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 Emporté par le courant
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Message Sujet: Re: Emporté par le courant Emporté par le courant  - Page 2 EmptySam 17 Sep 2016 - 16:39

Emporté par le courant
Anne & Freya
You who wish to conquer pain, you must learn what makes me kind, the crumbs of love that you offer me, they're the crumbs I've left behind. Your pain is no credential here, it's just the shadow, shadow of my wound ▬ AVALANCHE Leonard Cohen


Son ennemie trébucha. L'attaque de ses lames n'était pas destinée à la tuer, mais à l'affaiblir, petit à petit. A lui faire perdre ce sang noir qui obscurcissait les veines des pirates et qu'ils aimaient tant à voir couler. Quand ce n'était pas le leur évidemment, mais Freya comptait bien changer cela. Malgré sa haine, la guerrière devait cependant reconnaitre que la pirate se battait bien. Et par bien, elle entendait avec justesse et honneur, choses peu communes parmi les membres de sa race. Elle la repoussa brutalement, l'entraina dans une chute seulement stoppée par un arbre en travers.

« Je connais les gens de ton espèce, pourquoi serais-tu différente ? Et si tu l'es, pourquoi vivre parmi eux ? » Elle avait craché ses mots en même temps que le sang provoqué par les coups de son adversaire. Coincée entre l'arbre et la pirate, elle n'avait d'autres choix que de blinder son corps aux violentes attaques à mains nues de la rouquine. La haine dans ses mots s'était cependant apaisée, et peut-être que là, derrière tout son mépris affiché, résidait une véritable question. Car oui, après quelques minutes de combat et son heure d'observation amont, Freya ne pouvait considérer que cette femme pirate ressemblait à tous les autres. C'est pourquoi elle ne l'avait simplement pas empalée d'une flèche, elle et son larbin, c'est pourquoi elle battayait avec rudesse, mais sans coup véritablement mortel. Au fond elle voulait savoir. Et cette curiosité pouvait lui coûter la vie, elle en était consciente.

Profitant d'une accalmie de ses coups, la guerrière fit pivoter son adversaire, les entrainant de nouveau au sol. Dans la chute, elle sentit sa main prise au piège et se retrouva avec sa propre lame sous la gorge. Elle en connaissant chaque brisure, chaque grain et il était absolument hors de question qu'elle se fasse égorger par sa propre lame, histoire d'honneur oblige. Crachant à la figure de la pirate pour lui signifier tout ce que sa gentillesse avait à lui dire, elle gigota et battit des pieds, se débattant ostensiblement autant pour se libérer de l'emprise de la pirate que pour attraper le deuxième poignard tombé au sol derrière elle.

Alors que ses doigts contusionnés en frôlaient le manche, le canon d'un pistolet se braqua sur elle et Freya s'immobilisa. Elle connaissait le danger de ces armes de feu, et non dépourvue d'intelligence, savait que ces engins de mort ne rataient pas souvent leur cible et que les dégâts étaient irréparables. Que d'un coup d'un seul et sans effort, ils fauchaient la vie. La réaction de la pirate laissa Freya sans voix et elle l'observa éberluée, attraper son compagnon et le plonger face à elle dans la rivière. Que voulait-elle lui prouver en faisant cela? Qu'il n'était pas dangereux? Qu'il ne souhaitait pas sa mort? Qu'elle le contrôlait? Savait-elle au combien elle avait tord?

Se relevant lentement, la guerrière ramassa ses deux poignards, s'armant s'en faire mine cependant de vouloir les utiliser. Ses yeux clairs braqués sur la pirate, cherchant la raison elle pencha la tête d'incompréhension. Pourquoi agissait-elle ainsi? Il aurait été tellement plus facile pour elle de laisser son homme de main faire le sale boulot et de repartir. Avaient-ils peur de représailles? Mais les pirates n'avaient jamais eu de scrupules de ce côté là pourtant. Alors pourquoi...

Alors que Freya posait ses yeux sur le noyé, ses yeux lui renvoyèrent une haine pure, elle capta son intention, tuer, tuer. Elle connaissait tant ce regard chez ces hommes qu'il lui parut familier, presque compréhensible et qu'elle réagit aussi vite que lui lorsque d'une main déterminée, il attrapa le pistolet crocheté à la ceinture de la pirate qui n'avait pas jugé utile de s'en servir jusqu'alors et tira sur la peau rouge avant que sa compatriote n'ait pu esquisser un geste. Freya, elle, s'y était attendue, pas de la rapidité bien sûr, mais assez pour que le coup ne soit pas mortel et qu'elle puisse dégainer d'un même temps. Son poignard croisa la balle de son ennemi qui s'enfonça profondément dans son épaule droite, la repoussant contre l'arbre où elle s'affaissa. Un sourire tordu par la douleur peigna cependant ses traits, car la pirate qui lui faisait face tenant par les cheveux un homme mort, tué par une lame enfoncée profondément dans sa gorge.




©️ Gasmask


[Tu m'en veux pas d'avoir tué ton pote? Si ça te gène je modifie Wink ]
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Message Sujet: Re: Emporté par le courant Emporté par le courant  - Page 2 EmptySam 17 Sep 2016 - 17:12


Emporté par le courant

I’ve tried to make this life my own, to find myself, I’ve searched alone. To let love go and let it in, I found it burning like a sin. I’ve worked it out, but learned it hard, it’s sad inside and life is out. Till I won’t settle down and watch either way.
Freya & Anne


Anne espérait que ce geste là allait dissuader la guerrière de les faire poursuivre dans les heures qui suivent, avec un peu de chance elle finirait par décolérer et s’en aller. Malheureusement tout ne se passa pas comme prévu : elle n’eut pas le temps de faire quoi que ce soit, que la détonation vint lui percer le tympan, résonnant dans sa tête comme un sifflement après coup elle retrouva la vision. Ses yeux se rouvrirent sur cette indienne blessée à l’épaule tandis que dans sa main, Buck était complètement inanimé. Ce salopard avait pas cru bon de lui obéir et voilà qu’il la foutait dans la merde. Anne grimaça de dégout, le sang ruisselait de sa gorge, venant tinter l’eau de rouge. Elle allait devoir raconter tout cela à Silver et même s’il préférait la manière d’Anne d’agir, elle n’était pas certaine que cela fasse l’unanimité auprès de l’équipage.

