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 Sur le fil de la mémoire et du rasoir // Naya
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Message Sujet: Sur le fil de la mémoire et du rasoir // Naya Sur le fil de la mémoire et du rasoir // Naya  EmptyJeu 28 Avr 2016 - 14:49

Send me on my way
Naya & Freya
I would like to reach out my hand I may see you, I may tell you to run ▬ RUSTED ROOT

Ses bottes crissèrent sur les premiers graviers. Le terrain en avait fini de monter en pente douce et accentuait désormais sa prise vers les hauteurs. Les arbres se raréfiaient. Les espèces caducs laissaient place à une pinède caractéristique des altitudes. Cette nouvelle odeur, piquante, rafraichissante, contrastait avec l’humidité douce des sous-bois en aval. Freya inspira une longue goulée d’air, emplissant ses poumons de cet oxygène aromatisé. La guerrière avait sauté sur cette nouvelle mission pour s’éloigner du campement Unami. Non pas qu’elle s’y sente mal, il était son foyer à tous les égards, mais les récents évènements y avaient insufflé un vent de panique. Les visages déterminés se paraient de tics inconscients. Des traces d’angoisse, d’incompréhension qui rendait Freya nerveuse. Elle détestait voir s’insinuer le doute chez ses compagnons. Hésiter relevait d’une faiblesse. On pouvait y réfléchir, en débattre afin de trouver des solutions, poser quelque chose de constructif, mais l’indécision n’amenait que le vague, le flou, l’immobilité. Et rester immobile sans but était tout simplement impossible pour la jeune guerrière.

La mission de reconnaissance consistait à surveiller les rôdeurs qui s’aventuraient toujours plus loin des villes. Avec la nuit permanente, ils se disaient sans doute qu’on les remarquerait moins. Le pillage avait toujours existé sur l’île, mais les indiens Unami n’en avait fait les frais que peu de fois, comprenant vite de leurs erreurs. Il n’était pas le peuple le plus ouvert de Nerverland, mais au moins n’avaient-ils pas à souffrir d’une trop grande hospitalité. Ne pas accorder sa confiance, signifiait tout bêtement ne pas être trahi. Ils n’avaient pas besoin de leur aide, et ils n’avaient pas à apporter la leur. Ces peuples pervertis donnaient la nausée à Freya mais elle savait que le temps viendrait où la nature les chasserait, d’ailleurs… peut-être avait-elle déjà commencé…

Escaladant les contreforts rocheux, l’indienne assura ses prises avec minutie, se calant sur un rythme soutenu pour arriver au plateau quelques mètres plus haut. Elle n’avait pas l’intention de dépenser plus d’énergie qu’il ne lui en fallait pour avoir une vue dégagée au dessus de la cime des arbres. Appuyant ses coudes pour faire passer ses jambes sur le terrain plat, Freya se redressa à demi, vérifiant que ses deux couteaux étaient toujours là. Ses mains caressant le cuir des deux manches la rassurèrent et elle entreprit de sonder le panorama qui s’offrait à son regard.
Le camp se dressa en amont de la forêt, si bien qu’elle avait une vision nette de tout ce qui pouvait s’en approcher. Après quelques minutes d’attention soutenue, elle remarqua un mouvement dont les déplacements ne pouvaient être ceux d’un simple animal. Plissant les yeux, la guerrière détailla la silhouette qui longeait la montagne à travers la forêt, elle aurait pu l’atteindre d’une flèche, si elle avait été une excellente archère peut-être. Mais si elle représentait une quelconque menace, Freya pouvait la rejoindre en quelques minutes au vu de son allure. Elle était accompagnée d’un cheval, et son sang ne fit qu’un tour lorsqu’elle reconnut la bête en question, la robe tachetée. Et bien qu’elle n’ait pas hérité de la vision de l’aigle, elle aurait reconnu la personne qui lui tenait la bride entre mille.
« Nayana… » souffla la guerrière entre sa mâchoire tendue.

Quelques années plus tôt…

Le bâton s’abattit lourdement sur ses bras avant de faucher ses jambes. La gamine réalisa un vol plané spectaculaire avant de s’affaler comme une poupée de chiffon sur le sol poussiéreux du terrain d’entrainement. Comme elle s’y attendait, les rires fusèrent autour d’elle, et la petit se releva en grimaçant, la tête volontairement haute. Retournant dans la ligne des élèves, elle s’obligea à ne laisser rien paraître de son humiliation. L’indien qui les entrainait prenait un malin plaisir à la choisir pour toutes les démonstrations, et prenait garde à ne lui laisser aucune chance. Si elle lui en voulait, sa précoce maturité lui soufflait qu’elle n’en serait que plus forte.

«  Deux par deux, chacun son bâton entrainez-vous ! » Bien sûr avant d’avoir pu dire ouf, tout le monde était en duo et elle se retrouvait seule. Presque. Une autre petite fille d’à peu près son âge, c’est à dire pas plus de dix printemps serra son bâton contre elle, à l’écart. Elle la connaissait de vue, mais sa faible sociabilité lui avait fait manger son nom. S’approchant, Freya se planta devant la jeune indienne sans se départir de son air boudeur.
« On a pas besoin d’eux… ils auraient retenu leurs coups de toute manière. Ils nous auraient rendu faibles. » Maniant son bâton, Freya tint sa garde, invitant sa nouvelle partenaire de combat à attaquer, sans même lui avoir demander son nom. Après tout, un des chemins pour connaître une personne est de le combattre.



