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 Troubled spirits on my chest where they laid to rest. (Freya & Lamar)
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Message Sujet: Troubled spirits on my chest where they laid to rest. (Freya & Lamar) Troubled spirits on my chest where they laid to rest. (Freya & Lamar) EmptyDim 9 Avr 2017 - 11:21



Troubled spirits on my chest where they laid to rest.

Freya & Lamar


Il y avait quartier libre pour la semaine le temps de faire fortifier la coque et de réparer les mats endommagés par la tempête. Le Royal Fortune était enfin arrivé à port et son départ se ferait pour bien plus tard. Ce fut avec soulagement que Lamar posa pied à terre, lui qui n’était toujours pas habitué au rythme de vie toujours secoué par la houle sous ses pieds, il lui arrivait encore d’être malade. Puisque l’on n’avait pas besoin de lui ce jour-ci, il avait pris ses quelques affaires et s’était enfoncé dans la ville portuaire. L’agitation ici l’impressionnait toujours autant, de son regard d’indien, certaines choses encore pouvaient le surprendre et à vrai dire il était certain de ne jamais réellement comprendre leur mode de vie. Alors Lamar ne s’intégrait que très peu, la plupart du temps il vaquait à d’autres occupations en solitaire. Notamment à ce moment là, ce qu’il recherchait en prenant le chemin des portes de Blindman’s Bluff, c’était le contact avec la nature, se retrouver seul avec elle et se ressourcer. Après plusieurs semaines sans avoir vu la moindre petite herbe, c’était avec une réelle motivation que ses pas furent imprégnés de hâte. L’indien se faufilait entre les silhouettes, il avait beau être grand il était ici comme un fantôme – si au départ sa présence avait surpris, aujourd’hui il faisait parti du décor, on s’était habitué à le voir et à ne plus se demander ce qu’il faisait loin de son campement.

Le principe de clan ici ne semblait plus exister, les gens allaient et venaient entre les villes, un mélange pour le moins surprenant car amis et ennemis se côtoyaient sur le même territoire. A plusieurs reprises il s’était demandé comment cela pourrait fonctionner si les Piccaninny et les Unami faisaient de même et unifiaient leurs villages pour laisser de côté toute animosité. Un rire lui fut arraché à cette pensé ; pourquoi s’en souciait il ? Lui qui avait été exclu. L’indien fit une halte dans une boulangerie pour acheter une miche de pain et de la viande séchée qui lui servirait de repas pour ce jour-ci, puisqu’il ne comptait pas chasser, attiré par la facilité qu’était de se restaurer ici : de la nourriture contre de l’or ; L’honneur du chasseur n’existait pas, le respect du cycle de la vie non plus, il n’y avait qu’à donner ses pièces et ne pas se soucier du reste. Ceci rangé dans sa besace, il continua son chemin jusqu’à se retrouver à l’orée de la ville et remonta instinctivement vers le Nord Ouest.

Il savait qu’il n’était pas bienvenu dans cette zone là, mais ne comptait pas s’approcher des territoires Indiens. Il voulait juste y être assez prêt pour retrouver un semblant de foyer, car il avait beau prétendre le contraire cette vie là lui manquait terriblement. Le pirate s’enfonça dans les hautes herbes, marchant en silence, il appréciait le vent qui venait à lui car ce dernier avait ces senteurs boisées et aromatiques qui lui étaient familières ; tandis qu’en mer, ça sentait l’iode à plein nez. Emplissant ses poumons de cet oxygène pur et revitalisant, il était enfin seul, il n’y avait plus les cris du second, ni les railleries des membres de l’équipage, pas de mouettes, pas de coups de feu, ni ces constants sons de cordes venant se heurter contre le bois ; non ici il n’y avait rien que le vrai monde, la vie dans le sens premier et qui lui avait terriblement manqué. L’indien stoppa son voyage après quelques longues heures de marche et s’arrêta près du ruisseau bordant la première frontière invisible du territoire indien. Le lit de celle-ci était étroit à cette époque là de l’année mais l’eau y était toujours fraiche. Lamar en profita pour se baigner, nettoyer toute cette crasse sur sa peau à cause de ces jours en mers, et une fois complètement immergé il se sentait bien mieux. Ce retour aux sources, il le faisait régulièrement depuis qu’il était devenu pirate, depuis qu’il avait repris le gout de la vie et qu’il avait cessé de se laisser mourir sur les trottoirs de Blindman’s Bluff, alors un sourire fin se dessina sur ses lèvres, une fois propre, il sorti de l’eau, se sécha et enfila des vêtements neufs. Il décidait ainsi de camper dans le coin pour quelques jours.