« Fait chier…. » Fit elle en laissant le cadavre se faire emporter par le courant.

Anne s’était démenée à prouver qu’elle ne souhaitait pas leur faire de mal mais faire sa petite exploration tranquillement. Il avait tout foiré, maintenant l’indienne allait sans doute croire que tout cela avait été une mise en scène pour lui faire baisser sa garde et mieux la toucher. Qu’allait-elle faire à présent ? La finir, jeter son corps dans ces rapides ? Se mettre à genoux et la supplier ? Ou fuir ?

Anne remonta sur la rive, seule, livrée à elle-même et clairement pas à son avantage au niveau du terrain. Elle observa l’indienne blessée d’une balle dans l’épaule par son matelot, elle avait envie de la secourir mais ne voulait pas que cela soit interprété comme de la mauvaise foi ou de la manipulation. Perdue, la pirate observa les alentours, la crainte que ces bruits là aient ameuté les copains de l’indigène dans quel cas elle serait seule accusée puisque le cadavre de Buck courrait droit dans une chute d’eau.

Anne fit quelques pas de côtés, puis détourna les talons montrant clairement qu’elle préférait fuir et prendre de l’avance pour regagner le navire avant de se faire pourchasser comme du gibier. Mais quelle situation était pire ? Découvrir une indienne possiblement inconsciente et aller traquer le coupable ou venir en aide à celle-ci et se donner une chance qu’elle soit reconnaissante envers elle ? Après tout elle lui avait sauvé la mise une fois, elle lui devait ça.

« Putain de merde ! » Jura Anne en se retournant finalement.

Elle revint près de l’indienne, montra ses mains en signe qu’elle n’allait pas lui faire de mal. Posant un genou à terre tout près d’elle, Anne entreprit de lancer ses armes et ses moindres couteaux cachés dans un coin pour amplifier le fait qu’elle venait vers elle avec la seule intention de l’aider.

« Ca pisse le sang, laisse moi arranger ça, j’ai d’quoi faire dans cette besace. » Décalara t-elle.

Anne ne prit pas les devant, attendant l’autorisation de l’indienne avant de s’approcher plus près et de la soigner.

« On n’est pas obligées d’êtres potes, laisse moi arranger ça et j’retourne a mon navire, tu m’reverras plus. » Ajouta t-elle avec l’espoir que cela influence sa décision dans son sens.

Ils reviendraient plus tard ou passeraient par une autre chemin, quoi qu’il en soit ce n’était clairement pas raisonnable d’essayer de continuer la route seule avec le risque de se faire chopper par les peaux-rouges.








HJ: t'as bien fait il me gênait 8D
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Message Sujet: Re: Emporté par le courant Emporté par le courant  - Page 2 EmptySam 24 Sep 2016 - 19:49

Emporté par le courant
Anne & Freya
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La douleur irradia dans son épaule, mangea son avant bras et brûla sa poitrine. Elle avait déjà reçu une balle pirate il y a longtemps, lors d'une bataille. La balle lui avait laissé un éclat pale en forme d'étoile blanche sur le haut de la cuisse. Elle ferma les yeux, plissant ses paupières pour évacuer la douleur mais réussi seulement à voir plus d'étoiles encore devant ses yeux. Au moins l'ordre naturel avait été rétabli. Celui qui devait mourir l'était pour de bon, emporté par le courant.

La chaleur embruma son front et son esprit, alors qu'elle tentait de garder une respiration normale. Grimaçant elle se redressa le plus possible cherchant sur elle un tissu, une lanière, n'importe quoi pour faire bandage et arrêter le saignement. Elle s'arrêta brusquement en voyant la pirate la regarder. Étrangement, elle était persuadée que la jeune femme avait fait de son possible pour éviter le massacre et que ni son compagnon ni Freya ne lui avaient été d'une grande aide. A bien y réfléchir elle paraissait même désolée pour elle. Mais ce devait être les premiers effets de la fièvre se dit l'indienne. Comment quelqu'un comme elle au vue de son appartenance, pourrait ne serait-ce qu'éprouver autre chose que du dégoût ou de la haine pour les membres de son peuple, plus encore après avoir tué l'un des siens?

De plus, elle n'avait pas répondu à sa question, par oubli ou par volonté propre, il n'empêche qu'il en fallait beaucoup plus à Freya pour faire confiance à la jeune femme. Au moment où elle tournait les talons, la jeune indienne voulut se tourner sur le côté afin de déchirer une partie de son vêtement mais la douleur lui tira un cri sourd. C'est ce moment que choisi la rouquine pour se retourner et revenir auprès d'elle. Son cri l'avait-elle alertée, ou bien le fil de ses pensées l'avaient conduite à la même conclusion : l'aider. Car c'est bien ce qu'elle montrait clairement en déposant ses armes, les mains levées. Pourquoi? Fut la première des phrases que voulu prononcer Freya mais elle se retint. A la place, elle repoussa d'une main celles de la pirate à quelques centimètres d'elle et souffla en serrant les dents.