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Message Sujet: Re: Sur le fil de la mémoire et du rasoir // Naya Sur le fil de la mémoire et du rasoir // Naya  EmptyVen 29 Avr 2016 - 15:47

Better to have memories as regret.

Les jours se suivent et se ressemble. Voilà plusieurs lunes que j’ai quitté mon clan et que j’aire seule ici et là, au grès de mes pas, ceux de ma jument et du vent. La différence était que le soleil avait décidé de ne plus se lever, laissant place à la sombre lueur de la nuit, de façon permanence. Je ne savais pas ce que les esprits pouvaient bien faire pour qu’une telle chose arrive, ni se qu’il avait été fait pour les mettre à ce point en colère. C’était l’un des inconvénients de vivre seule à présent … Il m’était impossible de communiquer directement avec eux, je n’étais pas leur messagère, uniquement une fidèle. Je tenais la bride de ma fidèle jument, le seul être qui ne m’en voulait pas à mort, mon unique compagnie, la seule âme que porte cette terre qui m’est encore fidèle. C’était peu, mais c’était suffisant pour moi, après tout, il valait mieux être seul, que mal accompagné. Ces mots n’avaient jamais eu autant de sens que ces temps derniers.

J’étais si proche de ceux que j’avais quittés uniquement parce que je n’avais pas trouvé de point d’eau, si je pouvais survivre avec peu de choses, j’avais toujours en tête que ma jument ne devait payer pour mes décisions, c’était donc pour elle, cette fois que je risquais ma vie en m’approchant autant du campement Unami. Je ne connaissais pas leur disposition au vu de cette nuit permanentes, mais j’étais sûr que les lieux n’étaient plus aussi déserts qu’à mon départ. Mon clan était un peuple très méfiant par nature, et le manque de visibilité quotidienne allait surement attirer les voleurs et les pirates, en quête de richesse, peut-être même de femme… Seuls les plus fous oseraient s’attaque à mon peuple, ce peuple… il n’était plus le mien à présent, et j’aller devoir modifier cela dans mon vocabulaire, mais aussi dans mes pensées. Qu’avais-je gagné à quitter les miens ? C’était une question pleine de sens, j’aurais pu rester, faire semblant que tout me suffisait, finir par m’unir à l’un des hommes de mon âge qui aurait bien voulu de moi, lui faire des enfants et finir comme toutes ces autres femmes, ou comme ma mère, finir en donnant moi-même naissance. Mais cette perspective était si pâle à mes yeux, j’avais toujours qu’un fond de moi, j’avais cette chose, cette flamme qui me dictait que cette vie n’était pas faite pour moi. Alors oui, j’errais seule aujourd’hui, mais j’avais le pressentiment que ce n’était qu’une simple étape dans les tumultes de ma vie.

Mes bottes fouettaient le sol herbeux, la pointe faisant voler de temps à autre un caillou ou encore un morceau de bois trainant là. Ma jument quant à elle, avait une bien meilleure vision que moi, dans cette journée bien peu lumineuse. Combien de temps est-ce que les dieux allaient être en colère contre les hommes ? Bientôt j’espère ! Le chant des oiseaux à travers le feuillage me manquait déjà. Car oui, eux aussi étaient perturbés par ce changement, sans lumière, l’envie ne leur prenait plus de nous faire entendre le doux son de leur voix. Le cours de mes pensées m’avait mené instinctivement ce point d’eau, qui était la raison de ma venue ici. Je n’y étais d’ailleurs pas venu depuis un long moment. Je lâchais la bride de ma jument pour la laisser boire librement. Je tournais la tête sur cet arbre là, il avait un tronc bien plus large que tous les autres autour et semblait presque mort à l’époque, pourtant aujourd’hui, il était toujours là.

