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 quand le rideau tombe - SETH
★ second star to the right and straight on till morning ★

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Message Sujet: quand le rideau tombe - SETH quand le rideau tombe - SETH EmptyLun 26 Déc 2016 - 15:31

quand le rideau tombe

Ma décision est prise. Je ne risque rien à remonter dans le monde des humains pour LE revoir, juste une fois. Je veux simplement revoir son visage et lui dire au revoir, sans forcément nouer un contact puisque je suis censée être morte à ses yeux. Mais mon cœur lui, n’a pas pu lui dire au revoir. Tout s’est passé si vite avec Kala, je suis partie sans un regard en arrière, sans même un mot ou un dernier sourire. Peut-être que cela me permettra de m’épanouir à nouveau sous l’Océan ? Ma nageoire anthracite me guide jusqu’à la surface, près d’une plage de Blindman’s Bluff, à l’aube. La chance me sourit, un homme semble dormir près d’un arbre non loin, une cape pendu à une branche. Cela m’évitera de me promener complètement nue dans la cité et d’attirer plus facilement les regards. Je nage jusqu’à la rive, observant ma nageoire se couper en deux et mes écailles sombres disparaître pour laisser ma peau aussi claire que la lune apparaître. Mes jambes. Je souris, me redressant sur celle-ci avant de marcher dans le sable, les grains se collant à mes pieds. L’homme dort à poings fermés. Je viens retirer la cape que je glisse sur ma chair nue, m’enroulant dedans pour ne laisser aucune parcelle de ma peau visible. Le capuchon sur mon visage, et je prends la direction de la ville qui s’éveille en même temps que le soleil fait son apparition. Il fait très froid, je le ressens plus que dans les profondeurs de l’océan, il va falloir que je trouve une robe rapidement si je ne veux pas tomber malade. Je n’ai pas d’argent sur moi, je ne connaissais personne ici, à l’exception du maître des lieux et Kala. J’arrête un vieil homme qui sort d’une petite bâtisse : « Excusez-moi, Monsieur ? » Il se retourne, m’observe de bas en haut en fronçant des sourcils. « Je cherche la maison de Seth Gordon ? » « Ah, c’est celle là-bas, au fond de la grande rue, tu vois ? » Il pointe son doigt en direction d’une grande maison avec des torches allumées devant. « Merci. Est-ce que par hasard, vous n’auriez pas une robe ? » « J’ai l’air de porter ça, moi ? » Je grimace, remuant de la tête. « Non, bien sûr que non, mais… » Son regard se pose sur ma cape que je sers fortement contre moi. « Tu n’as rien là-dessous ? » Ses yeux s’ouvrent en grand, son sourire s’étire et je recule d’un pas. « Bien sûr que si, pensez-vous que je vais me promener nue ?! J’aimerai juste, une plus jolie robe. » L’homme lève des épaules, précisant qu’il n’a rien avant de croiser ses bras. Je ne pense pas obtenir plus de cet homme, si ce n’est une approche que je ne veux pas. Je m’éloigne, me retournant pour vérifier qu’il ne me suit pas et j’accélère la cadence avant de me poster derrière un tonneau pour observer les persiennes closes. L’une d’elles s’ouvre sur Kala, elle referme la fenêtre et je soupire.