« Que cherches tu ici?» Car elle avait beau vouloir l'aider, si piller était la suite de son programme, Freya s'en voudrait à jamais de s'être laissée emberlificotée pour voir sa terre et son peuple meurtris par la suite. Elle préférerait mourir plutôt que de trahir sa terre et son honneur. Pourtant pas folle, elle désigna la besace de la pirate, fut prit d'une quinte de toux avant de reprendre.
« Montre moi. Ouvre la.» Même avec le front brûlant et les yeux dans le brouillard, Freya serait capable de reconnaitre les onguents que lui proposerait la pirate. Si elle voulait la tuer, elle le saurait, si elle voulait la guérir, et bien il faudrait ensuite qu'elle se débrouille pour lui voler sa besace, se soigner elle-même en attendant de revenir au camp, tout ça au nez et à la barbe de la pirate. Même en étant très optimiste, le plan lui semblait voué à l'échec. Mais il y avait bien, bien moins optimiste comme suite des évènements.

Laissant sa tête rouler sur le côté, ses yeux clairs s'agrandirent de stupeur et sa bouche s'ouvrit sur trois centimètres quand elle fixa son regard par dessus l'épaule de la rouquine. Là où se tenait quelques minutes plus tôt la pirate et son comparse décédé, un énorme, énorme crocodile avait pris la place. Ses six pattes labouraient le sable, tentant de s'arracher aux rapides pour venir se mettre à quai, semblant pour le moment, ne pas les avoir remarquées.
Sans savoir si elle signait son arrêt de mort où sa porte de sortie, Freya se releva à demi pour agripper le visage de la pirate et lui faire tourner la tête dans la direction du reptile, sa main ensanglantée plaquée sur sa bouche pour empêcher tout cri de surprise.



© Gasmask


[je kiffe ce rp, après promis, j'arrête de leur envoyer des monstres xD]
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Message Sujet: Re: Emporté par le courant Emporté par le courant  - Page 2 EmptyLun 26 Sep 2016 - 12:11


Emporté par le courant

I’ve tried to make this life my own, to find myself, I’ve searched alone. To let love go and let it in, I found it burning like a sin. I’ve worked it out, but learned it hard, it’s sad inside and life is out. Till I won’t settle down and watch either way.
Freya & Anne


S’étant proposée pour lui venir en aide, c’est sans surprise que la jeune femme se montra méfiante envers ses intentions. Après tout elles venaient de se battre donc c’était tout à fait normal. Mais Anne voyait sa plaie rougir de plus en plus et si elle continuait de perdre du sang elle allait finir par perdre connaissance.

Anne ouvrit sa besace à la demande de l’indienne  afin de faire preuve de bonne volonté même si l’idée de devoir ouvrir les moindres poches qu’elle avait ne l’enchantait guère. Ceci fait, Anne entreprit de se rapprocher davantage dans le but de soigner l’indienne et surtout lui retirer la balle qui s’était logée dans son épaule avant que celle-ci ne finisse par lui abîmer d’autres tissus. Mais elle n’eut pas le temps de poser ses mains sur elle que l’expression soudainement changeant de son visage la fit froncer les sourcils. L’indienne lui attrapa le visage pour lui montrer ce qu’il arrivait sur elles. Anne ne perdit pas une seconde de plus pour réagir et se leva. Elle pouvait laisser l’indienne, la laisser se faire dévorer et elle n’aurait pas de problème. Ou elle pouvait prendre le risque de montrer une nouvelle foi sa bonne foi et la sauver. Le choix était vite fait, en vérité elle n’avait pas pris le temps de réfléchir, d’une part parce qu’elle agissait toujours de manière impulsive et d’autre part parce qu’il n’y avait pas le temps pour peser le pour et le contre. Anne attrapa le bras de l’indienne pour le passer sur ses épaules et l’aida à se soulever. Son bras agrippant sa taille, Anne serra les dents et l’emmena avec elle en pressant le pas. Heureusement elle n’avait pas la poche de bière qui rendait les membres de l’équipage tellement lourds qu’elle ne parvenait pas à les soulever seule. L’indienne était donc largement plus légère et facile à supporter tandis qu’elle l’aidait à marcher. Anne n’avait pas cherché à savoir si elle était apte à marcher puisque la blessure ne se trouvait pas sur ses jambes. Mais elle savait qu’une blessure par balle pouvait être si douloureuse qu’elle pouvait paralyser un corps si on n’y était pas habitué. Alors qu’elles pressaient le pas pour échapper au reptile, Anne se rendit compte que la blessure de la jeune femme n’allait pas en s’arrangeant. Alors sans s’arrêter, elle déchira d’un coup sec un pan de sa blouse pour venir appuyer sur la plaie et empêcher les saignements.

La jeune femme usa de force et redoubla d’effort pour qu’elles s’enfoncent toutes les deux rapidement dans la forêt alors que l’animal était à leurs trousses. Il était féroce et pouvait leur arracher la tête d’un coup de mâchoire mais plus c’est gros, plus c’est lent alors il fallait jouer sur la rapidité pour semer l’animal. Anne savait que ces machins avaient aussi l’odorat plus développé et était attiré par l’odeur de sang comme un dragon est attiré par l’or.  Anne jetait des regards angoissés par-dessus son épaule tout en se frayant un chemin entre les troncs d’arbres et les buissons, vérifiant de garder bonne distance avec le bestiau. Elle remarqua qu’il les poursuivait encore et elle commençait à fatiguer. Il leur fallait absolument prendre de la hauteur ou il finirait par les rattraper et son geste héroïque serait la plus grosse erreur de sa vie. Grimaçante, Anne se demandait pourquoi elle s’acharnait encore à vouloir la sauver.

« Grimpe là ! »

Anne s’était arrêtée près d’un arbre dont les premières branches étaient assez épaisses pour être escaladées. Haletante, elle aida la jeune femme à monter en lui faisant la courte échelle et pallier à son handicap causé par sa blessure. L’animal s’approchait dangereusement, Anne ne pouvait pas monter seule et une fois l’indienne perchée, la pirate tendit la main. Elle se rendit compte qu’elle avait peut être fait une erreur et craignait que cette dernière ne l’abandonne et ne l’aide pas à monter à son tour.