Le fil de la mémoire …

J’étais grimpé dans cet arbre sans aucun mal. Je l’avais choisi totalement au hasard, mais il m’offrait un angle de vue certain sur ce point d’eau qui allez être une merveilleuse stratégie pour l’emporter sur nos adversaires. Freya était moins bonne grimpeuse que moi, bien qu’elle fût meilleure que ce qu’elle voulait bien laisser croire. Je m’étais toujours demandé si c’était une stratégie, ou un réel manque de confiance en ses capacités. C’était une question à laquelle je n’allais jamais avoir de réponse… La forêt était dans plus calme, jamais quelqu’un n’aurait pu imaginer que quelque chose était en train de si dérouler, ce quelque chose était un entrainement. Nous étions tous en petit groupe de deux voir trois, nous avions choisi et après ces années, Freya et moi c’était devenu une évidence ! Jamais l’une sans l’autre, nous n’étions pourtant pas très grands, ni très musclé, nous étions même les deux seules femmes à encore faire partie de ses entraînements, les autres s’étant déjà rangé pour retourner aux tâches des femmes dans le clan. Faire la cuisine, la lessive, s’occuper dans enfants, des choses qui étaient très loin de la vie que nous voulions avec mon amie. Il avait suffi d’une seule erreur de la part de nos adversaires pour qu’ils soient repérés. Je tournais la tête rapidement pour poser mes yeux sur Freya qu’il était dissimulé dans les feuillages plus bas. Elle aussi l’avait entendu et avait levé les yeux sur moi. Nous n’avions pas besoin de mot pour communiquer, tout était instinctif et naturel entre nous, c’est peut-être ça qui faisait de nous une si bonne équipe. Il avait fallu une seconde de plus pour que nous fondions toutes les deux sur ces deux Indiens qui n’avaient pas été aussi malins que nous, ils étaient à présent inconscients sur le sol, à nos pieds. Je levais le regard sur mon amie, un sourire se dessinant petit à petit sur mes lèvres. « Décidément, ces deux là n’apprennent rien de leur échec, chaque fois ils tombent dans le même piège… » Je levais la main pour la poser sur l’épaule de la jeune femme, serrant légèrement en signe d’affection.
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Message Sujet: Re: Sur le fil de la mémoire et du rasoir // Naya Sur le fil de la mémoire et du rasoir // Naya  EmptyMer 11 Mai 2016 - 16:05

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Son sang fouetta ses veines alors que les souvenirs de son double, de sa complice de toujours lui revinrent en mémoire. Ses doigts agrippèrent la pierre rugueuse, écorchant presque sa peau sous l’envie meurtrière qui naissait en elle. Elle osait revenir sur des terres qu’elle avait reniées. Elle osait fouler le sol, respirer l’air, partager les esprits qu’elle avait trahis. N’avait-elle donc aucun honneur ? Etait-elle tombée si bas que plus rien à ses yeux n’avait d’importance ni de dimension sacrée ?
Les yeux clairs de Freya s’amincirent en deux fentes félines, noyées dans le noir qu’elle avait étalé autour de ses yeux. Elle laissa son pouls ralentir, son souffle se caler. La guerrière aurait pu alerter les éclaireurs près du camp, ils étaient plus proches qu’elle de Nayana. Ils l’auraient encerclé et maitrisé sans problème. Mais son cri préventif à travers sa corne l’aurait trahi. Nayana connaissait le son, c’était elle qui la lui avait offerte. Quand bien même elle se serait enfuie que tout espoir de capture n’aurait pas été vain, Freya aurait pu lui bloquer le passage avant d’être rejoint par les autres membres du clan. Oui, c’était la décision la plus sage, la plus stratégique. Nayana remonterait sur son cheval, et la guerrière savait exactement quel chemin praticable elle prendrait et où se poster pour lui barrer toute échappatoire … pourtant…

Son impulsivité prit le dessus et sa main qui était descendue vers sa corne changea d’avis, se posant sur le rebord de la plateforme pour l’aider à en descendre. D’un saut léger elle entama sa route vers le bas, assurant chaque prise avec une détermination nouvelle. Naya allait payer pour être partie, pour les avoir laissé, pour l’avoir abandonné elle.
A peine arrivée à l’orée de la forêt qu’elle s’y enfonça au pas de course. Ses pieds se posant à peine sur le sol, prenant soin d’étouffer son avancée dans l’herbe grasse, la mousse ouateuse, la branche stable. Au fond d’elle, Freya savait qu’elle venait de prendre la mauvaise décision, celle du cœur et non de la tête. Elle souhaitait un face à face, des explications avant de la livrer à son clan. Elle souhaitait se faire justice avant celles des esprits, et la guerrière les pria de la pardonner.

La fraicheur caressa son visage et Freya sentit l’humidité de l’air augmenter. De l’eau toute proche. La jeune femme connaissait bien cet endroit. Cette petite clairière à peine assez grande pour contenir une mare. Elle se souvenait de l’arbre penché au dessus de l’eau, où Naya avait l’habitude de grimper en deux temps trois mouvements. Ralentissant l’allure, elle aperçut la bête tachetée boire goulument, et profita de ses gargarismes pour avancer au plus près de sa proie. Voir son visage d’aussi près, après ces mois d’absence avait quelque chose de troublant. Naya n’avait pas tout à fait changé. Ses yeux étaient toujours verts et sa bouche au même endroit mais son allure, ses signes distinctifs s’étaient effacés. C’était comme de regarder une nouvelle personne enfermée dans le corps d’un être qu’on avait chéri.

Elle aurait pu se jeter sur elle sans préavis et cela aurait peut-être marché. Peut-être. Mais elle voulait plus qu’un peut-être dans cet affrontement, elle voulait la regarder droit dans les yeux. Elle voulait qu’elle sente autant sa colère que ses poignards qu’elle enfoncerait bien volontiers jusqu’à la garde. Ses doigts tirèrent les lames de leur étui et d’un geste de vif, Freya en lança un à hauteur de la tête de Naya qui vint se ficher dans le tronc juste à côté dans un chuintement sec. D’un pas lent la guerrière sortit du couvert des arbres, histoire de montrer qu’elle n’était pas là pour se cacher mais que la discussion ne se déroulerait pas sous les meilleurs hospices.
▬ Ça fait longtemps que j’attends ce moment…

Le fil de la mémoire...

