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 Seven Drunken Nights • Anne
★ second star to the right and straight on till morning ★

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Seven Drunken Nights • Anne Empty
Message Sujet: Seven Drunken Nights • Anne Seven Drunken Nights • Anne EmptyMar 26 Avr 2016 - 2:32

seven drunken nights


Le rire gras de l’homme à sa gauche lui éclata dans l’oreille, et Pew grimaça légèrement. Dans le capharnaüm moite et bruyant d’une nuit déjà bien avancée, le fier équipage du Walrus se perdait dans la bière et les femmes. Rires épais et rendu hystériques par la bière qui avait trop coulé. Odeur âcre et moite de ce mélange de sueur, de sel et de bière séchée sur le bois du plancher. Gloussement des prostituées qui trouvaient dans ces matelots ivres la proie facile d’une soirée généreusement payée.

Le regard pâle de l’aveugle bascula brutalement sur la droite, semblant entraîner sa tête dans le mouvement, et il avala une timide – au regard du débit de ses voisins de table – gorgée de bière dans un ricanement humide. Ces soirées étaient toujours, tôt ou tard, le théâtre grotesque d’une humanité dépravée qui se donnait bien malgré elle en spectacle dans une bagarre que l’ivresse rendait comique. Il n’en avait jamais rien vu, mais les sons lui suffisaient grandement.

Le contact humide d’une peau collante contre son avant bras lui fit émettre un grognement aussi courroucé qu’involontaire. Ces soirées l’amusaient et l’angoissaient à la fois. Ou lui déplaisaient-elles ? Il venait surtout pour entendre. La bière déliait les langues, le rhum échauffait les esprits. Et tôt ou tard, les vieilles rancunes et les intrigues de fond de cale remontaient à la surface des esprits embrumés. Pew savait laisser traîner ses oreilles là où il fallait. C’était ainsi qu’il survivait, en sachant toujours davantage sur son prochain qu’eux n’en savaient sur lui. L’aveugle fou qu’il était ne pouvait pas être bien dangereux, se disaient-ils tous. Et les secrets glissaient, s’engrangeaient dans son esprit qui n’avait perdu en santé que ce qu’il avait gagné en logiques tordues.

Un courant d’air frais lui balaya le visage, et l’odeur de l’iode lui piqua agréablement les narines. La porte. Quelqu’un venait d’entrer, laissant une bouffée d’air marin s’engouffrer dans la chaleur épaisse de la taverne surpeuplée. Trop de personnes respiraient dans une seule pièce avec trop peu d’ouvertures. Les iris pâles dérivèrent de nouveau dans le néant, rabaissant la tête de Pew qui ploya le cou, comme si soudain sa tête était devenue trop lourde. Isoler les claquements sourds et successifs dans le grincement des violons et les vocalises grasses des marins n’était pas tâche aisée, pas même pour l’ouïe affinée qu’était la sienne. Soudain il se releva, basculant presque en avant, et balaya d’un geste la choppe de métal placée devant lui qui décolla de la table de bois brut et partit s’écraser contre le plancher dans un tintement mouillé par la bière qui s’en écoulait.

Un silence passager se répandit comme une vague scélérate dans l’assistance, tandis que Pew se traçait un chemin en rebondissant d’homme en homme dans un ricanement d’aliéné. Les hommes se refilaient sa longue carcasse au pas faussement incertain, et lui dansait malgré lui dans un slalom dément. Finalement on le lança dans un coin vide, où il trouva le refuge d’une table laissée libre, à l’écart de la débauche de chair, d’alcool et de danse qui régnait partout ailleurs dans la taverne. Le bouquant reprit de plus belle, avec cette fureur douloureuse à ses oreilles. Tac, tac, tac. Les pas se rapprochèrent, et il ne fallut pas une minute avant qu’il ne sente une présence dominer sa propre silhouette, assise. Il releva la tête sans direction spécifique, ses iris pâles s’exilant dans le coin gauche de ses yeux soulignés de noir – le côté dramatique n’avait-il pas toujours fait partie du personnage ? – et un ricanement le secoua de pieds en dents. « Par les dieux, que peut bien faire une Lady comme vous dans un endroit pareil, Madame ? »  Il ravala un nouveau ricanement. « J’imagine que toutes les mains qui auraient pu s’égarer dans ton sillage seront bleues avant demain… »  

(c) AMIANTE
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Message Sujet: Re: Seven Drunken Nights • Anne Seven Drunken Nights • Anne EmptyMer 27 Avr 2016 - 11:46