Comment faire pour voir Seth sans qu’il ne me repère ? Je reste un moment derrière mon tonneau, jusqu’à ce que la rue commence à être trop fréquentée. Je me redresse au moment où la porte s’ouvre sur Lui. Mon cœur rate un battement et je cours me cacher dans une ruelle, entre deux maisons pour le mirer. Mes lèvres s’étirent, je ne parviens pas à mettre des mots sur ce que je ressens, mais mon cœur s’agite avec force dans ma cage thoracique. Je replace mon capuchon avant de le suivre discrètement jusqu’à la place du marché. Je garde une distance entre nous, de manière à pouvoir le regarder sans qu’il ne me voie. Pourtant, à un moment, j’ai bien cru qu’il m’avait vu, mais heureusement non. Alors qu’il passe entre deux étales de marchands, je le perds de vue et je m’empresse de venir là où il était, mais je ne vois plus sa silhouette. « Nom d’un corail ! » Je soupire, cherchant partout autour de moi tout en continuant d’avancer sur le marché. Je me fais bousculer par quelqu’un et je m’excuse, mais je ne sens pas vraiment à l’aise. Il faut que je parte, vite. Je m’engage dans une rue, contournant une maison où j’entends des exclamations de voix sortirent par la fenêtre. Je rougis légèrement lorsque je comprends que ce n’est pas une dispute, mais plutôt, un couple qui s’unit. Je traverse le port pour longer la côte afin de retourner vers une plage isolée. Seulement, je n’ai pas pu le voir suffisamment. Je vais revenir. C’était bien trop court, bien trop fugace pour me satisfaire.
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Message Sujet: Re: quand le rideau tombe - SETH quand le rideau tombe - SETH EmptyLun 2 Jan 2017 - 19:11



Quand le rideau tombe

Opale & Seth
Le pauvre pinceau craqua violemment entre ses doigts fébriles, énervés. Seth soupira, tenant un bout de son outil de travail dans la paume et observant l'autre partie rouler à ses pieds. L'artiste baissa la tête, inspira profondément puis se redressa d'un bond et plaqua la main contre la toile vierge face à lui. Celle-ci chavira sur le chevalet et alla s'éclater contre le mur de pierre. Dans sa colère, Seth se releva et se dirigea vers l'objet sur lequel il avait décidé de déverser sa rage. Il y entassa son pied, créant un trou dans la toile blanche avec son talon et piétinant encore et encore cet espace blanc qu'il était censé peindre. Il lui fallut cinq bonnes minutes pour se calmer, pour reculer de plusieurs pas et jeter un oeil à son oeuvre involontaire. La toile gisait, éventrée, des lambeaux de toile déroulés de chaque côté, glissant jusqu'au sol. L'empreinte de son pied semblait incrustée dans le grain. Seth soupira à nouveau et secoua la tête, ramassa le désastre, ouvrit la fenêtre et le balança négligemment sans se soucier d'où il atterrirait. Un bruit sourd lui indiqua que la toile était désormais dans le parterre de fleur devant la maison.

Dans ces cas-là, mieux valait ne pas lui parler. Et ça, tous le savaient. Ses esclaves ne levaient pas les yeux, évitaient à tout prix de croiser son chemin. Les employés de la maison, ceux qu'il payait donc, n'osaient pas piper mot et se contentaient de faire leur travail sans jamais relever le nez. Seth passa tel un éclair dans le couloir, les cheveux en bataille sur son crâne, le visage blême, les pieds rougis, la chemise à demi-ouverte laissant apparaître un torse amaigri depuis quelques temps. L'artiste rejoignit sa chambre qui, heureusement, était vide. Il se laissa tomber sur son lit, écartant les bras et fermant les yeux. L'inspiration était une foutue traitresse. Elle l'avait bordé durant des années, avait adouci ses nuits, avait égayé ses journées pour mieux l'abandonner du jour au lendemain. Seth avait lutté, cherché dans ls moindres recoins des muses ou des sources d'inspiration. Rien. Personne. Il se sentait seul et dépouillé de son talent. La frustration était telle qu'il en venait à ne plus manger correctement et son corps commençait à le lui reprocher. Parfois, il était en proie à des malaises et devait s'asseoir, parfois il lui arrivait d'être pris de vertiges et de perdre l'équilibre avant de se rattraper de justesse à un mur ou à un objet.