« Allez tire moi d’là !! » Fit-elle le visage marqué par l’angoisse alors qu’il lui manquerait du temps pour s’enfuir si la sauvage ne venait pas à son aide.






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Message Sujet: Re: Emporté par le courant Emporté par le courant  - Page 2 EmptyDim 2 Oct 2016 - 15:39

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Le même air de stupeur se peignit sur le visage de la pirate. Les crocodiles géants étaient peu nombreux sur Neverland mais leurs mâchoires en avaient avalé plus d'un ! Au village Unami, un vieil indien avait même eu le bras arraché alors qu'il pêchait. Son malheureux accident servait d'histoire pour effrayer les jeunes indiens et leur faire reconnaitre entre mille les traces du prédateur. Celui là avait sûrement été attiré par l'odeur du sang, et son odorat infaillible ne le laisserait pas l'oublier. Elle devait le tuer. Enfin, c'est ce qu'elle aurait tenté de faire si elle en avait eu les capacités physiques. Même au sommet de sa force il lui aurait fallut une bonne dose de courage pour en venir à bout mais dans cet état c'était inconcevable.

Une poigne solide la souleva du sol, lui arrachant un cri quand elle sentit les bords de sa plaie se déchirer. Freya serra les dents et s'appuya sur la jeune femme qui lui sauvait la mise. Pour ces quelques minutes, elle plaçait sa vie entre ses mains. Elle n'avait pas d'autres choix de toute façon. Chaque pas lui demandait une respiration plus forte, chaque respiration lui soulevait la cage thoracique et remuait la balle logée dans son corps. Son mental d'acier flanchait, elle sentait sa vue se brouiller et ses pieds labouraient le sol une fois sur deux. Derrière elles, la bête traçait son chemin, son ventre écailleux frottant le sol à leurs trousses.
La forêt toute proche les engloutit bientôt, ralentissant la course du reptile obligé de grimper les souches et branchages lui barrant le passage. Pour Freya aussi cependant, la course se faisait plus difficile, et malgré tout les efforts de la rouquine pour la soutenir, elle savait qu'elle ne tiendrait pas longtemps dans cet état. Pour la première fois, elle s'obligea à regarder cette femme autrement que comme une pirate. Le pan de son vêtement pressé contre son épaule, elle sut que si elle venait à l'abandonner, elle ne lui en voudrait pas. Non, elle ne garderait pas rancune, pas après tout ce qu'elle avait fait envers elle.

Freya faillit s'écrouler lorsque sa sauveuse s'arrêta brusquement face à un arbre, mais elle comprit son attention et puisa dans les forces de son bras valide pour escalader l'arbre, une branche après l'autre. Lorsqu'elle se retourna le crocodile prenait de nouveau de la vitesse, sachant qu'une partie de son déjeuner venait de s'envoyer dans les airs et qu'il ne lui restait plus que quelques minutes pour que la seconde moitié la rejoigne. Le bras tendu de la rouquine se superposa à son visage anxieux. Leurs regards se croisèrent et Freya su exactement ce que pensait la pirate. L'angoisse qui y transparaissait était palpable. Comme l'indienne quelques secondes plus tôt, elle se demandait si sa mansuétude ne s'était pas transformée en arrêt de mort. Pourtant c'est sans aucune hésitation que la guerrière attrapant l'avant bras de la pirate d'une main forte et la tira à elle.

▬ Accroche toi ! L'effort lui tira un cri de rage mais elle réussit à hisser la jeune femme à ses côtés et laissa sa tête osciller en arrière contre le tronc, à bout de souffle. A peine quelques secondes plus tard le crocodile cogna leur abri de fortune, labourant de ses pattes les racines du chêne sans pouvoir le faire ciller. Fermant les paupières, Freya pria les esprits, laissant la sueur de son front lui provoquer un malsain frisson.

▬ Il faut que tu le tues. Sa phrase avait été à peine murmurée mais elle restait très clair. L'animal s'était calmé mais semblait prêt à attendre que le cadavre de l'indienne tombe de lui-même comme une pomme bien mûre à croquer. Si la pirate avait encore l'un de ses engins de morts à répétition, c'était le moment de s'en servir.



© Gasmask


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Message Sujet: Re: Emporté par le courant Emporté par le courant  - Page 2 EmptyDim 2 Oct 2016 - 16:50


Emporté par le courant

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Freya & Anne


Hissée sur l’arbre, tout juste à temps de trouver l’équilibre sur l’épaisse branche, Anne était soulagée de voir qu’il pouvait exister une coopération entre les deux femmes contre cette abomination de crocodile. Son cœur s’emballait totalement sous l’angoisse et ressenti les vibrations du tronc perturber ses appuis lorsque la bête vint taper contre celui-ci. Anne grimaça, réprimant un soupir de soulagement en ayant manqué de tomber en avant. A priori elles étaient à l’abri mais sa camarade indienne était au plus mal à en juger la couleur de son visage. Comme si tout le soleil emmagasiné dans sa peau s’était estompé en l’espace de quelques secondes à cause de cette foutue blessure.

Cette dernière lui fit remarquer dans la panique qu’il vaudrait mieux tuer la bestiole. Lisait elle dans son esprit ? Anne étouffa un rire nerveux, n’ayant jamais vraiment eu à tuer un crocodile géant auparavant. Elle avait beau avoir tué des squales et des rorquals et autres cétacés dont la taille n’avait rien à envier, elle se sentait effrayée par le requin. C’était une situation tout à fait ironique de ne pas craindre un squale en ayant à le tuer dans l’environnement aquatique qui ne lui était pas naturel et la voir perdre ses moyens dans son environnement naturel face à une bête tout aussi féroce. La pirate ignorait ce qu’il se passait dans sa tête mais elle devait d’abord cesser de réfléchir et agir avant que l’indienne ne finisse par mourir de ses blessures si elle ne faisait pas en sorte d’avoir le temps pour la soigner.