Il monta alors un campement, n’ayant pas oublié ce qu’on lui avait appris chez les Piccaninny pour se construire une cabane solide qui l’abriterait du vent et de la pluie au cas où. Alors il passa un long moment à rassembler les branches, à couvrir le toit de larges feuilles et quand la nuit tomba il fit un feu de camp pour se réchauffer. La nuit était silencieuse, mais il savait qu’il n’était pas seul. Il y avait sans doute une centaine d’animaux sauvages dans les alentours, petits comme grands, la nature jamais ne dormait.

Au lendemain matin, alors qu’il avait passé une nuit paisible dans son cabanon, Lamar fut réveillé par des bruits anormaux provenant d’un peu plus loin. Il se leva en sursaut, devinant qu’il s’agissait d’indiens sans doute venus chasser. Le cœur cognant dans la poitrine sous l’effet de l’adrénaline, Lamar s’empressa de quitter son petit campement avant que ces derniers soient attirés par l’odeur du bois brûlé et de cendre de son feu de camp éteint. Il entreprit alors d’aller se cacher plus loin dans les fougères, le regard rivé sur l’endroit qu’il avait quitté pour vérifier qu’il n’était pas menacé. Il avait eu le temps de récupérer son sabre, prêt à en faire usage si nécessaire. En attendant il restait dans l’ombre, silencieux.




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Message Sujet: Re: Troubled spirits on my chest where they laid to rest. (Freya & Lamar) Troubled spirits on my chest where they laid to rest. (Freya & Lamar) EmptyLun 5 Juin 2017 - 0:37

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Lamar & Freya
Trouble on my left, trouble on my right, I've been facing trouble almost all my life, My sweet love, won't you pull me through?▬ Trouble Cage the Elephant


Alors que le premier roitelet chantait son trille matinal, elle ouvrit les yeux. Là, entre les pans de tissus de sa hutte indienne, un coin de ciel bleu s’ouvrait tel une fenêtre. Accroché à son pin de toute sa petite taille, le minuscule oiseau à la huppe solaire s’égosillait immanquablement chaque jour, s’étant donné pour mission de faire lever la guerrière avec la minutie de son homonyme à deux notes. Passant les coudes au dessus de sa tête, Freya étira ses muscles, déroulant son dos tel le félin qui sommeillait en elle. Posant sa tête sur ses mains en coupe, elle leva son regard clair sur le petit passereau, s’amusant à siffler un semblant de chant à son soupirant de l’aube. Apparemment déçu de la réponse, l’oiseau s’envola sans demander son reste.
Freya inspira longuement, profitant des dernières minutes de calme avant que le quotidien ne rattrape le campement. Aujourd’hui, elle se débrouillerait encore pour partir avec les chasseurs. Aspirant au mouvement et à la cacophonie harmonieuse de la nature. Elle plongea ses mains dans l’eau claire d’une vasque et s’en arrosa le visage, procédant à une rapide toilette et inspection de ses armes. Sans un regard en arrière, elle passa le seuil de son tipi vide pour gagner l’orée du campement. S’assurant sur le chemin que tout se déroulait au mieux, elle salua d’un signe de têtes les chasseurs déjà regroupés et prêts au départ. Freya n’était pas particulièrement douée à la chasse, elle manquait de précision à l’arc qu’elle trouvait encombrant et peu discret.
Aujourd’hui, ils étaient quatre, et elle s’assurerait de leur protection en temps que sentinelle des Unamis. Alors qu’ils gagnaient les sous bois, un jeune indien d’une quinzaine de printemps les rejoignit en gesticulant.

▬ « Freya Freya emmène moi avec toi !! S’il te plait ! ». La guerrière soupira, lançant au jeune Déimos un regard noir qui ne parut presque pas décontenancé l’adolescent dont le sang chaud et nourrit aux légendes de son peuple, n’aspirait qu’à l’aventure. Attrapant son apprenti sans ménagement par la nuque, la guerrière lui fit promettre le silence et l’observation. La jeune femme n’avait jamais été du genre maternel, mais transmettre son savoir et voir ses gestes calqués avec une admiration appliquée remuait son âme.