Seth allait mal. Et s'il était dans cet état, c'était à cause d'une succession d'évènements dont le principal était la perte de sa muse. Celle pour qui il avait perdu la raison. Celle qu'il regrettait tellement. Celle qu'il avait gardé captive. Les remords étaient si puissants qu'il avait souvent l'impression d'entendre une voix les lui chuchoter à l'oreille. Seth savait que sa folie avait mené la pauvre sirène à sa perte, que s'il avait été plus attentif, peut-être serait-elle encore de ce monde. Ce n'était pas seulement l'absence d'inspiration qu'elle avait engendré chez lui, c'était tout simplement Opale elle-même qui lui manquait cruellement.

Le joaillier finit par se redresser et se diriger vers la bassine d'eau fraîche posée sur le meuble. Il s'aspergea allègrement le visage, aspergeant au passage tout autour de lui. Des cernes violacés étaient venus encercler ses yeux fatigués et ses joues creusées lui donnaient un air malade. Seth enleva ses vêtements rapidement et les échangea pour une chemise blanche, propre et un pantalon noir. Il enfila ensuite des chaussettes et des chaussures, prêt à sortir en ville malgré la mine épouvantable qu'il affichait. L'homme prévoyait de se rendre chez l'apothicaire et de tirer de l'homme qu'il lui donne un remède, qu'importe ce qu'il contenait, pour l'aider à dormir et à oublier. L'alcool ne suffisait plus, Seth avait déjà tenté le coup.

Quand les portes de la demeure s'ouvrirent, le soleil l'aveugla férocement. Seth plissa les yeux et il lui sembla voir au loin, comme un éclair de feu fuir et se dissimuler derrière un mur. L'homme n'y prêta pas plus d'attention, se sachant dans une forme peu recommandable, son esprit pouvait à tout moment lui jouer des tours. Il se mit donc en route, tâchant de ne saluer personne et d'ignorer tous ceux qui venaient à sa rencontre. Son regard finit tout de même par se poser sur une vitre, ou plutôt un reflet. Celui d'Opale, là dans cette fenêtre ouverte et éblouie par le soleil. Durant un instant, Seth fronça les sourcils et crut rêver mais la demoiselle bougea ou tout du moins, son reflet. L'homme décida donc de ne pas se trahir et de ne pas foncer droit sur elle en courant au risque de la voir fuir à nouveau ... non, si elle était vraiment là, il lui fallait absolument l'approcher.

Seth continua donc sa marche jusqu'à ce qu'un angle de rue lui permette de disparaître. L'artiste s'y faufila sans attendre et resta dissimulé derrière des briques froides durant quelques minutes. Passa alors sous ses yeux, ces cheveux roux et cette peau pâle qu'il avait peints des dizaines de fois. Les rôles s'inversèrent alors. Le joaillier se mit en route, suivant discrètement et sans se faire voir, la jeune femme. Celle-ci sembla prendre une route s'éloignant de la cité. Peu à peu, ils s'écartèrent de la population pour arriver sur une petite plage reculée. Dans quelques instants, la belle se jetterait à l'eau et disparaîtrait à nouveau de son existence. Laissant derrière elle le vide immense et le goût de désespoir dans le fond de sa bouche. Seth ne pouvait s'y résoudre. Sortant de sa cachette, il fit un pas en avant et s'exclama à l'égard de la sirène :

- Tu es revenue d'entre les morts ...

Déjà, l'homme s'imaginait un tableau dépeignant la jeune femme émanant des Enfers eux-mêmes. Opale avait toujours cette capacité à lui inspirer l'art. Pourtant, elle ne l'avait jamais désiré, elle n'avait jamais voulu être sa muse et c'était uniquement lui qui l'y avait forcé. Désormais, sa liberté retrouvée, rien ne l'empêchait de fuir à toutes jambes. Pourtant, c'était de son plein gré que la rouquine s'était approchée de sa demeure. Elle était revenue après tout ce qu'il s'était passé et Seth ne pouvait s'ôter ça de l'esprit.

- Je suis soulagé que tout ça n'ait été qu'un mensonge même si je te hais aussi pour ça.