Anne se redressa, observant l’animal en bas qui toujours attiré par l’odeur de sang ne semblait pas décidé à laisser ses proies s’en aller.  Elle analysa toutes les possibilités, la manière dont elle pourrait attaquer et où afin d’éviter de se faire arracher la tête et ne pas lui laisser le temps de répliquer. Anne dégaina son sabre, priant pour que la lame soit suffisamment affutée pour réussir à transpercer les grosses écailles du reptile puisqu’elle de là où elle était, elle n’avait pas accès à ses points faibles. La pirate se mordilla les lèvres avant de se décider et trouver le bon moment où d’un bon elle quitta l’arbre. Elle sauta sur le reptile et enfonça sa lame entre ses vertèbres cervicales. Au mieux cela le tuerait sur le coup, au pire il se retrouverait partiellement paralysé.  La pirate fit en sorte de s’accrocher, usant de force pour planter la lame aussi profondément que possible malgré son épiderme résistant. D’un mouvement brusque de l’animal sous l’effet de la douleur, Anne fut propulsée et roula sur le sol après s’être cogné la tête contre un rocher. La pirate tenta de se relever derechef, titubante, étourdie elle dû poser un genou à terre pour se rattraper.

Le reptile n’était pas mort, elle l’avait salement énervé et cela n’annonçait clairement rien de bon pour elle et aussi pour la demoiselle qui devait attendre perchée sur la branche. Anne sorti son second sabre, retrouvant ses appuis sur ses pieds et lorsque l’animal fut trop près d’elle il ouvrit grand la gueule dans le but de la dévorer. Un coup de sabre dans les naseaux lui fit détourner sa trajectoire, et Anne en profita pour continuer de le ruer de coups d’épée dans la tête. La lame enfoncée dans sa nuque le tuait à petit feu et au bout de quelques longues secondes, il n’eut plus assez d’énergie pour l’attaquer. Il se laissa à l’agonie sur un côté, Anne vint l’achever et s’éloigna de quelques pas pour reprendre son souffle. Elle avait bien faillit y passer, mais le combat pour la vie était loin d’être terminé. La pirate parvint à escalader l’arbre pour rejoindre l’indienne : puisque le crocodile n’était plus à ses talons, elle pouvait prendre du temps pour monter sans solliciter la jeune femme. Essouflée, le visage recouvert de sang sans que l’on sache à qui il appartenait au vu de sa blessure, Anne décrocha de sa ceinture sa gourde contenant du rhum. Elle en imbiba un tissu qu’elle arracha de sa blouse en lin puis se rinça les doigts avec l’alcool également.

« Le rhum a toujours raison. » Fit-elle comme pour dédramatiser sans grande conviction.

La pirate leva les yeux vers l’indienne et lui tendit sa gourde si elle voulait en boire un peu.

« Ca permet d’oublier la douleur mentale et surtout physique. » Ajouta t-elle pour qu’elle comprenne que c’était un anesthésiant basique qui lui permettrait de ne pas trop ressentir la douleur.

La pirate lui laissa la gourde, puis sans lui demander son avis, elle inséra ses doigts dans la plaie afin d’extraire la balle sans même avoir pris le temps de bloquer son essoufflement à cause de la mésaventure. Elle lui retira la vilaine, épongea la plaie avec son tissu imbibé et lui demanda de le tenir le temps qu’elle cherche dans sa besace du fil et une aiguille dans le but de refermer tout ça.

« J’voulais pas qu’il tire, j’espère qu’tu l’as compris. »






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Message Sujet: Re: Emporté par le courant Emporté par le courant  - Page 2 EmptySam 15 Oct 2016 - 13:51

Emporté par le courant
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Sa respiration hachée l'essoufflait de minute en minute et ses yeux s'ouvraient et se fermaient, semblables aux ailes d'un papillon agité. Quand elle vit la pirate dégainer son arc elle eut un mouvement non pas de recul, mais d'élan. Lorsqu'elle avait souligné à la rouquine qu'il fallait tuer la bête, elle avait pensé à ses armes à feu. Ces engins mortels qui pour une fois, aurait été bienvenus pour tuer à distance. Car le crocodile géant, doté de six pattes, loin du bon vieux quadrupède était un animal intelligent, doté d'un odorat infaillible et d'une stratégie effrayante pour un cerveau de la taille d'un gros pois. Mais la main tendue de Freya se referma sur le vide, la guerrière avait déjà sauté.

Allongée sur la branche, le bras ballant, l'indienne observait impuissante le combat qui se jouait à quelques mètres en dessous d'elle. Propulsée au loin, à la merci de la bête, la pirate avait toutefois réussi à planter profondément sa lame dans la nuque fragile du reptile géant. Se redressant, le courage et la détermination qu'elle put lire dans ses yeux impressionna l'Unami. Peut-être était-ce sa fièvre montante et n'était-ce que folie et inconscience qui nourrissaient les gestes de la pirate, mais Freya sentit sa haine se tarir à l'égard de la jeune femme. Pire, quand elle vit remonter la rouquine, fardée de sang, le pas encore alerte, elle crut voir la déesse guerrière des chants indiens anciens. Pourquoi l'île avait-elle mis un tel esprit dans un corps de pirate? Que voulait-elle lui dire... Elle se redressa tant bien que mal face à sa sauveuse.