La texture douce de la corne sous ses mains fit sourire la jeune femme. Aujourd’hui c’était son 16e anniversaire. Le passage à l’âge adulte. Son institution en temps que guerrière des Unami. La fête avait été chaleureuse, précédée d’une cérémonie où Kaâ et l’Ancien l’avait gratifié, invoqué les esprits et rappelé ses devoirs au sein du clan. A présent il n’y avait plus que Naya et Frey, assises au bord d’un rocher, la tête basculée en arrière pour observer les étoiles. Elle était comme sa sœur, la seule qu’elle considérait comme sa famille, bien au delà de sa mère dont elle s’était écartée quand cette dernière avait voulu l’approcher. Elle avait confiance en elle et aurait donné sa vie pour la sienne. Son présent était d’ailleurs à la hauteur de ses espérances, tout en étant fidèle à son amie.

Depuis un moment déjà leurs conversations se tournaient vers l’extérieur. Comment était-ce ? Comment vivaient-ils ? Quelles étaient leurs croyances ? Mais si pour Freya leurs discussions restaient des paroles en l’air, elle sentait que la curiosité de Naya ne se contenterait pas d’imaginer, qu’elle aurait besoin de voir de ses propres yeux ceux qui les entouraient. Son cadeau était atypique, mais sur Neverland, les origines et les quatre coins du monde ancien se rejoignaient. Il n’était pas issu de leur culture mais Freya l’aimait déjà. C’était une corne d’une espèce qui n’existait pas sur Neverland mais qu’on appelait éléphant dans les livres anciens. L’ivoire avait une nuance nacrée et était ciselé d’un bandeau argenté sur le pourtour. En soufflant à l’extrémité, le son grave et étouffé de l’instrument se propageait au delà de la forêt, au delà de l’île et raisonnait jusque dans les tréfonds de sa cage thoracique. Sa main chercha le poignet de son amie qu’elle serra brièvement.

▬ Merci Naya. Elle relâcha son étreinte pour venir poser l’instrument tout contre son ventre et ses mains par dessus.
▬ Où l’as-tu trouvé ? pour toute réponse, son amie lui lança un énigmatique sourire dont elle avait le secret.



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Message Sujet: Re: Sur le fil de la mémoire et du rasoir // Naya Sur le fil de la mémoire et du rasoir // Naya  EmptyMer 18 Mai 2016 - 14:55

Better to have memories as regret.

Je m’enfonçais dans la forêt, j’avais pourtant promis de ne jamais revenir ici, mais je n’avais pas trouvé d’eau là où j’avais établi mon campement de fortune, bien plus loin d’ici, mais il fallait bien que je pense à ma jument, qui n’avait pas pu, depuis bien trop longtemps maintenant. À l’approche de l’eau, l’air se faisait plus humide et une fois à côté de celui-ci, je lâchais la bride de l’animal pour le laisser boire à son aise. Mon regard s’était tourné machinalement vers cet arbre. Je n’avais pas mis les pieds ici depuis très longtemps, et pourtant il était rempli de souvenirs, tous avec la même personne : Freya. La jeune femme, bien que plus âgée que moi, d’un an, avait su gagner mon cœur sans vraiment le chercher au final. À la pensée de la jeune femme, mon cœur se serait ou se brisait en un milliard de morceaux, j’avais du mal à faire la différence, tellement la douleur me foudroyait de l’intérieur.

Je fais le tour de l’animal, passant affectueusement ma main sur sa croupe, caressant doucement son poil et en ôtant la poussière au passage. Je vérifie ses pieds alors qu’elle boit toujours. Elle me donne ses pieds sans protester, sans même y faire la moindre objection. Je flatte son encolure, passant mes doigts sous sa crinière bicolore. Je me redressais, respirant à plein poumon l’air frais de cette forêt que j’avais tans aimés, que j’aime toujours autant, mais qui n’était plus mienne à présent. Seulement le bruit distinctif d’une lame fendant l’air me faisait ouvrir les yeux aussitôt et j’eu tous juste pour reflexe de reculer, qu’une lame venait de planter dans l’écorce d’un arbre juste derrière moi. Je n’avais pas besoin de me retourner pour savoir à qui il appartenait, je reconnaissais le manche de cette arme et mon cœur se serais encore plus fort à l’idée de la revoir.

La voix de celle qui avait été plus qu’une simple amie pour moi parvenait à mes oreilles et je tournais le regard dans sa direction alors qu’elle sortait des feuillages. Mon cœur battait à tout rompre dans ma poitrine, tandis que mes yeux parcouraient son visage. Elle n’avait pas changé, du mon, physiquement, car je pouvais clairement sentir sa colère pour moi ! Et c’était légitime, mais dans le fond, je savais qu’elle avait toujours su que ce monde à l’extérieur était fait pour moi, bien plus que celui à l’intérieur. Mon unique regret était justement devant moi. Mais j’avais toujours su qu’elle n’avait jamais aspirée à ce même besoin que moi de voir le monde.