Ironie du sort, c'était lui désormais qui la haïssait. Chacun avait alors des motifs valables pour en vouloir à l'autre. Et Seth ne comptait pas en rester là.
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Message Sujet: Re: quand le rideau tombe - SETH quand le rideau tombe - SETH EmptySam 7 Jan 2017 - 22:25

quand le rideau tombe

S’enfuir à nouveau, errer dans les profondeurs pour ressentir de nouveau cet appel, ce manque incompréhensible à l’égard du bourreau qui m’a retenue captive durant des jours et des jours. Personne ne comprend. Moi-même, je ne sais pas ce qu’il m’arrive, je n’identifie pas cette attraction étrange qui m’entraîne irrémédiablement vers la cité de Blindman’s Bluff. Je baisse mon capuchon, prête à retirer la cape qui protège ma nudité, lorsque « Tu es revenue d'entre les morts ... » Je me raidis, reconnaissant cette voix. Je l’ai entendu si souvent, que ce soit ici sur Terre ou dans mes songes depuis que je suis parti. Cette tessiture, ce grain… je pourrais le reconnaître parmi une dizaine d’hommes, si ce n’est plus. Je ne bouge plus, n’osant même pas me retourner pour affronter ses iris glacials. « Je suis soulagé que tout ça n'ait été qu'un mensonge même si je te hais aussi pour ça. » Mon ventre se contracte. Pourquoi est-ce que je n’aime pas entendre ces mots, cette haine soudaine à mon égard ? Je me souviens pourtant de son regard, de ses sourires et de toutes les attentions qu’il m’offrait lorsqu’il pénétrait dans les quartiers de cette immense demeure que je ne pouvais pas quitter. Doucement, je me retourne en serrant fortement la cape dans mes mains non pas pour me protéger, mais pour m’empêcher de faire quoi que ce soit de regrettable. Je pourrais ignorer ses paroles et retourner dans l’océan sans lui laisser le temps de m’approcher. Je pourrais aussi lui parler, juste quelques mots puis disparaître à nouveau. Je pourrais faire tout un tas de choses, des centaines de scénarios se bousculent dans mon esprit, mais aucun, ne me convient. Aucun ne possède cette chaleur, cette étincelle en plus. Non. « Je n’aurais jamais dû revenir. » Voilà les seules paroles que je prononce, pourtant, j’en avais d’autres à l’esprit. Plus chaude, plus amicale… Mon regard s’évade sur la cité derrière lui, avant de revenir sur sa silhouette transformée. Il est loin, l’homme qui me rendait visite chaque jour. J’ai l’impression d’avoir en face de moi, un frère jumeau plus frêle, plus… je ne sais pas. Seth est différent. Le silence s’installe. Je ne dis rien, me contentant de le détailler sans faire un pas, que ce soit en avant ou en arrière. Pourtant, les deux me tentent. La glace doit se briser, il doit comprendre pourquoi j’ai disparu. Mais… j’ai fait une promesse à Kala et je ne veux pas qu’elle souffre de cette situation, qu’elle se fasse punir. Elle me l’a dit, avant de me laisser partir que je ne devais plus revenir où elle serait sûrement battue voir tuer, vu ce qu’elle projetait de faire. Je dois trouver une idée, maintenant. Mon visage se baisse sur mes orteils apparaissant sous la cape qui s’enfoncent dans le sable. J’ai toujours aimé les observer, ces petits doigts à l’extrémité de mes jambes. « Je ne pouvais pas rester ta prisonnière éternellement Seth. L’océan m’a appelé. » Je lève les yeux vers les siens.