Une petite gourde se substitua alors à son champs de vision et Freya l'attrapa, la soupesant brièvement avant d'y porter ses lèvres, docile. Le goût infecte lui fit presque tout recracher et avant que la pirate n'ait pu faire quoi que ce soit, elle fit tomber la fiole au sol et passa sa main dans sa veste pour en sortir sa propre gourde.
▬ ça, plus fort que ta boisson de fillette. esquissa t-elle dans un sourire forcé avant de porter le breuvage à ses lèvres. C'était un secret bien gardé des Unamis, une tisane à base de cacao et de sève d'érable fermentés que seuls les guerriers buvaient à petite dose. L'effet dopant et anesthésiant eut tôt fait de faire effet. Pas assez cependant pour absorber le hurlement de douleur qui secoua Freya lorsque la pirate lui retira à main nue la balle de son épaule. Des flambeaux passèrent devant ses yeux alors qu'elle tenait tant bien que mal le coton imbibé qui lui rongeait la peau. Elle ne le retira que pour laisser la pirate recoudre la plaie, sentant à peine l'aiguille traverser sa peau. Son regard se perdit dans le feuillage, saoulé par le breuvage et la fatigue.

▬ Tu te donnes beaucoup de mal pour l'effet opposé c'est sûr. Pour ta tête.soupira t-elle en lui glissant la fiole entre les mains. La pirate était salement amochée et son choc à l'arrière du crâne occultait peut-être des séquelles invisibles.

▬ Aide moi à descendre. Glissant à terre tant bien que mal, le sol attira son corps et si ce n'est la poigne de la pirate, elle aurait posé genoux à terre. Le cadavre du crocodile gisait à quelques mètres de là, gueule ouverte, l’œil vide. Il ferait un magnifique trophée si la pirate souhaitait le ramener à son village. Mais pour l'heure elle était aussi épuisée et mal en point qu'elle et Freya se surprit presque à ses propres mots.

▬ Mon campement est moins loin que ta ville. Il faut te soigner aussi. Cache tes affaires ici, je m'occupe du reste.



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Message Sujet: Re: Emporté par le courant Emporté par le courant  - Page 2 EmptyDim 13 Nov 2016 - 18:53


Emporté par le courant

I’ve tried to make this life my own, to find myself, I’ve searched alone. To let love go and let it in, I found it burning like a sin. I’ve worked it out, but learned it hard, it’s sad inside and life is out. Till I won’t settle down and watch either way.
Freya & Anne


La pirate fronça les sourcils en la voyant sortir son propre alcool en rétorquant que c’était plus fort que le rhum. Elle ne doutait pas de ses paroles, car aussitôt  qu’elle avait dé bouchonné la gourde, les effluves sucrées et fortes vinrent lui picoter le nez. Elle ne connaissait pas cet alcool mais si cela faisait suffisamment effet le temps qu’elle s’occupe de sa plaie alors soit. Anne  fut ainsi en mesure de faire correctement son travail tout en se montrant assez rapide, trahissant là l’habitude d’un tel acte. Les points de suture étaient faits correctement et Anne termina son travail en appliquant un baume protecteur et cicatrisant qu’elle avait fait elle-même. A force de vivre dangereusement elle savait ce qui était efficace et ce qui ne l’était pas Dans tous les cas, l’indienne était hors de danger et Anne pouvait entreprendre de rentrer sur la côte pour retrouver le Walrus amarré. C’était une sale journée quand même, elle allait rentrer les mains vides et avec un membre de l’équipage en moins, Silver allait sans doute lui demander des explications.

Anne aida l’indienne à descendre de l’arbre, la tenant fermement pour que cette dernier ne se fasse pas mal et vint à sauter à son tour. L’atterrissage la secoua, l’obligeant à venir se caler contre l’arbre pour ne pas tituber davantage. Elle avait de vives douleurs sur le crâne où elle s’était cognée et le geste brusque l’avait rappelée à l’ordre qu’elle était loin d’avoir le maximum de ses capacités.  Anne devait sans doute présenter d’autres blessures et indienne lui proposa ainsi de venir avec elle. Bonny grimaça, elle appréciait son envie de l’aider mais se retrouver dans un camp d’indiens était loin de ce qu’elle avait imaginé comme programme pour la suite. Elle était certes blessée mais ne voulait pas prendre le risque de se faire embrocher a cause du  moindre faux geste qu’elle pourrait malencontreusement faire ou le moindre jugement. Une pirate chez les indiens, ce serait mettre une brebis à nourrir aux squales, tous verraient leur haine pour les pirates retransmise à travers elle et même si pour chacun d’entre eux elle ne les avait jamais vus, elle préférait crever dans un coin plutôt que de se faire torturer par eux.

« Chui pas sûre qu’ce soit une bonne idée…. » Fit Anne avec conviction.

Jusque là, elle sentait que sa blessure à la tête et avec un peu de chance la couleur du sang allait se mêler à celle de ses cheveux et ne pas montrer qu’elle n’était pas au top de sa forme et même très loin de l’être. Elle était étourdie, comme si elle était ivre mais arrivait à garder les yeux en face des trous et suffisamment de raison pour décliner l’invitation de l’indienne. Anne aurait préféré se redresser et s’en aller à ce moment là mais senti que si elle entreprenait cela elle allait tomber dans les vapes, alors elle resta adossée contre l’arbre, prétextant que c’était voulu et étira un fin sourire. Anne faisait toutefois preuve de force pour ne pas montrer qu’elle commençait sévèrement à avoir mal au crâne.

« J’vais r’trouver l’chemin, mon équipage doit m’attendre. Vas-y si tu veux, moi je vais rester un peu le temps de…. »

Anne cligna des yeux, alors qu’elle se sentait partir, elle mima un instant de fatigue et s’empressa de s’asseoir contre l’arbre, vacillant dans ses pas et la mine livide mais dans le but de retrouver ses esprits.

« Heu… le temps d’récupérer un peu... » Souffla t-elle en se frottant les yeux.

