derrière eux pour s'attaquer à des sujets plus grands, frôlant la philosophie. Mata avait de beaux projets pour les deux tribus indiennes, une utopie que Cheyenne aurait volontiers approuvée s'il n'y avait pas une partie de réalisme à prendre en compte. Le pêcheur rappela à son ami certaines divergences qui risquaient de causer de longs tourments aux peaux rouges en cas de réunification. Ils en vinrent même à parler de Selyne, l'adorable fille du guérisseur qui ne ratait jamais une occasion de faire savoir qu'elle était bien présente. Cheyenne l'adorait comme une nièce, comme si Mata et elle faisaient entièrement partie de sa famille.

- C'est vrai qu'il devra s'accrocher !

Chey ne put retenir son rire lui aussi. Malgré son jeune âge et sa bouille d'ange, Selyne avait déjà démontré à tout un chacun qu'elle était capable d'avoir un caractère bien affirmé. Elle ne se laissait pas marcher sur les pieds et inutile d'essayer de lui ôter une idée précise de la tête ! Le pêcheur était tout de même heureux qu'ils en soient finalement arrivés à rire ensemble. Au départ de leur petite virée dans la nature, ça ne semblait pas aussi bien parti.

Mata sembla retrouver un peu d'optimisme, caché derrière sa pointe de scepticisme. Cheyenne acquiesça à ses propos. Les esprits veillaient et veilleraient toujours sur eux. Aussi longtemps que la nature serait encore vivante et que Neverland tiendrait le coup. Chey pouffa à nouveau de rire en entendant la remarque sur leurs chefs. La chef des Unamis était particulièrement têtue ! Le pêcheur ne doutait pas un seul instant que le combat pour réunir les deux tribus sous un étendard unique, n'était pas prêt à s'achever. Pas avec des tempéraments aussi forts dans la balance.

- Un jour peut-être, ce sera une option viable.

Le pêcheur n'y croyait pas. Pas encore. Beaucoup trop de choses séparaient les Piccaninnys des Unamis et vice versa. Ils étaient opposés sur de nombreux points et les concessions auraient été trop fortes, l'équilibre aurait été rompu. La solution à ce problème se situait dans de petits pas, lents et mesurés, l'un vers l'autre. Que chaque tribu travaille sur elle-même, tout comme Mataku l'avait mentionné. Ensuite, ils pourraient travailler sur leur ensemble.

- Nous voilà arrivés.

Les deux hommes s'avancèrent et tombèrent sur une scène imprévue ... Le vieil homme recherchant sa fille, les yeux plein de larmes, serrait son enfant contre son coeur. Le pêcheur esquissa un sourire bienveillant. Il était heureux que les choses se terminent bien et sans encombres. Chey se tourna vers le guérisseur et lui adressa un regard entendu. Mata avait raison depuis le début mais la fierté du pêcheur l'empêcherait de le formuler à voix haute. En contrepartie, l'indien donna une bourrade dans le bras de son meilleur ami et lui fit signe de le suivre d'un mouvement de la tête.

- Allez oublions tout ça et rentrons voir si Selyne n'a pas mis feu au tipi !

Il pouffa de rire et prit la route qui menait à la demeure du père et de sa fille.
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Message Sujet: Re: What kind of men || Mataku What kind of men || Mataku - Page 2 EmptyJeu 19 Jan 2017 - 19:14




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feat. Cheyenne



   L’entendre rire de bon cœur de la sorte m’est la plus agréable des choses. Enfin, enfin, il me semble qu’il oubli le reste l’espace d’un instant et je ressens cette profonde satisfaction du travail accomplis. La route sera encore bien longue pour lui avant qu’il ne parvienne à inverser les choses dans son esprit et que plutôt que de n’être que de brèves lueurs d’espoir au milieu de la marée de tourmentes qu’il traverse, ces instants d’insouciances ne deviennent la lumière englobant de pales ombres de chagrin. Le temps fera son œuvre comme il sait si bien le faire. Peut-être est-ce cette idée qui me pousse à faire preuve d’un brin d’optimisme, moi qui suis d’ordinaire homme à voir le panier à moitié vide plutôt qu’à moitié plein. Et lorsque j’évoque la possibilité que nos cultures changent pour finir par s’unir, je réalise à quel point je crois en cette idée et de combien elle a déjà dépassé depuis longtemps le stade de la simple pensée dans mon esprit pour devenir presque une lubie. Un jour peut-être, qu’il dit. Un jour certainement, j’en suis certain. Un jour où nous n’aurons plus le choix tout du moins si nos chefs ne parviennent pas à se raisonner d’ici là.

   Et la scène qui se déroule sous nos yeux comme nous avançons dans le camp ne fait qu’apporter un peu d’eau à mon moulin. Je risquerais presque de devenir un de illuminés qui voient la vie en couleur quoi qu’il arrive et ne doutent pas un seul instant que le destin, les Esprits, ou tout le reste, puisse lui réserver un sort néfaste pour peu qu’il croit simplement en son bonheur. S’il suffisait d’y croire.. et pourtant la réunion qui a lieu devant nous a de quoi faire pencher la balance du côté de ces rêveurs-là. Je me garde bien de le signaler à mon ami, trop heureux de voir les choses se terminer ainsi pour prendre le risque de le froisser de nouveau en lui rappelant que quelque part… même si je n’y croyais pas moi-même, j’avais raison de prétendre espérer un dénouement heureux. Il n’aborde pas non plus le sujet, se contentant de garder sur le visage la bonne humeur que tout ceci lui inspire. C’est moi, en revanche, qui affiche un regard inquiet lorsqu’il émet l’hypothèse que ma princesse ai pu commettre encore quelques maladresses. Le feu ? Il ne manquerait plus que cela !

   Lui emboitant le pas, je reste perdu dans mes pensées, les laissant malgré ma volonté de garder le sourire, vagabonder à quelques suppositions sur ce qu’aurait pu être cette.. promenade si les choses avaient dégénérées. Cesse de te torturer Mata, les choses se sont bien passées, au-delà de tes espérances même. Cette constatation fini par faire son bonhomme de chemin dans mon esprit et le temps que nous arrivions à notre destination toute idée d’échec m’a déjà échappé. Les choses sont très bien comme elles sont. Toutes les choses. Même ce petit brin de femme, droite comme un i, debout devant la porte, bras croisés, les sourcils froncés et le ton sévère. « Où vous étiez passés vous deux encore ? Vous partez chercher des gens, comme ça, sur un coup de tête, mais qui part vous chercher vous quand vous disparaissez si longtemps hein ? J’ai failli monter une expédition moi aussi. » J’arque un sourcil en attendant la chute de cette mauvaise plaisanterie. « Papou, mon Papou, allons ne fait pas cette tête, tu sais très bien que j’ai pas le droit de sortir sans ta permission. » Que pourrais-je répondre à cela alors qu’elle se précipite déjà dans mes bras non sans m’avoir tiré la langue et adressé un clin d’œil complice au pécheur à mes côtés. Aucun de nous trois n’est dupe. Si elle avait voulu nous rejoindre, elle l’aurait fait, permission ou non.





To be continued...



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