Ils passèrent le côté ouest de la forêt sur le fil de leur arc, les chasseurs prenant garde à respecter le cycle naturel de la vie, régulant les populations abondantes, épargnant mère et petits sans rencontre particulière. Cette absence de challenge poussait le jeune Déimos à s’éloigner du groupe de manière sporadique, cherchant le danger comme un pirate la bagarre. L’œil attentif de Freya le laissait vaquer, dominant leur coin de forêt d’un petit promontoire rocheux, jusqu’au moment où il revint tel un cabri en sautant par dessus les fougères, le regard pétillant.

▬ « Il y a un campement un peu plus au nord, je suis tombé dessus, il est encore chaud. C’est sûrement des pirates !»
Le sang de Freya ne fit qu’un tour et elle ordonna au gamin frondeur d’aller prévenir les chasseurs et de retourner au camp. Sautant à bas de son monticule, elle se dirigea rapidement vers le lieu indiqué par son apprenti, portant ses mains sur les longs poignards à sa ceinture. Elle en fit le tour, longuement, hésitante par prudence. Le campement était bien là, rudimentaire, à peine pour une personne. Aucun pirate ne s’aventurait seul à moins de vouloir mourir. Un habitant de la ville peut-être ?
C’est alors qu’elle remarqua l’agencement typique du feuillage sur l’abri de fortune, la façon caractéristique d’encercler les pierres pour le feu. L’indienne s’avança un peu plus, survolant de ses doigts les braises encore chaudes, notant de ses mains l’emplacement à tout point identique à celui des techniques Piccanniny. Pourquoi un picca serait venu sciemment sur les terres Unamis sans les informer par leurs signaux habituels ? Plus curieux encore, certains outils inconnus aux indiens et propres aux villes environnantes faisaient également partis du décor. Passant ses doigts dans les plumes de ses cheveux, Freya réfléchissait. Le départ précipité de leur échappé signifiait qu’il fuyait le combat, et n’avait donc pas d’intention belliqueuse, pour l’heure en tout cas. Alors qu’elle s’apprêtait à communiquer au groupe restant sa position, elle remarqua la terre légèrement meuble après la rosée. Et, comme des pattes d’oisillons à peine marquées, un sillon léger jusque dans les broussailles attenantes. Sortant d’un geste vif ses poignards, les yeux clairs de Freya sondèrent la végétation, soucieux, son corps soudain en alerte.

▬  Sortez, avant que je n'envoie mes lames le faire pour vous!



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Message Sujet: Re: Troubled spirits on my chest where they laid to rest. (Freya & Lamar) Troubled spirits on my chest where they laid to rest. (Freya & Lamar) EmptyLun 5 Juin 2017 - 16:39



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Freya & Lamar


En alerte par les bruits approchant de son camp, Lamar avait vu juste en prenant le réflexe de trouver une planque car quelques minutes après, le bruit des brindilles craquant sous les pas d’une tierce personne lui indiqua qu’il n’était plus seul. C’était pas de chance pour lui, lui qui ne cherchait pas de confrontation et se sentait tout autant fait comme un rat dans la situation dans laquelle il était. Les bordures Unami étaient certes proches, il n’était pas complètement sur leurs terres non plus, mais pouvait aussi deviner qu’il pouvait représenter une menace à leurs yeux et qu’ils se devaient de vérifier.