Anne fit un geste d’au revoir à l’indienne  afin de ne pas montre de faiblesse même si pour le coup c’était peu convaincant.

« Ravie d’avoir croisé ton ch’min !! » Déclara t-elle amicalement sans vraiment l’avoir voulu mais surtout histoire de mettre un point final à leur conversation parce qu’elle craignait vraiment que celle-ci insiste et qu’elle soit dans la merde jusqu’au cou en se retrouvant chez les indiens.

Le plus ironique dans cette histoire, c’est qu’elle avait véritablement besoin de soins mais comptait faire le stricte minimum, s’arroser la tête de rhum et envisager le chemin retour en passant par les sentiers les plus dégagés de la forêt pour éviter les gros bestiaux dans le genre du cadavre à côté d’elle. Elle avait juste à prier arriver sans tomber dans les pommes au beau milieu du chemin.











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Message Sujet: Re: Emporté par le courant Emporté par le courant  - Page 2 EmptySam 10 Déc 2016 - 20:57

Emporté par le courant
Anne & Freya
You who wish to conquer pain, you must learn what makes me kind, the crumbs of love that you offer me, they're the crumbs I've left behind. Your pain is no credential here, it's just the shadow, shadow of my wound ▬ AVALANCHE Leonard Cohen


Prudemment et avec délicatesse, Freya tata son épaule, touchant la plaie brûlante de ses doigts et le fil fin qui brodait sa peau. Un travail de pro, la guerrière devait l’avouer. Elle n’avait jamais été très douée dans l’art chirurgical de la médecine. La patience, la retenue n’étaient pas réellement ses points forts. Elle avait bien essayé d’apprendre, mais le calme et la précision de chaque geste l’avaient vite fait fuir vers des arts plus prompts à défouler sa passion. Le baume que la pirate y avait ajouté rendait une incroyable sensation de fraicheur et l’indienne le porta à ses narines pour essayer d’en analyser la composition. Il faudrait qu’elle l’apporte à l’herboriste du village, elle saurait bien mieux qu’elle en comprendre toutes les subtilités. De plus, elle ne poserait pas trop de questions quand à ses blessures. Avec Freya, elle avait l’habitude de la retrouver avec plus de cicatrices chaque jour.

Au refus catégorique de la rouquine, l’indienne acquiesça. Sa langue avait parlé plus vite que son esprit, la pirate avait raison. Jamais elle ne pourrait sortir du campement des Unamis vivante si elle y entrait. Et jamais cette pensée n’aurait dû effleurer l’esprit de la guerrière. Bien qu’elle le mette sur le compte des combats éprouvants et de la fatigue, Freya s’en voulait d’avoir failli trahir les siens en amenant le symbole de leur pire ennemi dans leur intimité. Elle qui seulement quelques heures auparavant aurait tué tout intrus pénétrant sur le territoire Unami, elle était à présent prête à faire entrer l’un d’eux sur le campement. Quel drôle de revirement. Mais quel drôle de personnage aussi qu’était cette pirate pour se comporter différemment de ses semblables !

Au moment où elle allait laisser la rouquine la convaincre irrémédiablement que se séparer tout de suite était la bonne idée, elle l’a vit s’affaisser sur le tronc de leur arbre de fortune, prétextant un petit coup de fatigue. La guerrière fronça les sourcils, observant à la dérobée le crâne amoché de la jeune femme. Le sang ne provenait pas que de l’animal puisque ce dernier avait la particularité d’être un rouge presque violacé. Or celui qui ornait la tête de la pirate était d’un rouge royal. Son au revoir d’une main presque inerte et le « ravi d’avoir croisé ton ch’min » presque ironique finis de la convaincre qu’elle ne pouvait abandonner là celle qui l’avait sauvée. Il en allait de son honneur.

▬ Laisse moi t’aider. J’ai un abri pas loin. Tu risquerais de tomber sur un autre Unami et tu ne tiendras pas deux minutes face à lui. Ce n’était pas dit méchamment, c’était une constatation. Loin de Freya l’idée de penser que la pirate n’était pas une femme et une guerrière accomplie, elle l’avait prouvé. Mais elle aurait pu tomber sur le plus nul des Unamis, ou pire, un Piccanniny qu’elle n’aurait pu tenir bien longtemps. Attrapant la jeune femme sous l’aisselle, elle maintint sa tête délicatement contre son épaule, celle non blessée il va sans dire, histoire de ne pas secouer plus que nécessaire la boîte crânienne amochée. Elles avaient bien l’air de deux vieilles dames rabougries alors qu’elles remontaient un petit chemin en pente douce jusqu’aux pieds des montagnes de l’Imaginaire. Là, Freya aida la jeune femme à grimper dans l’une des cavités, invisibles vu d’en bas, et l’allongea sur la natte rustique qui lui servait de lit de camps lors de ses veilles.

Se trainant jusqu’au reste de son feu de la matinée, elle en raviva les flammes avec dextérité et y posa par dessus, une décoction de thym et de plantes calmantes qui embauma bientôt la petite grotte. Attrapant un linge et une coupelle en chêne, elle s’approcha avec lenteur de la pirate, la voyant à demi somnoler sous l’effet conjugué de ses blessures et des plantes. Elle savait que jamais elle ne l’aurait laissé faire si elle avait été en pleine possession de ses moyens, mais elle souleva doucement la jeune femme par les épaules, et cala sa tête contre sa jambe, inspectant d’un œil fatigué la plaie et la rinçant du mieux possible. La blessure ne semblait ouverte et ne nécessité pas de point, juste du repos et une cicatrisation propre. Sous le regard de la pirate, elle fouilla dans son sac qu’elle avait pris la peine d’emporter et lui prit le baume qu’elle avait appliqué sur son épaule pour la passer sur le crâne de la rouquine.