Il ne peut pas comprendre, lui c’est un humain. Il n’est rattaché qu’à la terre, qu’à cette maison et son art. Moi, je suis une sirène qui a toujours vécu sous l’eau et voilà que durant plusieurs semaines, je me suis retrouvée à vivre comme une humaine sans pouvoir libérer ma nageoire. Ce n’était pas douloureux, ni si dramatique que ça. Mais il l’ignore, du moins je l’espère. « Je ne savais pas si tu accepterais de me laisser partir, alors j’ai préféré… mentir, te faire croire que j’étais morte. » J’ignore comment Kala a arrangé les choses, j’espère donc ne pas me tromper en mentionnant un poison. Il y a aussi la logique de comment j’aurais pu faire ça, alors que je n’avais accès qu’à une partie de la demeure. Mais bien évidemment, tout cela, je n’y pense absolument pas. Je me contente de trouver une raison plausible à cette histoire, alors que mon cœur lui, souhaite simplement lui révéler tout ce que son absence a provoqué chez moi.
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Message Sujet: Re: quand le rideau tombe - SETH quand le rideau tombe - SETH EmptyDim 8 Jan 2017 - 20:40



Quand le rideau tombe

Opale & Seth
La joie de la revoir se mêlait à sa colère qu'elle ait pu lui mentir. Sa naïveté l'affligeait. La sirène avait tout mis en scène, elle avait été jusqu'à faire de sa mort une oeuvre tragique pour mieux se libérer de son emprise malsaine. Seth n'avait que ce qu'il méritait et il le savait mais ça faisait si mal. Ses poings se crispèrent sur ses vêtements, cherchant une once de réconfort quelque part dans son for intérieur. Pour seule réponse, il obtint des paroles brutes, sèches. Presque trop pour sortir de la bouche de sa muse. L'homme baissa les yeux. Elle ne regrettait rien, elle n'avait probablement même jamais voulu le revoir. Son précieux océan, voilà tout ce qui l'intéressait. Pourtant, elle le fuit du regard. Elle s'évade à nouveau, s'échappe à son emprise. Seth se retint, se retint de lui hurler de le regarder et de faire face à son oeuvre. Opale l'a abandonné, l'a brisé tout comme il l'a privée de sa liberté. L'artiste finit par secouer la tête.

Sa prisonnière. Voilà tout ce qu'il restait de leur passé. Une cage dorée, une prison dont elle s'était échappée. Et Seth n'était finalement qu'un bourreau et rien de plus. L'homme serra les dents, avalant les gifles invisibles d'Opale sans broncher. Rien de ce qu'elle aurait pu dire n'aurait pu apaiser son coeur meurtri. Elle l'avait trahi, elle s'était jouée de lui et le joaillier se sentait si idiot, si naïf en la voyant là, pleine de vie et prête à retourner nager auprès des siens. Enfin, Opale releva les yeux. Leurs regards se croisèrent et peut-être alors, put-elle comprendre ce qu'il avait ressenti après son départ.

- Arrête. Arrête de te justifier.

L'homme secoua la tête vigoureusement, sentant un vertige le gagner. Opale l'avait quitté, qu'importe la façon dont elle l'avait fait. Seth ne retenait qu'une chose, l'abandon qu'il ressentait encore en cet instant. L'artiste s'avança d'un pas, un seul puis s'arrêta. Il ne voulait pas l'approcher et pourtant son corps semblait avancer vers elle, attiré irrémédiablement. La sirène avait un talent pour ça, un don inné qui l'avait fasciné dès leur première rencontre et qui aujourd'hui, le rendait furieux. Seth finit par pouffer de rire, les pieds au bord du précipice, il s'apprêtait à plonger dans la folie douce.

- Quand tu es morte, tu m'as complètement anéanti. J'avais besoin de toi. J'avais besoin de nos discussions, de nos ...

Il s'arrêta brusquement, réalisant qu'il ne parlait pas à la bonne personne. Seth ne voulait pas s'adresser à cette jeune fille qui s'était évadée de sa geôle. Il voulait retrouver sa muse. Celle qui avait appris à le connaître, celle qui avait appris à l'apprivoiser. Celle qui était morte, ce jour-là, de la bouche de Kala. Le joaillier recula d'un pas, se protégeant le visage avec les mains comme si la simple vision d'Opale pouvait lui brûler la rétine.