De là où il était il ne pouvait pas voir et s’assurer si c’était un groupe ou une personne seule dans le risque de se faire voir. Il voulait attendre, qu’ils se disent qu’il était simplement parti ou qu’il ne voulait pas avoir affaire à eux et s’en aillent sans demander leur reste. Mais bien sûr avoir de telles espérances frôlait la naïveté car cela prenait beaucoup trop de temps. Lamar ne bougeait pas, craignant même qu’on l’entende respirer et maintenait alors son souffle quand une présence se faisait trop proche de sa cachette.  Puis, une voix féminine perturba le silence,  menaçant d’attaquer s’il ne se montrait pas. Il n’avait pas eu le temps de faire mieux en matière de cachette, mais les indiens étaient de toute manière trop sensibles à leur environnement pour que l’on puisse facilement leur échapper. Un détail, qu’il avait oublié malgré lui et qui lui rappelait ô combien il était désormais loin de tout ça. Lamar n’était plus qu’un vulgaire pirate, un paria qui s’était finalement laissé corrompre par la facilité alors que cette dernière avait été la seule à lui tendre la main. L’indien se pinça les lèvres, n’ayant aucune envie de reddition et craignait surtout de se faire emmener dans le camp Unami. S’il se faisait faire prisonnier, les Piccaninny ne cherchaient pas à le récupérer, alors il craignait d’être ensuite exécuté dans un camp comme dans l’autre. Il n’était pas la bienvenue ici, pas sur ses terres et les divinités ne le laissaient visiblement même pas s’en approcher par nostalgie. Cette histoire aurait raison de ses souvenirs, décidant dès cet instant là de ne plus approcher ses terres natales qu’étaient le coin ouest de l’île.

Il doutait fortement qu’on le laisse s’en tirer juste s’il venait expliquer ce qu’il faisait là et qu’il ne cherchait pas à attirer d’ennuis même si tout se serait prêté à sa bonne parole : il était seul, il n’avait que des petits couteaux, rien de bien exaltant, rien d’utile pour une embuscade ou quoi que ce soit. Ils se montreraient méfiants envers lui et d’autant plus lorsqu’ils seraient informés qu’il était considéré comme traitre parmi les indiens. Alors Lamar inspira à pleins poumons, observa la silhouette de la jeune femme et détala comme un lapin dans le but de s’enfoncer dans les bois.  Lamar avait beau ne plus être au sein de sa tribu, il avait encore les capacités physiques d’un chasseur et était bien meilleur grimpeur depuis qu’il était gabier. Il savait qu’on allait vite repérer la direction dans laquelle il avait filé car il avait fait beaucoup de bruit mais comptait sur son agilité pour les semer finalement. Courant à travers les bois à s’en fatiguer le cœur, les branches à son passage vinrent égratigner sa peau. Il s’était attendu à essuyer des tirs de flèches, mais cela ne vint pas comme s’il n’y avait pas de groupe qui le poursuivait. Intrigué, Lamar fit alors l’erreur de passer le regard par-dessus son épaule, apercevant les mouvements de la forêt derrière lui et témoignant qu’il était bel et bien poursuivit. Son pied se prit dans une racine et l’indien roula sur plusieurs mètres avant de se retrouver dos dans la poussière.

Il n’avait plus l’habitude de se déplacer aussi vite en forêt, ayant aussi oublié à quel point ces lieux étaient imprévisibles comparé à la surface plate d’un pont. Grimaçant, l’indien se redressa et décida de se cacher en contrebas d’un ruisseau, comptant sur le clapotis de l’eau pour couvrir les sons de sa respiration saccadé et se tint également prêt à la surprendre dès qu’elle se montrerait par là. Avec quoi ? Il n’avait rien sous la main. Il pouvait essayer de l’immobiliser à mains nues en tenant en compte son gabarit sans doute bien plus imposant qu’elle, mais les guerrières Unami étaient parfois bien plus fortes que dix hommes alors c’était quitte ou double. Quoi qu’il en soit, il se tint prêt à se jeter sur elle.





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Message Sujet: Re: Troubled spirits on my chest where they laid to rest. (Freya & Lamar) Troubled spirits on my chest where they laid to rest. (Freya & Lamar) EmptyVen 7 Juil 2017 - 19:59

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Les broussailles masquaient sa vue, l’empêchant de percevoir une quelconque présence. Freya lança un coup d’œil par dessus son épaule, les poignards toujours en garde. Après tout, ces traces de pas pouvaient tout aussi bien être un piège, comme autant de miettes semées pour attirer le stupide oiseau qu’elle était. Peut-être étaient-ils beaucoup plus qu’une âme et s’apprêtaient-ils à refermer sur elle leur embuscade … Après tout, Freya commençait à avoir l’habitude des coups fourrés des autres peuplades et sa confiance en eux s’amoindrissaient comme peau de chagrin. Alors que ses mains se crispaient un peu plus sur les manches de ses armes, elle tenta de se rasséner en pensant à l’escouade de chasseurs avertis et donc déjà en route.