«  Freya. » Dis-je simplement, sans signe de tête, sans sourire, j’étais plus neutre que jamais. Je savais que de toute façon, rien n’allait pouvoir servir pour l’amadouée, elle était en colère contre moi et m’en voulait d’être partie, de l’avoir laissé, alors que nous nous étions promis que c’était Naya et Freya à jamais ! Si mon ancienne tribu n’était pas si obtus sur les autres, nous n’en serions pas là, mais j’avais toujours su que jamais j’aurais pu aller voir le monde, revenir et reprendre ma place comme si de rien n’était. Le résultat aurait été le même qu’en cet instant. J’avais pourtant envie de prendre ma sœur dans mes bras, la serrer contre moi et lui dire au combien elle m’a manqué pendant ces mois loin d’elle. Mais ce n’est plus qu’un doux rêve. « Je dirais bien que je suis contente de te revoir, mais je sais que la réciproque n’est plus. » Après tout... autant ne pas tourner autour du pot ! Nous connaissons la franchise de chacune, alors autant restée égale à cela.

Mes iris verts se posèrent sur la main de la jeune femme qui tenait encore une lame. Je savais parfaitement que ce n’était pas une simple visite de courtoisie, et que ce n’était pas une accolade affectueuse qui m’attendait, mais surement un combat qui allait surement achever et tirer un trait sur le peu de choses qu'il restait encore entre nous. Je priais intérieurement les esprits pour que cela n’arrive pas, je n’étais pas prête à la perdre définitivement, seulement y avait-il une autre solution que celle-ci ?

Le fil de la mémoire …

Voilà des mois que j’avais cette idée en tête, et je savais à coup sûr que cela allait plaire à Freya. Je la connaissais par cœur. Peut-être même plus, que je ne me connaissais moi... Plus qu’une simple amie, elle était comme une sœur, non elle était ma sœur ! Celle que je n’avais jamais eue et que je n’aurais jamais par les liens du sang. Bien que cette rencontre prouvait, que les liens du sang ne faisaient pas tout, puisque tous les Indiens proches de moi n’avaient rien à voir avec mon père. Je n’avais d’ailleurs jamais rien eu à voir avec mon père ! Je ne savais même pas comment avait été ma mère, mis à part que j’avais sa curiosité et sa soif de connaitre ce qu’il se trouve en dehors de nos murs.

Pour ce cadeau, j’avais demandé à Magnus de me trouver une corne exceptionnelle et unique, peu en importé le prix, j’avais d’ailleurs chassé tonnes de petits animaux, que j’avais revendus pour avoir la somme nécessaire pour l’achat de l’objet, mais lorsque mon ami l’avait mis dans mes mains, j’avais su en posant mes iris verts sur lui, qu’elle était parfaite et à la hauteur de Freya. Il avait été difficile pour moi de cachet l’objet à mon père, et pire encore, de garder le secret auprès de celle qui était tout pour moi. Mais cette nuit-là, alors que nous regardions toutes les deux les étoiles, je lui avais donnée son cadeau et au vu de la réaction de la jeune femme, je savais que je ne m’étais pas trompée ! Le son grave de la corne avait raisonné dans ton mon corps, mais aussi dans la nuit, faisant s’envoler plusieurs oiseaux dans la nuit. Freya m’avait remercié avant de finalement me demander ou j’avais trouvé l’objet. Mais ceci était mon secret ! Au fond de moi, je ne le savais pas encore à cet âge, mais cet objet avait été l’un des éléments déclencheurs de mon avis de voir le monde, de ne plus faire qu’imaginer. Je voulais voir le monde de mes propres yeux ! Je ne savais pas également que se désir, allait également être à l’origine de la plus grande tristesse que mon cœur allait ressentir !
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Message Sujet: Re: Sur le fil de la mémoire et du rasoir // Naya Sur le fil de la mémoire et du rasoir // Naya  EmptyJeu 26 Mai 2016 - 16:36

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Comme la guerrière l'avait escompté, son ancienne partenaire de combat eut le bon réflexe de reculer au chuintement de sa lame. Bien qu'elle aurait aimé l’égratigner juste un peu, c'est son magnifique et intact visage qui lui fit calmement face. Freya y planta ses deux yeux bleus, sachant pertinemment combien il était dur pour son ancienne amie de maintenir ce regard lourd de haine. Mais Naya la connaissait assez pour savoir que la jeune Unami ne faisait pas dans la demi mesure, elle aimait ou détestait, elle ignorait ou elle adulait, il n'y avait pas d'entre deux. On dit bien que de l'amour à la haine il n'y a qu'un pas, et c'est bien ce dernier sentiment qui l'habitait tout entière.

Son visage lisse, sans accroche ni mimique faillit déstabiliser Freya. Qu'avaient donc fait ces maudits pirates à son amie pour que ses traits semblent fait de cire, pour que ses yeux rieurs s'éteignent et que son visage toujours mobile de tant d'émotions se transforme en statue à l'effigie de celles qu'ils arboraient à la proue de leur navire. L'ironie de Nayana tira un bref sourire glacé à la guerrière.