- Dégage. Dégage et ne reviens jamais. Pour moi, t'es morte ce jour-là et tu le resteras.

Seth recula à nouveau, sentant la colère et la folie faire trembler ses mains et faire bouillir son sang dans ses veines. Elle se jouait de lui comme un marionnettiste avec son pantin, le dissipant en un battement de ses longs cils. Ses poings se serrèrent plus fort que jamais et l'homme beugla, si fort qu'une envolée d'oiseau répondit à son écho :

- Dégage !

La veine de son cou palpita, ses lèvres tremblèrent durant quelques instants tandis qu'il foudroyait la défunte des yeux. Elle n'était qu'un fantôme, un songe du passé qui bientôt retournerait à la mer. Qui bientôt, disparaîtrait à nouveau pour laisser un vide immense. Un trou dans son imagination, un trou qu'il ne parvenait plus à combler. Qu'aucune autre ne pouvait combler. Elle était la seule à en être capable. S'il la laissait partir, il perdrait tout. Il la perdrait pour de bon, ça serait fini cette fois.

C'était impossible, il ne le pouvait pas. Seth s'avança à nouveau, attrapant le poignet d'Opale et la tirant vers lui. L'homme la serra dans ses bras, enfouissant son visage dans les boucles rousses de la belle puis dans son cou pâle et chaud. Ses paupières se fermèrent et ses mains se pressèrent sur le dos de la demoiselle. Il la pressa contre son coeur quelques instants puis lui chuchota à l'oreille.

- Ne pars pas. Ne m'abandonne pas, pas encore.

Ses doigts glissèrent dans les cheveux d'Opale puis sur sa joue. Seth n'osait la fixer. Elle qui revenait d'entre les morts. Elle qui l'avait hanté des jours entiers et qui avait fait de ses nuits, l'endroit le plus sordide où se trouver. L'artiste la lâcha lentement, se recula de plusieurs pas et la fixa sans trahir la moindre émotion.

- Tu vois, t'as fait de moi un fou. Un pauvre taré incapable de te chasser de sa vie. Je devrais pourtant, tu m'as fais beaucoup trop de mal. Mais je ne peux pas, je ne veux pas. Je veux que tu restes, Opale. Je te promets de ne plus refaire les mêmes erreurs. Reste, juste un peu.

Son regard se posa sur elle, Opale lui paraissait différente. La liberté l'avait changée, retrouver son monde l'avait métamorphosée. Elle n'était plus un oisillon en cage chantant pour attirer le monde extérieur à elle. Seth retrouvait une Opale différente mais une Opale dont il ne pouvait toujours pas se passer.
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Message Sujet: Re: quand le rideau tombe - SETH quand le rideau tombe - SETH EmptyLun 6 Fév 2017 - 14:57