Elle resta immobile, tentant de capter le moindre son, souffle, odeur permettant d’identifier l’intrus. S’ensuivit un long silence tendu comme un souffle suspendu. Puis d’un coup d’un seul, la guerrière vit une ombre fugitive se mouvoir à une vitesse surprenante à travers les branchages. Il s’était bien terré là, et sa fuite prouvait qu’il était seul, et qu’il ne souhaitait pas engager le combat. Un autre indien l’aurait laissé filé, un piccaniny sûrement. Après tout, l’étranger n’était techniquement pas encore sur les territoires unamis. Mais Freya tenait à effacer l’impureté de son sang et à prouver sa valeur à sa tribu chaque jour que lui donnaient les esprits. Alors c’est sans hésitation qu’elle rengaina ses coutelas et prit la piste du fugitif.

La jeune femme n’eut que quelques mètres à parcourir pour s’apercevoir que l’ombre qu’elle poursuivait été rapide, trop rapide. L’avance qu’il avait prit sur elle suffirait amplement à la distancer jusqu’à passer la frontière invisible entre les Unamis et le reste du monde. Pestant, elle tenta par deux fois de prendre un raccourci. Elle avait beau connaître la forêt par cœur, piquer par une clairière pour gagner quelques secondes, elle faillit perdre la trace de son but et se fatiguait pour rien. Pour la première fois depuis la découverte du campement fumant, la guerrière douta. La dernière fois qu’elle avait joué les bravaches, seule au delà du danger, elle avait failli en mourir. Et elle venait de recommencer exactement la même chose. A mesure que son pouls perdait le rythme, ses pas se faisaient moins vifs, moins entreprenants. Freya ralentissait l’allure à vue d’œil.

La gorge en feu et la bouche entrouverte, l’indienne passa une langue sur ses lèvres sèches en trottinant, avant de s’arrêter complètement en entendant le clapotis de l’eau proche. Rageant d’un coup de pieds dans un mélange de mousse et d’humus frais, elle déchargea sa colère d’un cri rauque, manquant par la même les traces plutôt belles d’une récente chute quelques mètres en aval.
Son échappé devait être loin à l’heure qu’il était, et à entendre le glougloutement d’un ruisseau en contrebas, elle venait de perdre ses traces. S’il était malin, il aurait tôt fait de suivre le cours d’eau pour ne laisser derrière lui, qu’un mystère et la frustration d’une guerrière Unami.

Passant une main irritée le long des plumes piquées dans ses cheveux, la guerrière dévala la légère pente jusqu’au cours d’eau, laissant à ses jambes durement sollicitées le loisir de s’étendre et se détendre le long de sa marche souple. S’accroupissant elle passa une main dans l’eau claire, aussi limpide qu’un miroir et s’en aspergea le visage. Les coulées noires de ses peintures de guerre s’estompèrent dans la rivière à mesure que Freya y diluait ses pensées. Peut-être n’était-ce pas une si mauvaise chose d’avoir abandonné là sa mission.
Ils étaient à présent loin du campement Unami, hors de danger donc. Et puis la tribu devait être au courant de cette intrusion et augmenterait ses rondes pour les prochains jours. De plus, nul ne sait ce qu’il serait advenu d’elle si elle avait persévéré, la plus logique Freya devait bien le reconnaître, c’est qu’elle n’aurait jamais rattrapé le fuyard et en serait exactement au même point mais plus essoufflée et aux limites de la ville. Abandonné ne devait pas être forcément assimilé à l’échec, au moins avait-elle appris cela aujourd’hui. Elle allait se redresser pour rebrousser chemin quand un éclat dans le reflet de l’eau attira son attention.