▬ Oh mais je suis contente de te revoir...

La jeune indienne fit tourner son deuxième poignard dans sa main droite, le faisant osciller entre son majeur et son annulaire, sentant le regard de Naya s'y accrocher, en alerte. Elle la vit prendre ses appuis, par réflexe. Au moins n'avait-elle pas tout oublié. Et tant mieux, car elle en aurait besoin.

▬ ... on va pouvoir évoquer le bon vieux temps...

Lentement Freya décala ses pieds au sol, créant un demi cercle autour de Naya comme un fauve cherchant la bonne ouverture au combat.

▬ ... et évoquer le minime détail de ta trahison! D'un geste sûr elle s'élança sur le flanc gauche de son adversaire, la poussant brutalement d'un coup d'épaule contre l'arbre derrière elle, récupérant son deuxième poignard fiché dans le bois. Alors qu'elle allait laisser s'abattre les deux lames telle une tenaille sur le cou de Naya, elle sentit la jeune femme bloquer son geste d'un mouvement défensif. Et elles restèrent ainsi, se faisant violence pour parcourir ou repousser les quelques centimètres qui les séparaient. Leurs yeux clairs se défièrent.

▬ Tu n'aurais jamais dû me trahir. Le souffle court, Freya relâcha légèrement et sans le vouloir sa prise, la haine laissant place à une tristesse et une rancune immenses.

Le fil de la mémoire...

Mais qu'est-ce qui lui était passé par la tête? Elle n'avait jamais été bonne chasseuse. C'était Nayana l'experte pas elle ! Mais elle avait eu besoin de prendre l'air, de s'éloigner du camp, de s'éloigner de ce tipi en particulier, celui de Naya. Elle était venue comme à son habitude, emmerdant sa sœur de cœur et la trainer dans toutes les aventures possibles et inimaginables, mais son amie n'était pas là. Freya ne s'en était pas formalisée outre mesure, ce n'est pas la première fois qu'elle l'attendait et elle s'étala de tout son long sur la natte qui servait de couche à la jeune femme.

Elle pouvait presque sentir son odeur si elle fermait les yeux. Elle adorait son odeur, un mélange de pin et d'écorce que la pluie a léché. Nayana était la seule à pouvoir canaliser la jeune femme colérique et tempétueuse qu'elle était devenue, elle était son ancre, celle qui l'empêchait de dériver, elle était sa sœur. Une bosse gênante lui égratigna l’omoplate alors qu'elle s'étirait le dos. Se laissant glisser sur le ventre, la guerrière unami passa une main sous la couche, et ses doigts rencontrèrent une petite bourse en cuir qu'elle ramena à elle, intriguée. Elle savait qu'elle n'aurait pas dû l'ouvrir, ça appartenait à Nayana. Et en y repensant, Freya se maudissait d'avoir été trop curieuse, elle maudissait ce jour, elle maudissait le bruit cliquetant qu'avait fait la monnaie en tombant de la bourse...

C'est à cause de cet argent sale qu'elle se trouvait à présent dans ce stupide fossé qu'elle n'avait pas vu. Elle avait suivi la trace d'un grand gibier, un cerf à en juger par les traces, et trop occupée à penser à trop de choses à la fois, ses pieds avaient ripé et s'étaient retrouvés au fond de ce ravin trop haut pour l'escalader et trop éloigné pour que quelqu'un passe par là par hasard. Criant sa rage, Freya avait fini par s'affaler contre le mur de terre, se frappant lentement la tête en arrière, en faisant rouler les pièces de monnaie dans ses mains. C'est alors qu'elle avait entendu sa voix, et s'était relevée illico presto!

▬ Naya?


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Message Sujet: Re: Sur le fil de la mémoire et du rasoir // Naya Sur le fil de la mémoire et du rasoir // Naya  EmptyMer 8 Juin 2016 - 16:19

Better to have memories as regret.

Je ne m’étais pas attendu à revoir mon amie, pas aujourd’hui, pourtant c’était bien sa lame que je venais d’esquiver, c’était bien elle qui était sortie de la forêt pour me faire face. Je la connaissais si bien, que sa simple posture me prouvait qu’elle n’était pas animée par l’amitié, mais par toute autre chose, par une chose qu’elle n’avait jamais eue pour moi, qui me déchirer le cœur, encore un peu plus, mais qui pourtant, été là par ma faute...

Je reste neutre, je ne veux rien montrer, rien lui montrer ! Je ne veux pas qu’elle voie la peine que j’ai, d’avoir dû la laisser derrière moi, ni même la peur, bien que ce ne soit pas vraiment de la peur, qui nait en moi en cet instant. Je ne sais comment qualifier ce sentiment, mais il est sûr que je ne veux pas me battre contre celle que je considère toujours comme ma sœur. Mes mots tirent un sourire que je connais très bien, pour l’avoir vu sur les lèvres de la jeune femme, face à ceux qu’elle devait affronter.