quand le rideau tombe

Difficile de trouver une raison plausible à une disparition étrange. Je l’ai désiré, bien évidemment, et je ne vais pas prétendre le contraire. J’étais prisonnière. Certes, je suis plus devenue une hôte au final, mais je ne pouvais pas faire tout ce que je voulais et ce que je désirais ardemment, c’était retourner dans l’océan pour nager, pour ressentir ma nageoire et me laisser aller dans les courants. « Arrête. Arrête de te justifier. » Je ferme les yeux un court instant. « Quand tu es morte, tu m'as complètement anéanti. J'avais besoin de toi. J'avais besoin de nos discussions, de nos ... » De nos moments idylliques parfois. J’en ai conscience, puisqu’ils m’ont rapidement manqué, ces instants. Je suis prise au dépourvue par sa colère que je ressens dans ses paroles, par cette haine qu’il semble ressentir à mon égard. Mais je l’ai bien cherché, en prétendant être morte. Cependant, aurait-il accepté que je retourne dans mon océan, si je le lui avais demandé ? J’en doute. Je ne bouge pas de ma place, même lorsqu’il fait un pas en avant dans ma direction, encore moins quand il recule en se cachant le visage. « Dégage. Dégage et ne reviens jamais. Pour moi, t'es morte ce jour-là et tu le resteras. » Ses paroles me brûlent le corps, j’en ressens une immense douleur et je fronce des sourcils, baissant le regard par peur d’affronter le sien, même s’il se détourne de moi comme on se lasse d’un spectacle de rue. Je voulais le revoir, mais j’ai fait une erreur. Lui ne le veut pas, cela fait mal, mais je n’ai que ce que je mérite. À quoi pouvais-je m’attendre ? « Dégage ! » Je sursaute, faisant un bond en arrière sous la force de sa voix et de sa colère. Je recule bien vite de plusieurs pas, m’accrochant cette fois-ci à la cape non pas pour cacher la vue de mon corps, mais parce que c’est mon seul rempart à la détresse. Mais avant de pouvoir reculer plus loin et de fuir cet homme, il avance dans ma direction, m’attrapant pour m’attirer contre son corps bien plus mince qu’avant. Je retiens ma respiration, ainsi dans ses bras, mes mains crispées sur ma cape. Son visage s’infiltre dans ma nuque et je sens un frisson remonter le long de mon dos. « Ne pars pas. Ne m'abandonne pas, pas encore. » Que faire ? Que dire ? Je suis complètement perdue, incapable de prononcer le moindre mot ni de faire le moindre geste. « … Je veux que tu restes, Opale. Je te promets de ne plus refaire les mêmes erreurs. Reste, juste un peu. » Mes mirettes rencontrent les siennes et je me perds ainsi, un long moment, dans ses iris glacials. « D’accord… »

J’aurais pu retourner dans l’Océan, après tout, j’y ai une vie là-bas à présent. Mais… Seth n’a pas été que l’homme qui m’a arraché à la mer, il y a plusieurs mois. Il a été plus qu’un bourreau, il a été un ami, un confident, un protecteur… Il a été beaucoup de personne pour moi. Et c’était mon désir le plus cher, que de le revoir et lui parler à nouveau. Nous quittons la place pour retourner en direction de la cité, pour aller certainement dans sa demeure. J’appréhende de retourner à l’intérieur, de revoir Kala. Mais… j’ai également l’impression de rentrer chez moi, comme si j’avais fait de la demeure du joaillier, ma maison. Alors que nous arrivons près d’un chemin qui nous emmène dans la ville, une voix dans notre dos nous interpelle. Je me retourne, reconnaissant l’homme à qui j’ai dérobé la cape. Je me rapproche de Seth, une grimace sur le visage et je lui murmure : « Je lui ai volé sa cape… » Je lève les yeux vers lui avant de les poser sur l’étranger qui s’arrête devant nous, essoufflé et il me pointe d’un doigt : « C’est ma cape voleuse ! Rends-la-moi ! » Je mordille ma lèvre légèrement, cherchant mes mots. « Je ne peux pas, je… vous la rendrais plus tard. Dites-moi votre nom et où vous habitez, je vous jure de vous la rendre. Mais là, je ne peux pas… » Il pose ses poings sur ses hanches, demandant pourquoi, qu’il n’a pas confiance et que je ne lui rendrais pas. « Je ne porte aucun autre vêtement, j’en ai besoin pour traverser la cité. » Je lève les yeux vers Seth, cherchant son soutien et son aide, juste pour cette fois. Je ne suis pas de mauvaise foi et je compte lui rendre cette cape. « Ou vous n’avez qu’à nous suivre et attendre que je m’habille, puis je vous la rends immédiatement ? Ainsi, vous verrez que je ne cherche pas à vous la voler ?! » « Et si je ne vous avais pas retrouvé, comment auriez-vous fait ?! » Je rougis légèrement, haussant des épaules. Je n’aurais pas eu besoin d’avoir cette conversation.
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