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Message Sujet: Re: Troubled spirits on my chest where they laid to rest. (Freya & Lamar) Troubled spirits on my chest where they laid to rest. (Freya & Lamar) EmptySam 22 Juil 2017 - 14:21



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C’était bien sa veine et en même temps cela aurait pu être prévisible. Les indiens ne se contentaient guère des frontières lorsqu’il s’agissait de protéger leur peuple. Cela lui servirait de leçon et il y réfléchirait à deux fois avant de trop se laisser porter par la nostalgie. Du coup, il avait tout bonnement fui, espérant que l’on ait pas vu son visage, et avait fait en sorte de se cacher pour attendre la personne qui le poursuivait. Le calme retrouvé après sa course effréné pour lui échapper, Lamar essayait de ralentir sa respiration afin de ne pas laisser de traces sur sa présence ici. Et bien sûr, elle était trop habituée à ce genre de choses sans doute pour ne pas réussir à retrouver sa trace. Perdue certes, mais elle était là, trop près pour que ce soit sécurisant. La silhouette s’était dessinée sous ses yeux de manière plus précise, alors qu’elle s’arrêtait près du point d’eau comme pour réfléchir et voir où elle allait partir maintenant. Il n’aurait pas pu dire s’il la connaissait ou pas sous la pression, l’adrénaline mais aussi parce qu’il ne se donnait pas le temps d’y réfléchir. Il n’avait rencontré que très peu d’Unami mais savait que ces derniers étaient bien plus têtus et pouvaient traquer pendant longtemps jusqu’à avoir obtenu ce qu’ils désiraient. Alors s’être fait repérer de la sorte n’était clairement pas bon pour lui et il devait s’assurer de ne pas lui laisser une chance de le suivre ou du moins l’avoir suffisamment distancé. Qu’allait donc bien pouvoir faire d’elle ? sachant que même si elle était une gêne pour lui elle ne faisait que son travail et il ne pouvait pas la blâmer pour cela. Lamar ne désirait pas non plus la tuer, il avait beau avoir quelques relents faciles de violence et sanguinaires de pirate, son but n’était pas d’être un ennemi de toutes les tribus indiennes en ayant déjà les Piccaninny sur les talons. Alors il envisageait de la ligoter là jusqu’à ce que les siens la retrouvent afin de se donner un temps d’avance pour fuir et retourner à Blindman’s Bluff. Jusque-là c’était le seul plan qui lui convenait mais le temps pressait, pas moyen d’y réfléchir une minute de plus.

Alors il s’approcha d’elle, à pas feutrés, profitant du bruit qu’elle faisait avec l’eau pour couvrir ses pas étouffés dans le sable. Lamar serra les mâchoires, son cœur tapait dans sa poitrine à un rythme accéléré témoignant de la nervosité qui le prenait. Il avait appris à gérer cela, quand il était à la chasse afin que les animaux ne le perçoivent pas dans l’ombre alors il calculait le moindre de ses mouvements. L’indien avança encore, il était si proche qu’il pouvait presque l’entendre respirer et avant qu’elle ne ressente une présence menaçante dans son dos, le jeune homme lui empoigna l’épaule avant de la plaquer contre le sol sur le ventre et d’un geste rapide la désarma de l’une de ses lames pour s’en servir et la menacer en la logeant contre sa jugulaire. Le métal froid contre sa peau dorée exerçait une pression suffisante pour qu’elle comprenne qu’il ne plaisantait pas. Aussi il avait plus ou moins réussi à la maintenir en posant l’un de ses genoux sur son omoplate et l’empêcher tout mouvement brusque.

« Je cherche pas à te faire du mal, je veux juste faire en sorte que tu me suives pas. » Déclara-t-il quelque peu pressé

Elle était une guerrière redoutable, il pouvait le percevoir et parce qu’il avait du mal à la maitriser complètement malgré qu’il soir plus costaud qu’elle. Cependant la moindre erreur pouvait lui être fatale car ce geste là aurait sans doute tôt fait d’énerver l’indienne – elle userait de la moindre faille pour reprendre l’avantage à coups sûr. Lamar essaya de ne pas lui faire mal non plus et chercha alors à voir son visage. Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu’il découvrit qu’il connaissait déjà cette jeune femme. Lamar avait bonne mémoire, même s’il ne l’avait croisée qu’une fois, il était rassuré de voir que c’était elle plutôt qu’une autre personne.