Reposant sa tête légèrement surélevée sur la natte, elle se posa contre le mur à ses côtés dans un soupir extrême. Elle posa enfin la question qui lui brûlait les lèvres.

▬ Quel est ton nom, guerrière aux cheveux de feu ? Le fait qu’elle l’ait nommé guerrière et non pas pirate était un compliment énorme venant d’une indienne. Le fait seulement qu’elle veuille connaître son nom en disait long sur le respect qu’elle ressentait pour la jeune femme.



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Message Sujet: Re: Emporté par le courant Emporté par le courant  - Page 2 EmptySam 10 Déc 2016 - 22:04


Emporté par le courant

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Freya & Anne


C’était pire qu’avoir la gueule de bois après une cuite. La torpeur dans laquelle Anne était glissée n’était en plus pas réellement de son dû. Face à l’impuissance, elle n’avait eu d’’autre choix que de capituler et se laisser glisser contre l’arbre en espérant récupérer assez vite. Un au-revoir grotesque à l’indienne et la jeune femme remarquait que sa blessure à la tête commençait à couler sur son visage. La vue se troublait, son cœur semblait ralentir et avant qu’elle ne se laisse abandonner dans l’inconscient, la main salutaire de l’indienne la ramena à la réalité. Elle lui proposait ainsi son aide, de manière tout à fait honorable puisque Anne l’avait déjà aidée juste avant. Se faire emmener dans un abri oui, elle acceptait volontiers, surtout si elle pouvait éviter d’être une proie facile. La pirate glissa un faible sourire qui contrastait sèchement avec sa peau devenue livide en l’espace de quelques secondes. Blessée, Anne Bonny n’était que l’ombre d’elle-même et l’indienne avait raison de dire qu’elle ne ferait pas long feu.

La pirate rassembla le peu d’énergie qu’il lui restait pour se mettre debout sur ses jambes tremblantes tandis que l’indienne l’aida à avancer. Elle faisait attention à elle, ce n’était pas l’aider pour effacer sa dette mais elle ressentait une réelle envie de lui apporter du soutien. C’était rassurant quelque part, bien que faire confiance à un inconnu n’était pas le genre de la maison, l’idée qu’elle puisse avoir raison cette fois-ci lui plaisait assurément. Anne respira doucement, profitant de ce sentiment d’aise que l’on appelait le soulagement et si on lui avait dit qu’une indienne lui serait venu en aide, elle aurait rit aux éclats. Anne avait su lui montrer qu’elle n’avait rien de personnel contre les indiens, elle n’aimait pas que l’on suive un motif et alors, peut être que cette dernière voyait Anne exactement de la même manière : une personne à part entière sans véritable appartenance.

Sur le chemin quelque peu difficile, Anne tentait de ne pas être un fardeau tout en y allant à son rythme au risque de tourner de l’œil. Vacillante, la pirate se sentait toutefois faiblir de plus en plus sur les dernières minutes de marche et lorsqu’enfin elles se glissèrent dans la cavité cachée du reste de la nature, elle soupira doucement. La pirate essayait de ne pas s’endormir, elle avait peur que cela soit la mort et ainsi elle concentrait son attention sur ce que faisait l’indienne. Les flammes du foyer lui réchauffèrent la peau lorsque cette dernière eu fini de le raviver. La chaleur du feu avait quelque chose de doux et de réconfortant, tout comme ces senteurs aromatiques de thym qu’elle reconnaissait même en ayant les sens perturbés ; pour peu elle se serait crue chez elle, devant sa petite cheminée. Portant sa main vers son visage, d’un revers de manche elle essuya le sang qui devait être le sien et qui lui donnait de désagréables frissons à chaque fois que cela venait à couler. Anne respirait doucement, luttant comme elle pouvait contre la gêne qui paralysait son corps.

Heureusement, quelques minutes après, sa sauveuse entreprit de lui faire quelques soins. La pirate ne broncha pas, montrant simplement quelques signes de faiblesse dans de douloureuses grimaces qui lui faisaient crisper les mâchoires. Anne lui faisait confiance, encore une fois car elle savait qu’elle aurait une chance de s’en sortir si elle restait calme et parce que les remèdes indiens étaient réputés pour faire des miracles. La voix de l’indienne la tira de nouveau de son état pitoyable une fois qu’elle eu terminé de la soigner, lui apportant un peu plus d’accroches à la réalité comme si elle la maintenait hors de l’eau. Elle fut surprise de l’entendre la surnommer « guerrière aux cheveux de feu » et si elle avait eu la force d’en faire un commentaire elle lui aurait sans doute fait la remarque qu’elle préférait cela à son prénom.

« J’suis Anne Bonny, et toi ? » Demanda t-elle en retour.

Se présenter avait il quelconque signification ? Anne s’en foutait un peu en temps normal, mais elle se disait que pour les indiens mettre un nom sur un visage c’était peut être commencer à considérer que la personne possédait une âme ou quelque chose dans ce genre. La jeune femme n’était pas en état pour philosopher, elle avait chaud, elle se sentait aussi parcourue de sueurs froides et elle avait atrocement mal à la tête et plus les minutes défilaient, plus elle avait de mal à rester parmi les vivants avec ces sensations de vertiges qui n’avaient de cesse de la faire trembler d’angoisse.

Heureusement les soins qu’elle lui avait apportés lui permettraient de ne pas mourir et avant de songer à éventuellement s’endormir dans cet abri qui était le sien, Anne tenait à faire les choses de manière polie.

« Merci de m’avoir soignée, t’as raison, j’aurais pas fait long feu si quelqu’un d’autre était arrivé. J’espère juste qu’t’auras pas de problèmes »

Elle espérait cependant ne pas rester trop longtemps ici, sous risque que Silver vienne la chercher car là ça pouvait éventuellement poser problème.












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