Mes yeux se portent sur la seconde lame, toujours dans les mains de la jeune femme, et je sais d’avance qu’elle compte s’en servir, car je connais Freya, par cœur. Je prenais instinctivement une posture défensive, prête à sauté s’il le faillait, prête à esquiver pour les mêmes raisons. Freya ironise la chose tout autant que moi, prétextant cette fois d’évoquer le passé, en cet instant ensemble ! Je ne sais si j’arriverais à raisonner la jeune femme, peut-être pas me faire pardonner, mais au moins lui faire comprendre mon point de vue, même si la tâche s’avère ardue.

La jeune femme commence alors un cercle autour de moi, tel un félin autour de sa proie. Je sais qu’elle va attaquer, mais je ne sais pas encore quand, je regarde son corps, pour voir la moindre contraction de ses muscles qui me donneront le signal. Lorsqu’elle prononce le mot de trahison, mes yeux s’écarquillent ! Elle prend donc mon départ comme une trahison ? Mais c’est trop tard, elle profite de cette seconde pour fondre sur moi et me coller à l’arbre derrière moi. Elle récupère sa lame et d’un geste tout aussi rapide, je la bloque de mes mains, opposant ma force à elle, pour qu’elle s’éloigne, alors qu’elle, au contraire cherche a être au plus prêt de moi. Nos yeux sont l’un dans l’autre, je vois toute la fureur des siens, elle me défie. Elle me crache que je n’aurais jamais dû la trahir.

Sentant la jeune femme légèrement se relâcher, je profite de cet instant pour enfoncer mon genou dans celui de la jeune femme, faisant ainsi plier son pied d’appui, la déstabilisant et me reculant, quittant son emprise et surtout cet arbre.

« Te trahir ? » Je m’éloigne d’elle tout en lui faisant face, restant sur mes gardes. « Je ne t’ai jamais prise en traite ! Tu as toujours su que je voulais voir ce qu’il y avait au-delà de tout ça... » Dire ses mots me déchirer bien plus que je ne l’aurais imaginer, mais c’était le cas, je ne m’étais jamais caché sur ce besoin que j’avais d’explorer cet autre monde que le notre. « Ça n’a jamais été ton cas ! » Je me redressais légèrement, j’avais haussé la voix, prise de colère, d’autre la seule coupable dans cette histoire, alors que j’avais seulement besoin de resté moi-même ! « Qu’aurais-je dû faire ? » Je la défiais toujours du regard. « Resté, et devoir être simplement la chose de tout le monde tout ça parce que personne n’aime les étrangers ou choisir entre le fait d’enfin être pleinement moi-même ? »

La jeune femme face à moi n’avait pas quitté son air menaçant. Elle allait attaquer de nouveau, j’en étais persuadée, mais cela ne viendrait pas de moi ! Non pas que j’étais faible, j’avais d’ailleurs la conviction que nous étions plutôt à égal. Mais dans mon cœur, elle était tout simplement ma sœur. « Tu ne l’aurais pas fait TOI ! Tu ne serais jamais partie avec moi, tu es bien trop comme eux... j’ai toujours su que j’étais différente, que ce serait, hélas, un problème pour nous ! »

Le fil de la mémoire …

Plus les jours passaient, et plus je m’éloignais du village. Poussait un peu plus chaque jour par le besoin de découvrir un nouvel endroit. Je ne croisais que peu de monde, tout dépendait par quel côté je partais. Il m’arrivait parfois de m’approcher des Picca, mais souvent j’aller vers la ville. J’avais même l’espoir de croiser une nouvelle fois Magnus, cet enfant que j’avais connu si jeune, avec qui j’avais lié une amitié, mais qui du jour au lendemain, n’était plus revenu. J’avais tellement envie d’en savoir toujours plus, que je parcourais cette forêt pour tenter de trouver la moindre chose, qui puisse me relier au reste, au reste de ce monde qui m’était interdis.

J’étais sur le chemin du retour lorsque j’avais entendu un cri, faisant s’envoler les oiseaux alentours. Je plissais le front, pas certaine d’avoir reconnu cette voix. Je continuais de m’avançais, marchant en direction de mon village. Un nouveau bruit me faisait changer de trajectoire, jusqu’à ce que j’entende finalement sa voix prononcer mon prénom. Je cherchais du regard, ne trouvant rien, mais ses traces me menèrent enfin jusqu’à sa prison. Mes iris verte se posèrent sur le visage de la jeune femme, pourtant, malgré sa position, un sourire taquin venait se planter sur mes lèvres. « Et bien, il semble que je tombe à pique. » Mon regard était pourtant attiré par cette chose brillante dans sa main, chose que je reconnus aussitôt et qui ne pouvait provenir que d’un seul endroit. La colère montait en moi en une fraction de seconde. « Depuis quand fouilles-tu dans mes affaires ? » Je croissais mes bras sous ma poitrine, ne comptant pas bouger tans que je n’aurais pas une explication de sa part.
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Message Sujet: Re: Sur le fil de la mémoire et du rasoir // Naya Sur le fil de la mémoire et du rasoir // Naya  EmptyMar 28 Juin 2016 - 12:30