« Freya ? »

Lamar relâcha soudainement toute emprise sur elle, prenant ses distances car il savait qu’eux deux n’étaient pas en mauvais termes. A vrai dire ils ne se connaissaient pas plus que cela mais il avait eu l’occasion de l’aider par le passé alors que cette dernière s’était faite capturer par des pirates. Lamar espérait simplement qu’elle se souvienne de lui, dans quel cas il préféra garder son arme au cas où dans le but de se défendre

« Si j’avais su que c’était toi je me serais montré plus tôt » Annonça le jeune homme en toute bonne foi avant de lui proposer sa main pour qu’elle se relève




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Message Sujet: Re: Troubled spirits on my chest where they laid to rest. (Freya & Lamar) Troubled spirits on my chest where they laid to rest. (Freya & Lamar) EmptyLun 4 Sep 2017 - 13:09

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Une ombre fugace miroita à la surface de l’eau. Et Freya n’eut pas le battement d’un cil pour réagir. Tout son corps fut propulsé en avant. Tournant la tête dans un cri de rage, sa joue s’enfonça dans la glaise de la berge sans une égratignure. Alors que ses réflexes reprenaient le dessus, elle sentit l’une de ses lames lui échapper pour venir se blottir sournoisement sur le flanc de sa gorge. C’était forcément le fuyard. Il l’avait donc suivie ? Mais pourquoi ? Pourquoi montrer tous les signes de fuites et de non agression si c’était pour la tuer deux minutes plus tard ? Etait-elle tombée dans un piège ?

Sentant que les questions commençaient à se bousculer dans sa tête sans logique aucune et que la panique guidait ses pensées, elle souffla bruyamment, laissant l’homme la maintenir au sol pour lui laisser l’occasion de croire qu’il la tiendrait ainsi plus d’une seconde. Alors il s’adressa à elle et sa voix traversa ses souvenirs comme une étoile filante. La guerrière connaissait ce timbre, elle en était persuadée. Sa mémoire des sons avait toujours été excellente, petite, le chant des oiseaux lui tenait compagnie bien plus que celle de ses camarades du campement Unami. Adulte aujourd’hui, elle était capable de siffler une centaine de chants différents. Le prix de la solitude.

Mais le côté impulsif de la demoiselle prit le dessus sur la mélancolie et elle n’en bougea que plus belle. Il ne voulait pas d’agressivité hein ?

▬ C’est moi qui vais faire en sorte que tu ne suives plus jamais rien. L’indienne pouvait sentir que la pression de son agresseur se faisait moins forte sur son omoplate gauche, d’un coup de revers, elle allait réussir à se retrouver face à lui. Et quand ce serait fait… il allait déguster de la plus vilaine des manières à la seule idée d’avoir voulu la mijoter. Alors que son corps de félin se contorsionnait pour appliquer ses pensées, son nom dans la bouche de l’inconnu l’arrêta toute nette. La pression se relâcha et elle ne put éviter à son pied de battre lâchement en arrière, histoire de toucher son agresseur. Mais sa chausse battit le vide et elle se retourna tout à fait pour faire face à …

▬ Ja… Jahquan ?  

Sous le choc, la guerrière ne se releva pas, ses yeux s’étaient transformés en deux lacs immenses et agités. Les souvenirs remontèrent tout à fait à la surface. Elle s’était promise de ne jamais oublier le visage de celui qui l’avait sauvée. Sans lui, sans Jahquan, elle serait morte aujourd’hui ou pire encore. Ramassant ses membres elle se releva avec une lenteur songeuse en s’approchant. Son regard décryptait, se souvenait, notait les différences, les marques oubliées de privation, mais toujours cette même lueur triste au fond des prunelles.

▬  C’est bien toi n’est-ce pas ? Mais comment est-ce possible ?

Ses mains s’étaient accrochées aux siennes, comme la coutume indienne des amitiés retrouvées leur avait appris. Son cœur hésitait entre soulagement, joie et reconnaissance avant qu’un autre sentiment, plus pernicieux celui là ne se loge entre tous. Lâchant soudainement les mains du Picca elle sentit le rouge de la honte lui monter aux joues. Elle s’était promise d’aller le rechercher, de lui rendre la pareille et de le sortir du trou à rat où ils avaient vécus pendant quelques lunes ensemble. Et pour cela elle avait eu recourt au peuple de l’indien, les piccanniny, sachant qu’elle ne pourrait vaincre seule.

Mais ils avaient rejeté sa demande. Elle s’était fait suppliante, oubliant son égo et son cœur Unami. Ils avaient rejeté ses suppliques. Et par cela même avaient perdu toute grâce aux yeux de la farouche guerrière.
Posant une main sur son cœur elle baissa la tête, mal à l’aise, oubliant qu’une minute avant à peine elle avait voulu tuer ce fuyard en terres indiennes.