Seven Drunken Nights
Pew & Anne


Le crépuscule s’était étiré de ses couleurs chaudes pour refroidir le ciel d’un bleu profond. La nuit tombait sur Neverland et les rues de One-Eyed-Willy était désormais cabaret de vices et de bonne vielle piraterie. Il suffit que l’on ait l’alcool joyeux pour passer un bon moment dans les nombreuses tavernes et autres bordels, en cas contraire on finissait dévoré par les cochons ou à inonder le caniveau de son sang suite à une bagarre que l’on n’aurait pas pu gagner. Le Walrus s’était amarré à port ; les voiles serrés, le bâtiment reposait tranquillement sur les flots. Le temps de s’entretenir avec Silver sur leur prochain départ, les matelots s’étaient déjà dispersés pour aller profiter des plaisirs qu’offrait la nuit en ces lieux. Anne se demandait combien d’entre eux répondraient présent la prochaine fois qu’ils lèveraient l’ancre, non pas qu’elle se méfiait des gens mais le comportement primitif de certains d’entre eux la laissaient à croire qu’ils se feraient facilement égorgés. Le second prit congé du capitaine après avoir partagé un verre de bon vieux Whiskey avec lui. Puis elle mit pied à terre en quittant le navire déserté, se promettant d’y revenir avant d’être trop ivre. La pirate avançait d’un pas assuré sur les pavés des rues, elle ne savait pas où donner de la tête car les tavernes débordaient déjà de monde. Finalement elle avait choisi une qui leur était particulièrement familière puisque c’était dans celle-ci qu’elle trouverait majorité de ses hommes. L’établissement était populaire, vaste, il y régnait toujours une bonne ambiance et il proposait de nombreux services mais surtout de bons alcools. Quand on sait que certains coupent leur bière à la pisse, on a vite fait d’être sélectif. Anne entra, passant inaperçu de part sa silhouette fine et parce qu’elle paraissait bien fade comparé aux autres femmes dévoilant leur vertigineux décolleté. Elle se glissait entre les ivrognes, progressant lentement jusqu’au tavernier pour lui demander de quoi épancher sa soif. Il la lui donna et fut remercié d’une pièce, la jeune femme se décolla ensuite du bar pour aller se chercher un endroit où la savourer sans être bousculée ni dérangée.

Les ombres dansantes des marins se projetaient sur les murs tandis que le feu de la cheminée brûlait de plus belle lorsque le tavernier y ajouta une buche. Comme s’il ne faisait pas assez chaud ici. Les senteurs de bois brûlé et de fumée recouvrit un instant celle du houblon et de vinasse. Entre celle que l’on buvait et celle qui inondait le sol, il y avait de quoi parfumer tout l’établissement. Anne leva les yeux sur la mezzanine où flirtaient l’un des gabiers et deux prostituées qui tentaient de recueillir ses faveurs. La jeune femme avait eu raison de croire qu’il était inutile de ne rien leur dire à ces femmes là, malines comme elles étaient elles connaissaient sans doute plus les navires que leurs propres capitaine en étant réceptives de confidences sur l’oreiller. Bud semblait cependant bien trop ivre pour aligner deux mots, elles n’auraient rien d’autre qu’une lassante frustration ce soir puisqu’il serait piètre amant pour ces jeunes femmes. Une idée qui arracha un sourire au coin des lèvres de Anne qui en baissant de nouveau la tête cachait ses yeux du reste de la foule sous un chapeau usé.

Sillonant entre les silhouettes, elle croisa l’une d’entre elles qui attira son attention. Elle avait beau ne pas profiter de leurs services, cela ne l’empêchait pas de contempler la beauté de certaines et dont celle-ci tout particulièrement. Anne la frôla, glissant ses doigts sur les coutures de son corsage avant de déposer un baiser sous son oreille. Elle huma son  parfum érotique aux notes musquées que les pirates ne savaient sans doute pas apprécier. C’était de ces détails qui rendaient cette femme désirable à ses yeux, qui sait peut être un jour elle lui adresserait plus de gestes et de mots qu’un simple passage. Anne déambula jusqu’au fond de l’une des salles et dans son désir de se retrouver seule pour boire tranquillement, elle retrouva l’un de ses hommes attablé là où elle avait pour habitude de s’installer. Anne étira un sourire, observant une dernière fois les alentours avant de s’approcher de l’aveugle. Ses talons claquèrent contre le plancher lorsque celui-ci ne grinçait pas. Il releva les yeux vers elle et lui adressa quelques mots qui d’entrée lui arrachèrent un rire étouffé.

Pew avait l’ouïe particulièrement fine, ce qui était utile pour reconnaitre ses interlocuteurs tandis qu’elle n’avait pas eu besoin de se présenter. La jeune femme prit place à ses côtés, posant sa choppe sur la table sans en avoir encore bu une seule goute.

« Désolé, j’ai pas vu d’lady ni d’madame dans l’coin. » Répondit-elle dans le même ricanement

Pew avait quelque chose que les autres pirates n’avaient pas, une sensibilité, une réflexion, une vision du monde qui l’avait toujours intéressée. S’il lui arrivait encore d’être cible de critiques de la part des autres gars, il savait qu’auprès d’elle ainsi que du capitaine il avait bien plus de valeur que tous ces sacs à foutre. En plus d’être un marin de talent, il n’était pas idiot, Anne appréciait son honnêteté et avait parfaite confiance en lui. C’était rafraichissant d’avoir à faire à une telle personne puisqu’elle ne se contentait pas de lui donner ses directives mais il lui arrivait aussi de lui demander son avis. Il est mauvais d’agir sur les idées d’un seul illuminé, l’avis de Pew comptait bien plus pour elle que tous les autres pirates à bord du Walrus.

Au fil des années à travailler côte à côte, un lien d’amitié s’était créé entre eux, presque fraternel. Ainsi c’était un vrai plaisir que de le retrouver hors contexte d’un pillage ou d’un abordage. Elle trinqua avec lui avant de descendre de sa boisson de quelques longues gorgées.

« Alors ? T’passes la soirée tranquille ? y’a la donzelle là-haut qui t’lache pas du r’gard, elle a pas l’air du même avis. »  



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Seven Drunken Nights • Anne

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