Send me on my way
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I would like to reach out my hand I may see you, I may tell you to run ▬ RUSTED ROOT

Bien qu’elle ait vu la lueur de surprise dans les yeux de son amie, Freya ne freina pas son geste pour autant. Bien au contraire. Mais un coup de pied ajusté l’obligea à ployer, la déséquilibrant pendant une brève seconde que Nayana utilisa pour s’esquiver de sa prise. Posant la main sur l’arbre pour se rattraper, la guerrière fit volte face mais son adversaire était déjà hors de portée. Serrant ses poignards jusqu’à s’en faire mal aux articulations, elle les plaça en retrait, dans le prolongement de ses bras, prêts à œuvrer de nouveau. Quelque chose en elle remua aux mots de sa sœur de cœur. Oui, elle avait toujours su que l’indienne était différente des autres. C’est pour ça qu’elle l’avait tout de suite appréciée, pour ça qu’elles étaient devenues si proches, pour ça qu’elle lui avait donné toute sa confiance. L’ironie de la situation lui sautait aux yeux à présent. Comme sa mère avant elle, Freya avait placé sa confiance dans une personne éprise de bien plus de liberté qu’elle ne pouvait lui en offrir. L’amitié, faisait pâle figure à côté des merveilles d’un monde inconnu. Qui pour Freya, comme l’avait justement fait remarquer l’ex Unami, n’avait aucun attrait.
La colère montait entre les deux femmes. Et étrangement, la guerrière appréciait cette fougue qu’elle retrouvait chez son amie. Qu’elle soit restée de marbre lui aurait fait plus mal encore. Cela aurait signifié qu’elle ne ressentait plus rien, que leur amitié avait été balayée. La questionnant, Freya répondit du tac au tac.

▬ Bien sûr que tu aurais dû rester ! Qu’ont-ils à t’offrir que nous n’avons pas ? Tu aurais pu être pleinement toi ! Changer les choses ici ! Je t’aurais épaulée dans tes choix ! C’est ce que nous avons toujours fait ! Nous battre contre le reste du monde. Nous leur avons prouvé que des femmes pouvaient devenir les meilleurs guerriers. Tu aurais été toi… Là bas, c’est toi l’étrangère, sans racine, l’exilé que personne ne sait comment approcher !

Si son air revêche ne l’avait pas quittée, l’ouverture crée par la question de Naya lui donnait de l’espoir. Celui de la faire revenir, par tous les moyens. Mais l’instant d’après elle sentit cet espoir mourir aussi vite qu’il était né.

▬ Comme eux ? Tu parles de ta famille, de ton clan. Comme eux ? Tu te crois plus différente de nous que d’eux ? Aucun indien n’est fait pour vivre seul, et c’est ce qui t’attends. Mais je ne te laisserais pas repartir…

D’un geste rageur elle se dirigea vers la jument de Naya. Elle savait à quel point elle aimait cet animal et sortit son poignard. Hésitant à peine une seconde quant à la marche à suivre, la lame fendit l’air, coupant la selle sans toucher la bête. Le siège glissa le long de la robe tachetée pour venir s’échouer au sol, emportant avec elle les affaires de sa propriétaire. Le tout s’étala dans un débarras d’objets hétéroclites. Sans prendre la peine de regarder, Freya écrasa tout du bout de sa botte. C’était une réaction stupide, et enfantine mais détruire cette vie que sa sœur s’était construite loin d’elle lui faisait un bien fou.

Le fil de la mémoire...

Le visage de son amie apparut et avant de le voir, Freya devina le sourire malicieux qui devait s’y peindre. Oui, elle avait l’air idiote. Telle une petite fourmi observant le rapace. Oui elle l’avait bien cherché. C’était donc d’une moue boudeuse mais heureuse de voir un visage ami qu’elle releva le menton vers le haut, les mains en visière pour distinguer Naya par delà les rayons du soleil. Le temps que ses yeux clairs s’habituent à la forte luminosité, le regard émeraude de Naya avait changé de bord et la toisait à présent, orageux. Prise sur le fait, Freya eut le réflexe idiot de cacher les pièces derrière son dos en se confondant dans ses explications.

▬ Elles étaient sous ta natte, je me suis juste allongée dessus ! J’étais rentrée pour savoir si tu étais là. T’y était pas j’voulais t’attendre… J’pouvais pas savoir que tu m’cachais des trucs !

La jeune femme était en tord, elle le savait. Et de plus dans une position délicate. Se fâcher avec sa meilleure amie et la seule à pouvoir la sortir de ce piège à rat était bien la dernière des choses intelligentes à faire. Mais son tempérament fougueux avait autant de logique qu’un manchot au milieu d’un feu de broussailles. Les replaçant devant elle, Freya examina de nouveau les pièces.

▬ Où les as-tu trouvées ? Et cette fois je veux que tu me répondes.

Freya craignait autant la réponse qu’elle en avait eu à poser la question. Il n’y avait qu’un seul endroit où l’on pouvait se procurer ce genre de chose. Et ce n’était ni chez les enfants perdus, ni chez les indiens. Mais en ville…




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