▬  J’ai failli à ma promesse de te sortir de là ce jour là. Je suis désolée.




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Message Sujet: Re: Troubled spirits on my chest where they laid to rest. (Freya & Lamar) Troubled spirits on my chest where they laid to rest. (Freya & Lamar) EmptyJeu 7 Sep 2017 - 21:17



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Freya & Lamar



Par chance c’était sur Freya qu’il était tombé et en une poignée de secondes, son angoisse s’était vue disparaitre. Il avait connue Freya sur un navire pirate, sur celui où il sevrait à ce moment là. Il était content de voir qu’elle allait bien et qu’elle était visiblement toujours en service. C’était aussi une chance pour lui d’être tombé sur une personne qui ne lui était pas hostile car il n’avait clairement pas été en bonne posture. L’indien lui sourit, rassuré de voir qu’elle reconnaissait son visage et qu’elle n’avait pas non plus oublié les circonstances de leur rencontre quand il l’avait aidée à s’échapper. Alors les muscles de ses épaules semblaient se décrisper et se libérer des quelques tensions survenues par tout ce remue-ménage. Finalement peut être que les esprits avaient fini par pardonner à Lamar et lui offrir de nouveaux horizons dans lesquels il n’aurait plus à souffrir. Symboliquement il voyait Freya là, parce qu’il avait fait une bonne action envers les indiens en l’aidant et que donc on lui rendait la pareille puisqu’elle était là dans un moment où il avait eu besoin d’aide. De quoi le rendre peut être plus optimiste entre autres. Alors il entendit son amie s’excuser parce qu’elle lui avait promis de le libérer de sa vie de pirate. Ah, l’optimisme venait de foutre le camp en fin de compte. L’indien étouffa un rire, touché qu’elle ait gardé cela en tête mais la réponse n’allait pas contribuer à ce que cela reste une promesse.

« Ne t’excuse pas Freya, ce n’était pas un projet réalisable de toute façon. Je préfère être pirate que me retrouver dans la rue, je n’ai pas d’autre choix, tu le sais. Et puis, je ne suis plus Jahquan, je n'ai plus le droit de l'utiliser, mon nom est Lamar désormais... »

Et pour cause si chez les Piccaninny on ne voulait plus de lui, il n’irait pas non plus chez les Unami au risque de se faire d’autant plus détester. Certes un navire pirate n’était pas le meilleur endroit où finir pour un indien, mais au moins il gagnait son pain au lieu de mendier sur les trottoirs pour survivre. Il y avait bien des choses qu’il ne cautionnait pas, mais il était arrivé à un stade où il n’en avait plus rien à faire. Freya était sans aucun doute l’une des rares qui aurait pu lui pardonner ou qui aurait aussi été en mesure de comprendre ce qu’il lui était arrivé. C’était quand même quelque chose de positif et il appréciait qu’elle se soit souciée de lui au point de vouloir le tirer d’affaire. Hélas c’était trop tard pour lui, il était un traitre aux yeux des indiens, un pirate, rien de plus et rien de moins.

Lamar vérifia derrière eux qu’elle était bien restée seule et que les autres indiens ne risquaient pas de débarquer pour le ligoter et l’emmener fissa chez les Unami. Mais la voie semblait libre alors il fit signe à son amie de le rejoindre un peu plus en contrebas du point d’eau. Il lui devait sans doute des explications de sa présence ici et il espérait qu’elle puisse garder cette confiance en lui sans croire qu’il était plus facile pour lui d’espionner les indiens pour le compte des pirates parce que ce n’était en rien la vérité.

« J’étais venu ici, par nostalgie, j’ai plus l’habitude des grandes forêts puisque je viens d’ici alors me retrouver sur de larges étendues d’eau parfois c’est troublant. »

Lamar soupira, c’était en quelque sorte vivifiant de pouvoir parler avec une indienne sans avoir besoin de se défendre, il était toutefois toujours dans cette optique de se justifier parce qu’il savait qu’on se méfiait souvent de lui.

« Comment ça se passe de votre côté ? Je n’ai pas de nouvelles des Picca non plus depuis bien longtemps et avec tout ce qu’il se passe ces temps-ci, je suis un peu inquiet. »





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